‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 35 sur 509 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

3. Jean de la Grange, abbé de Fécamp, depuis évêque d'Amiens et cardinal. (Secousse, Mémoirey t. II, p. 205, note 2.)

[1361] DBS ARCHIVES DR NAVARRB. 79

gneur infant les avoit données une foiz, avons heu et receu par mandement dudit seigneur infant de Guillaume Auvre, trésorier oudit royaume, par la main de Jehan de Saint- Martin, baille de Tudèle; de laquelle somme de cent florins par nous receue nous nous tenons pour bien paie. Et en tesmoing de ce nous avons fait mètre nostre seel en ces présentes. Donné en TEstelle, X® jour de juingn Tan, M. CGC sexantc et un.

Pampelune, 23 août 1361

Instructions au châtelain de Saint-Jean-Pied-de-Port concernant le passage des troupes du comte d* Armagnac,

(Tiroir 14, u^ 155. Extrait d'un cahier en papier contenant la copie des

lettres de Tinfant Louis de Navarre.)

Castellan de Sant-Johan. Nos avemos dado seguramiento a las gentes del conte d* Armaynac, la copia del quoal vos imbiamos*; si vos mandiimosque cada que vos sopiertes' que las gentes del dicho conte devran venir, vos transportedes al estremo del dicho regno por complecer et exeguir el dicho nuestro seguramiento, et proveades en esta manera que digades a las dichas gentes et a los capitanes que verran con eillos que, por razon que en el regno ay grant carestia de viandas et ay muchos logares chicos do muehas compaynas non podrian ser albergadas ni vitailladas, que ordenen su passada en esta manera que en una compaynia non vayan sinon LX hombres d'armas con lures bestias, maletas et arneses, a guisa de gentes d'armas, et que aqueillos LX sean acugidos en los logares cerrados una noche, proveido que a

1. Le même cahier de correspondance renferme la copie de deux lettres expédiées de Pampelune, les 10 mai et 23 août 1361 , qui pourraient bien être les saufs-conduits .annoncés au châtelain de Saint-Jean: par la première les sujets du roi de Navarre sont requis de laisser passer les compagnies du comte d^Armagnac; la seconde nous apprend en outre que le comte conduisait ses soldats en Castille • en servicio t de Dios et del rey de Castieilla, contra los Moros i.

2. Cada que vos sopieries, chaque [fois] que vous aurez su (sapieritis), lorsque vous apprendrez.

la ontrada de la villa deissen las armas al alcalde, jurados et hombres buenos de la villa qui a esto fazer seran ordenados, et al otro dia maynana, fuera de la villa, lis serau rendidas sin diminution alguna. Et en caso que las armas non querrian deissar, los fagades albergar en los ravalles fuera de les logares cerrados et lis fagades dar viandas por lures dineros, aqueillas que mestcr avran. Et en esta manera que passen por el dicho regno. Datum ut supra, anno LX^ primo*.

Peralta.

26 août 1361

Décharge donnée au trésorier de Navarre des sommes par lui payées pour envoyer trois mules à la reine Blanche,

(Tiroir 14, u® 127. Papier; sceau au revers.)

Loys, infant de Navarra, tenient logar de Rey en el dicho regno, a nuestros amados et fieles las gentes de los contos del Rey iiuestro seynor, salut. Nos vos mandamos firmement que a nuestro amado et fiel don Guillem Auvre, thesorero del dicho regno, reçibades en conto et rebatades de su reçepta sin dificultat, los quoales eyll por nuestro mandamiento ha pagado a nuestro amado maestre Simon, abbat de Falces, conseyllero del Rey nuestro seynor, por las expensas et messions de très mulos' qui deven ser imbiados en Francia a madama la reyna Blancha et de los moços qui los levaran, IIII** quoatro libras de carlinesprietos, por testimonio d'esta nuestra carta et de la carta de reconoscimiento del dicho maestre Simon. Datum* en Pomplona, XXVP de agosto, Tayno de gracia mil trezientos sissanta et uno.

Por el teniente logar del seynor Rey,

Peralta.

1. La lettre précédente est datée de Pampelune, 23 août 1361.

2. On sait que l'Espagne a eu et qu'elle a de nos jours encore une préférence marquée pour ce genre de montures. On peut consulter à ce sujet M. Francisque Miche) ^ Histoire de la guerre de Navarre, notesi p. 337.

"^tSeï] DKS AHCHIVKS DK XAVARRK. 81

Lxxn

Pampelune, 26 août 1361

Louis de Navarre approuve le paiement de cent cinquante écus vieux remis par le trésorier à maître Dimenche et à maître Pasquier, conseillers du Roi, « por yr en Francia, al dicho seynnor Rey, por granados et secretos negotios » .

