‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 349 sur 509 · Voir l'allusion de GeofTroi, Ep., III · texte numérisé non relu

Voir l'allusion de GeofTroi, Ep., III

3. D. Martène, Thesaur, Anecd., I, 342. V. le chapitre sur les rapports de Geoffroi avec ses moines.

volontairement ses torts, serait obligé d'accorder une réparation devant des réclamations unanimes. Ce qu'il ne fait pas pour l'amour de Dieu, il le ferait par crainte des hommes '. » C'était une pensée politique de provoquer par une extension injustifiée du châtiment un mécontentement profitable. Mais elle prouvait que les contemporains de Geoffroi de Vendôme s'étaient assez éloignés de l'inspiration première de l'interdit, L'abbé écrivait aussi que tant qu'on accorderait la sépulture aux pauvres du territoire frappé par la sentence épiscopale, on n'obtiendrait aucun résultat, chacun pouvant se faire passer pour pauvre et tourner ainsi le plus grand inconvénient de l'interdit*. Les causes de l'efficacité médiocre de cette sorte de châtiment étaient aisées à apercevoir. L'abus de ces sentences avait déjà produit quelque indiflFérence à leur égard. Mais surtout la division de l'Église en groupes hostiles les uns aux autres permettait au coupable d'échapper à l'isolement religieux qu'on voulait lui imposer. C'est ce qui se produisit à Vendôme. Le comte disposait du personnel de l'église de Saint-Georges, fondée peu après la Trinité, et qui se rattachait au château. Un jour de fête, les chanoines réguliers de Saint-Georges célébrèrent ouvertement le service religieux à l'église Saint-Pierre, comme si le diocésain n'avait prononcé aucune sentence d'interdit sur la ville. D'autres clercs du château ensevelirent processionnellement un bourgeois de Vendôme. L'abbé, se plaignant auprès de Yves, signalait encore d'autres abus qui annulaient la décision épiscopale. L'archidiacre même de l'évêque profitait de la situation pour se livrer à un commerce fructueux. Yves, malgré le sentiment de Geofi*roi, avait voulu qu'on continuât à ensevelir religieusement les pauvres : c'est aux riches, et moyennant finance, que l'archidiacre donnait la sépulture. « On ferme les portes des églises aux pauvres qui ne sont point responsables de ce qui s'est passé et on les ouvre toutes

1. G. V. ep., III, 16. — L'abbé exprima par la suite des sentiments meilleurs, lorsque proposant au Saint-Siège de relever Tempereur Henri V de son excommunication, il affirma eum non excommunicandum esse qui multiludinem habet secum, ne dum unum corrigere nitimur perditio pat multorum. (Opusc. IV, p. 220).

Page 1