Ivon. Carn. epist. 238 (dans Migne, t. CLXII
serve le droit de concéder les évêchés aux élus du clergé. (( Si le roi a conservé ce droit, disait-il, qu'importe la manière dont il fait la concession? Qu'il la fasse par un geste de la main, par un signe de tête, par une parole ou par la remise de la crosse, cela importe peu. Les rois n'ont pas la prétention de donner une investiture spirituelle S>. L'opinion d'Yves laissait place à une entente entre l'autorité laïque et l'Eglise ; celle de Geoffroi interdisait toute transaction. L'Église ne pouvait s'accommoder avec l'hérésie; l'inyestiture étant tenue pour un sacrement, elle devait à tout prix l'enlever au pouvoir temporel.
Aussi l'indignation fut-elle grande lorsque les partisans de la théorie extrême développée par l'abbé de Vendôme, apprirent que le 12 avril 1111 Pascal II, prisonnier de Henri V, venait d'accorder à l'empereur le droit d'investiture. « Nous te reconnaissons, disait la charte pontificale, le droit de conférer l'investiture par la crosse et par l'anneau aux évêques et aux abbés de ton royaume qui auront été élus sans simonie, ni violence. Ils recevront ensuite la consécration du prélat compétent ^ » Une grande protestation s'éleva dans le camp des réformistes intransigeants, et au premier rang de ceux qui flétrissaient la faiblesse pontificale était l'abbé Geofifroi, lui qu'on verra, dans toutes les autres circonstances de sa vie, le serviteur docile du Saint-Siège et l'apologiste ardent de l'autorité souveraine de Rome.
« Dieu a donné la première place dans son Église à Pierre et à Paul... Martyrs, ils ont procuré à la sainte Église romaine le triomphe et la victoire sur ses adversaires... Leur sainteté a été récompensée par le séjour céleste; ils y ont trouvé une immortalité de béatitude en retour du sacrifice d'une vie passagère, et maintenant ils s'attendent à être rejoints par leurs successeurs qui n'auront point dégénéré de leur fidélité. . . Celui qui occupe leur place dans l'Église, qui s'est conduit autrement qu'eux et s'est privé ainsi de leur destinée bienheureuse, doit revenir sur sa faute, et pareil à S. Pierre lui-même, l'effacer par ses larmes. Si la crainte de