‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 340 sur 509 · G. Vind. ep., I · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., I

pour s*excuser eux-mêmes, dit-il, jugent moins sévèrement que lui le traité de 1111. Peut-être Tabbé visait-il particulièrement Yves de Chartres, qui se refusait à approuver la rigueur des ultra-réformistes dans cette question, et dont l'avis était tempéré par des considérations pratiques que repoussaient Tabbé de Vendôme et ceux qui, comme lui, avaient hautement blâmé Tacte de Pascal, en particulier Tarchevêque de Vienne et celui de Lyon\ Yves avait d*ailleurs reçu l'investiture de la main de Philippe P' avant d'être consacré religieusement.

Il est impossible d'accuser l'abbé de la Trinité d'avoir manqué à ses principes en matière d'investiture laïque, puisqu'il n'a pas hésité à déclarer au Souverain Pontife luimême qu'il le tenait pour déchu de ses droits de pasteur et môme de simple catholique, tant que sa malencontreuse concession ne serait point retirée. Geoffroi se croyait obligé de faire ces remontrances au pape; S. Paul s'était bien permis de reprendre ouvertement S. Pierre. Voir tolérer par l'Église de nombreuses nominations irrégulières d'évêques, c'était déjà beaucoup, mais qu'elle cédât sur le principe même de l'investiture, c'était trop. « Certains hommes, écrit Geoffroi à son ami le cardinal Pierre de Léon, s'imaginent que tout est permis à l'Église romaine et qu'elle a reçu une sorte de licence particulière pour agir autrement que ne le prescrivent les saintes Ecritures. Pareille pensée est insensée, car ce qui n'était point permis à Pierre est encore moins permis à l'Église romaine après lui. Pierre a reçu le pouvoir de lier ce qui était.à lier, de délier ce qui était â délier; non de délier ce qui devait être lié, et de lier ce qui devait être délié. Lorsque Pierre a agi autrement, Paul, quoique plus novice que lui dans la foi, n'a pas craint de lui résister en face. De son côté, Pierre a supporté de bon gré le blâme d'un frère plus jeune que lui, et ce qu'il avait fait à tort il s'est hâté de le redresser. On ne doit pas se comporter contrairement à ce qu'enseigne l'exemple du Christ qui vint au monde non pour détruire la loi, mais pour en remplir les exigences. L'Église romaine ne peut donc abolir la loi des divines Écri-

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