(Tiroir 14, n" 127. Papier; sceau au revers.)

Lxxin

Août 1361

L'infant Louis donne au trésorier décharge de trente livres, « por un gobelet cubierto dorado, dado por nos a don Per Yvaynes*, doctor en leyes, niessagero del rey de Casiieilla imbiado en Francia al duc de Normandia por la delivrança del Rey nuestro seynor, el quoal li fue dado a la yda, ultra una copa que li fue dada al retornar ; por el dicho gobele pcsan très marcos dos onças : XXX livras ».

Et plus loin :

« Item, por un gobelet dado ensemble con un cavaillo a mons. Renaut de Labrit, pesant dos marcos et medio : XXIII 1. (?) »

(Tiroir 14, n^ 155. Cahier de correspondance.)

Gavray, 18 octobre 1361

Attestation de Jean de Crévecœur^^ chevalier et maître d'hôtel du roi de Navarre, certifiant que le sire de Luxe aidait reçu, avant d'aller en Cotentin^ un cheval gris qui n'a pas été ramené,

(Tiroir 14, n^ 89. Papier ; sceau au bas de l'acte.)

4. Un « Pierre Yvaignes, surgien », était en Normandie en 1369. (Compte de Climencc, p. 146); le 5 juin 1365, à Leriu, Charles le Mauvais donna un tuteur au jeune Peroch de Yvaynes, seigneur de Vergara. (Cartulaire de Charles II. pp. 314>315.)

5. Jean de Crévecœur, maître d'hôtel du Roi, est fréquemment mentionné dans les Comptes de Climence.

BauTAiLS. Documents, G

82 DOCUMKNTS [136tJ

Saint-Palais, 18 novembre 1361

Certificat laissé par Guillaume, archevêque d'Arles, aax mains

des péagers de Saint- Palais.

(Tiroir 14» n^* 145. Papier, sceau oblong au revers.)

Nos, Guilhem *, par la grâce de Dieu et de son églisic de Rome, archevcsque de Arles, rcconoisson et confesson que par vertu d'une carta dou révèrent prince et senheur monsenheur Karlc, par la grâce de Dieu roy de Navarre et comte d'Evreus, passâmes par un leu qui s*apele Sent-Palais deu dit reaume de Navarre sens paier péage, nos et nostre compaynhie con trente, que chevaux que palefrois, et XXIIII, que muls que mules, et II*" pièces d'or et LXXX espées, et par le recevoir en conte au maistre dou paage doudit leu, li donnâmes ceste carta senhée de nostre men et seelée de nostre seel. Tan de grâce M. CC (sic) et LXI, le Jodi a XVIII jors de novembre.

Vidimus: G*.

Tudèle, 15 décembre 1361

Quittance délivrée par le captai de Buch pour un terme de sa

rente annuelle de mille écus d'or.

(Tiroir 14, n" 148. Papier ; sceau recouvert de papier au bas de Tactc.)

Sachent tuit que je, Jehan de Greli, cadal de Buch, confe avoir eu et receu de mons. Guillaume Auvre, trésorier du roy de Navarre, mon seigneur, lesquelx ledit monseigneur le Roy m'a donnez a recevoir chascun an por raizon de Thomage

1. Guillaume de Gardia, archevêque d'Arles, qui avait été archevêque de Braga. (Gallia Christiana.)

2. Attcslation identique pour Ostabat, du même jour. La lettre de franchise délivrée par le roi de Navarre à Tarchevêque d* Arles est datée de Pampelune, le 14 novembre 1361. (Papier; sceau recouvert de papier au bas de l'acte. Même tiroir, même numéro.)

[1362] DBS ARCHIVBS DE NAVARRE. 83

que je suy entrez et tenuz a li, mil escuz d'or viclz, desquiex je me tieng por bien païé. Et en tcsmoign de ce, ay mis mon seel en ces présentes. Donné en TudMe, Tan de grâce mil CGC sessante et un, quinzième jour de décembre.

Lxxvn

13 janvier 1362 (n. s.)

Le trésorier de Navarre enjoint aux fermiers des péages de Saint- Palais et de Garris de remettre a Pierre de Bardoz, écuyer du sire d*Albret, cent quarante florins, prix de douze tonneaux de vin destinés à l'approvisionnement de Cherbourg et autres places du Cotentin,

(Tiroir 15, n^ 92. Papier; petit sceau au revers.)

Lxxvm

Tudèle, 14 janvier 1362 (n. s.)

