‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 341 sur 509 · Cf. Thomassin, Discipline de l'Église^ t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Thomassin, Discipline de l'Église^ t. II, p

tures, elle doit la respecter. Le pouvoir que le Christ lui a transrais, elle doit s'en servir selon que le Christ le lui a enjoint, et non à sa fantaisie. Et si le Pontife romain s'entend conseiller par un frère plus jeune que lui* de corriger ce en quoi il s'est trompé, il n'hésitera pas, s'il veut imiter Pierre, à accueillir ce conseil comme Pierre accueillit les admonitions de Paul^ »

Le malheureux Pascal eut affaire avec assez de S. Paul pour se persuader que l'effet produit dans l'Église par sa soumission aux exigences de l'empereur était désastreux. Il battit en retraite devant le parti de protestation comme peu auparavant il avait battu en retraite devant Henri V, et en 1112 il fit annuler par le concile de Latran le privilège de Tannée précédente. Il est assez vraisemblable que ce concile adhéra lui-même à la doctrine qui voyait dans l'investiture laïque une hérésie \ Que ce fût ou non sa doctrine, elle avait assez de partisans pour que ceux-ci pussent, après avoir blâmé la concession pontificale et avoir contribué à son annulation, la rappeler à l'infortuné Pascal comme un souvenir de honte et d'hérésie. Au concile de 1116, Pascal II renouvela ses excuses pour le privilège qu'il avait accordé en 1111 à l'empereur. Brunon, évêque de Sienne, se levant après le discours du pape, déclara qu'il se félicitait d'entendre définitivement condamner un acte qui avait été entaché d'hérésie. » A ces mots une voix dans l'assemblée ajouta ironiquement : « Si la concession était marquée d'hérésie, celui qui l'a faite était hérétique. » Excité par ces paroles, Jean, évêque de Gaëte, s'écria en s'adressant à l'évêque de Sienne : « Quoi ! tu oses, ici même et devant le concile assemblé, traiter le pontife romain d'hérétique? L'acte qu'il a commis était blâmable, mais ce n'était point de l'hérésie. » Alors quelqu'un d'autre reprit : « On ne peut même l'appeler blâmable, si c'est une bonne chose que de sauver de la servitude le peuple de Dieu comme Ta fait le pape. Il est vrai que c'est par l'autorité de l'Évangile qu'il faut délivrer le peuple de Dieu, et que

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