Probablement en
hommes le prince de TEglise, l'évêque, lui donne son caractère propre, et lui attribue ses fonctions de pasteur du troupeau chrétien. On doit donc recevoir l'investiture de celui-là s.eul qui peut donner la consécration... De plus, si Ton y regarde de près, on verra que Thérésie de l'investiture renferme encore Thérésie simoniaque. Pourquoi le pouvoir séculier tient-il tellement à donner l'investiture aux clercs, si ce n'est pour leur extorquer de l'argent par ce moyen, ou, ce qui est plus grave encore, pour leur enlever toute liberté d'action ? Aucun laïque, la chose serait-elle licite, ne désirerait aussi ardemment investir par l'anneau et la crosse, qui sont des sacrements de l'Église, s'il n'espérait y trouver son profit matériel. C'est aux laïques de recevoir de l'Église ses sacrements, non de donner à l'Église quelque sacrement que ce soit. Or l'anneau et la crosse sont des sacrements ecclésiastiques au même titre que le sel, l'eau, et les autres matières sans lesquelles on ne peut consacrer ni hommes ni églises^ ».
Adressée à l'évêque d'Angers, cette théorie a été reproduite textuellement par Geoffroi de Vendôme dans un de ses opuscules dédié à son ami Pierre de Léon^ Pareille manière d'envisager l'investiture laïque était juste, pourvu qu'il fût bien établi que les laïques avaient en effet la prétention de conférer au prélat son caractère sacré. L'Église alors n'aurait pu se dispenser de qualifier d'hérésie l'investiture laïque. Mais cette opinion ne pouvait être soutenue avec vraisemblance ; les princes cherchaient le maintien de droits politiques qui étaient une gêne pour l'Eglise; pour obtenir le respect de ces droits, ils avaient pu usurper un symbole qui ne leur appartenait pas, mais par l'emploi de l'anneau et de la crosse jamais ils n'avaient prétendu disposer d'une autorité spirituelle. Pour émettre pareille prétention, disait Yves de Chartres, il aurait fallu qu'ils eussent complètement perdu la raison \ et posant résolument la question, ce prélat déclarait que l'affaire était de savoir si les princes avaient ou non con-