Le roi de Navarre mande au trésorier de payer mille florins de Florence à « nuestro caro cormano cl capdal de Buch para sus expensas por yr en Francia do nos a présent lo imbiamos * », et deux cents écus de Jean « a nuestro amado et fiel cambarlenc don AmaltLup, seynor de Lucxa », pour le même motif,

(Tiroir 14, n^ 83. Papier; traces de sceau au verso.)

Estella, 16 février 1362

Ordre à l'abbé de Fécamp de préparer les provisions nécessaires pour an voyage du Roi vers les comtes de Foix et d* Armagnac,

(Tiroir 14. d« 90. Papier ; au revers traces de sceau.) Abbé. Nous entendons a aler oultre pors pour parler au

1. Les instructions que reçut le duc d'Anjou, avant de se rendre auprès du pape, incriminent la conduite du captai de Buch durant eetle même année. (Secousse, Mémoire, t. II, pp. 205-206, § 19.) La ré-

conte d'Armignac et au conte de Foix; si vous envolons une cédule en laquelle est contenu les choses qui nous falent en noz ofices pour faire noslrc voïage ; si envoiez a Tudèle ou ailleurs ou l'en pourra trouver lesdictes choses et gardez qu'il n'y ait «aucune faute, car nous nous entendons du tout a vous ; si laitez que lesdictes choses soient ce mercredi ou jeudi au plus tart a Pampelune, et ce jour gardez que vous envoiez a Pampelune les espices de karesme contenues en une cédule que vous bailla Jehan de Han ; et de toutes ces choses nous nous entendons a vous, car nous en auron grant delfaute se vous les nous envoiez [sic]. Nostre Seigneur vous gart. Escript a TEstoille, le XVP jour de février *.

Le roy de Navarre.

[Au dos:) A nostre amé et féal conseiller l'abbé de Fescamp.

[Kn écriture du temps :) Copia de la cédule de quoy fait mention ci-dedenz : C'est ce qui est nécessaire por la provision du Roy por al<T oultre pors par XV jours, c'est assavoir : pour la frin terre 1II« livres de cire; item, I quarteron de limenguon, 1 copie de figues et I couple de resins et une [somme?] de pomes d'orange.

Et costaron de achat o precio ladicha cera et cetera ^?) XXXIX 1., XVII s.

IX s. por el aleguerio d'una bestia qui la traxo aquas.

Bayonne, 22 février 1362 L'évêque et le chapitre de Bayonne s' engagent à faire célébrer

conciliation entre les rois de France et de Navarre ne pouvait être Rincère. On peut voir par les documents que les deux ennemis avaient seulement suspendu la lutte pour reprendre haleine et qu'ils profitaient de la paix pour préparer la guerre.

1. Cette pièce est dans une liasse de documents de Tannée 1361, qui commença le 25 mars 1361 et Huit le 25 mars 1362; c'est, en effet, le jour de TAnnouciation que changeait l'année officielle en Navarre ; un livre du xiv« siècle appelé « libro de la jura del alcalde de Pamplona » et conservé aux archives de la Chambre des Comptes contient un calendrier où nous lisons, à ce joui-l.à : u Annos ab lucarnatione Domini hic muta ». La date que nous avons donnée au document ci-dessus publié concorde d'ailleurs avec les événements : le 21 mars 1362 (n. s.)^

[1362] DES AHCHIVKS DK NAVARUK. 85

annuellement aa mois de septembre une messe pour le roi de Navarre, conformément aux conventions antérieures relatives aux dîmes de la Bastide-Clairence *.

(Cartulaire II, pp. 233-234.)

Olite, 12 mai 1362

Charles le Mauvais enjoint de payer diverses sommes à des messagers qu'il envoie à Bordeaux, à Avignon et auprès de Jean Chandos,

(Tiroir 15, no 40. Papier; sceau au revers.)

Karlos, por la gracia de Dios rey de Navarra, conte de Euvreus, a nuestro amado Garcia Ferrandiz de Leach, reccbidor de nuestras rientas en la mcrindat de Sanguessa, salut. Nos vos mandamos firmement que lucgo, vistas las présentes, cessant toda escusation, dedes et libredes a nuestro amado mosscn Raol de la Greva', elcrigo nuestro, el quoai nos embiamos por cierta messageria a Bordel, quouranta et dos florines de oro por sus expienssas et por aqueillo que deve dar a Sancho Lopiz de Uriz, nuestro sargent d'armas, por sus expienssas qui de Bordel en fuera deve yr a fablar eon mosscn Johan de Chandos. Otrossi, dedes et libredes a Miguel Crozat, scrvidor nuestro, el quoal nos inibiamos a Avvnno por cierta messageria, veinte florines ; los quoales quantias de florines mandamos, etc. Datum en Olit, XIl® dia de mayo, anno Domini M** CGC** LX** secundo.

