‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 344 sur 509 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

l'esprit monastique et le siècle

Les moines plaignaient le clergé séculier et le dédaignaient de ce qu'il restait « exposé aux tourbillons de ce inonde ». Ils ne pouvaient que juger la société laïque bien inférieure encore au clergé séculier. Ils tenaient le monde en piètre estime.

« Mirage de bonheur, misère bien réelle ; plaisir d*un instant, châtiment éternel, » voilà pour Geoffroila vie du monde avec ses suites*. « Rien ici-bas qui ne soit funeste, écrit-il; il est malaisé que celui qui aime le siècle apprenne jamais à aimer Dieu^ » La commisération s'accompagnait chez Tabbé d'une somme considérable de mépris pour ceux qui restaient en dehors de l'organisation ecclésiastique. On ne pourrait selon lui faire grand fonds sur le jugement des laïques. Un prêtre était accusé de mauvaise conduite par ses paroissiens; c'était le desservant d'une propriété de Vendôme; Geoffroi pensait qu'il pouvait fort bien y avoir quelque exagération dans les imputations de l'opinion publique et qu'en aucun cas il ne fallait s'y fier sans examen. D'ailleurs, écrivit-il aux moines du prieuré qui lui avaient dénoncé la conduite du prêtre, il faut diriger et non pas suivre le peuple, mes frères. Qu'on ne me parle point d'accepter le témoignage du vulgaire contre un clerc. Comme dit le proverbe : Marche

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