Por el sejnnor Rey, présent Johan Dahan', J. de Leoz.

Charles le Mauvais et rarchcvcque de Toulouse imposèrent aux comtes de Foix et d* Armagnac une trêve qui devait durer jusqu'en juin 1363. (Yaissete, Hist. du Languedoc^ t. IV, p. 430.)

1. Le document dont je donne l'analyse est daté comme il suit: « Datum et actum Baione, XXII die meusis februarii. anno Domini M®CCC<> sexngesimo secundo. » Dans les provinces anglaises l'année commençait à la Noël. Il est à présumer que Charles le Mauvais se trouvait à Bayonne le jour où fut rédigé ce document.

2. Raoul de la Grève, <( clerc de Monseigneur », est cité plusieurs fois dans les Comptes de Climencc (pp. 119, 132. 141).

3. Ce Dehan parait être mort en 1366- (Voir les Comptes de Climence, p. 89.)

86 D0CUMBNT8 [1362]

Lxxxn

EstcUa, 20 mai 1362

Mandat délivré par Charles le Mauvais pour subvenir aux dépenses d^ Arnaud- Raymond y seigneur de Gramoni,avec sept hommes k cheval, du doyen de Tudèle avec trois hommes à cheval, de Remiro dWrellano avec deux hommes à cheval^ de Pascal Ferez de Sangùesa avec un, enfin de Pierre Yvaynes; lesquels se rendaient en Castille, « por arduos et granados negocios ».

(Tiroir 15, d^ 40. Papier; sceau au rerers.)

Lxxxin

Carrascosa, 2 juin 1362

Confirmation, par Pierre le Cruel, du traité d'alliance intervenu le 22 mai précédent, à Estella, entre Yenego Ortiz et Gil Vêlasquez de Segovie,pour la Castille,d* une part, Arnaud-Raymond de Gramont et Remiro d'Arellano, pour la Navarre, d'autre part.

(Tiroir 15, no 41. Parchemin; sceau eu plomb sur lacs de soie.)

Sangûesa, 30 juillet 1362

Ordre donné par Charles le Mauvais de rembourser à Martin Enriquez, son al ferez ^, vingt florins de Florence, « losquoales han seydo dados a cierta pcrssona por causa de la présent guerra ».

(Tiroir 15, n^ 52. Papier; sceau au revers.)

1. Martin Enriquez s'était marie récemment; le l**" juin il avait donné quittance d'une somme que le Roi lui avait accordée* « para en ayuda de nuestro casamiento ». (Tiroir 14, n^ 89).

Sangijesa, juillet 1362

Charles le Afaav&is donne en fief au captai de Buch les possessions

des vicomtes de Tartas en Mixe.

(Tiroir 41, n® 48. Vidimus délivre à Bordeaux, dans la maison du captai de Buch, le 7 novembre 1363, première année du pontificat d'Urbain \ par Jean Canet, clerc du diocèse de Bordeaux, notaire.)

Charles, par la grâce de Dieu roy de Navarre et conte d'Evrcux, savoir faisons a touz présens et avenir que, considérez les grans et honorables services que nostre très cher et amé cousin, mosseigneur Johan de Gresly, captai de Buch, nouz a faiz et fait de jour en jour, et pour ce que il et ses hers soient plus tenus a nous et aus nostres a nous servir tant en noz présentes guerres comme en touz noz affaires, en acrcyscent le don que autreffoitz li feisnics de mil et cinc cens escuz de Jehan a prendre chascun an sur nostre trésor, sa vie durant, dont il devint nostre homme, nous a nostre dit cousin avons doné et de grâce spécial et certayne sciencic, parla teneur de ces présentes, donnons et transportons toute la terre que souloit tenir de nous ou de nous prédécesseurs, roys de Navarre, le viconte de Tartaz en la terre de Mixe Ultre-Pors, avec toutes les rentes, revenues, seigneurie, juridiction et touz autres droiz a ladite terre appartenant, a tenir de nouz et de nouz successeurs héréditablement par nostre dit cousin et par ses heirs légitimes procréés de son corps, touz en la manière que jadiz la souloit tenir de nous diz prédécesseurs ledit vizconte de Tartaz, sans en retenir quelque chose par devers nous ne noz successeurs, excepté seulement la sovcraineté et Jiomagc que nostre dit cousin et ses ditz herrs seront tenus de faire et a nos successors avec tout tel service et redevance, comme ledit viconte en soloit faire ou povoit estre tenuz de faire a nouz ou a nouz diz prédécesseurs pour le temps qu'il tenoit ladite terre; et que, ou cas que nostre dit cousin yroyt de vie a trespassement sanz

I . Il y a dans cette date une légère erreur : Urbain Y avait été cou> ronné le 6 novembre 1362.

88 DOCUMKNTS [1363]

hoir légitime procréé de son corps, ladite terre retourra et demourra a nouz ou a nouz successeurs tantost après sa mort, tout cela en la manière qu'elle y estoit avant ce présent don et transport. Si donnons en mandement a touz nouz justiciers, officiers et subgez que nostre dit cousin et ses diz herrs lessent et facent user, joïr de nostre dit don et transport selont la teneur de ces présentes, sanz aler ne faire au contraire par quelque manière; quar ainsi nous plaist et le volons, considéré ce que dessus. Et que ce soit ferme el estable, nous avons fait seeler ces présentes de nostre grant seel en lax de soie et cire vert, sauf nostre droit en autres choses et Tautruy en toutes. Donné a Saint-Gosse, en moiz dejuylliet, Tan de grâce mil troiz cenz soixante et deux.

Estella, 2 décembre 13G2

Charles le Mauvais approuve le paiement fait par le garde de la trésorerie à Martin Enriquez, de trois cent vingt fljorins, « por yr de par nos con cierta mandaderia sécréta al rey de Castilla ».

(Tiroir 15, n® 80. Papier; sceau au revers.)

LXXXVU

Uncastillo, fin août 1303

Traité d\illiance offensive et défensive entre les rois de Navarre et dWragon. F^e premier s'engage à soutenir le second contre la Castille; après quoi Van et Vautre tourneront leurs armes contre la France. Ils se partagent leurs conquêtes :

« Item, sumpto fine puerre Castelle, » dit Pierre d' Aragon^ « juvabimus et juvarc tencmur ipsum rej^^em Navarre contra re§^em PVancie, si cuin eo f^uerram hal)ebit el ea durante, in modum qui sequitur : videlicet quod difTidabimus ipsum regem Francie et cidem oruerram faciemus por mare et, terram ut fortius fieri potcrit, sine fictionc ; et juvabimus dictum regem Navarre de gagiis mille hominum armorum in tota estate et in yeme quingentorum. »

[1364] DKS ARCHIVES l)B NAVARRK. 89

Voici la clause relative au partage de la France : « Postremo, si casuB evenerit quod nos dictus rex Navarre acquireremus regnum Francic, dux Gerunde, dicti régis Arragonie primogenitus, habebit pro parte sua hujusmodi acquisitionis scncscalias Carcasone et Bellicadri pro libero et franco alodio*. »

(Tiroir 17. n» 35.)

Lxxxvm

Pampelune, 18 novembre 13G3

Mandai délivré par Charles le Mauvais^ en faveur de Pierre d*Achère,s, « commis pour le fait de nostre chambre' », afin de solder les dépenses de

— Sanche Lopez d^Uriz, envoyé vers le prince de Galles;

— Raoult de la Planche^, qui se rend en France pour les besognes du souverain;

— Remirez d'Arellano, « pour aler en certains lieux es quieux nous Ten envoyons ».

(Tiroir 17, d« 64.)

20 févTier 13G4

Extrait du livre de paiement des gens d'armes à la charge du

trésorier,

(Tiroir 16, n^ 18. Gabier papier et feuilles volantes.)

Libro dei conto et pagamiento de las jents d*armas que el thesorero es cargado.

1. Le parchemin sur lequel j'ai pris ces deux arlicles du traité n'est pas scellé: ce doit être uue copie de l'instrument authentique; mais nous savons par ailleurs que l'accord fut conclu et 1 analyse qu en donne Zurita {op. cit., t. II, pp. 324-325) correspond bien avec le texte qui précède.

2. Le Compte de Climence nous montre ce personnage dans l'exercice de ses fonctions de u commis à faire le fait de la chambre aux deniers du roy de Navarre »; il touchait l'argent ù la trésorerie et payait les débiteurs.

3. Raoul de la Planche, « vallel de chambre de Monseigneur ». paraît avoir été surtout chargé des achats de drap et de fourrures. (Yoy. les Comptes de Climence, à la table, verho Planche.)

Estos son ios de cavaillo que son en la conpavnnia del thesorero, Ios quoalcs vinieron en Echerri, XX® dia de febrero, anno LXIIP.

Primo, Martin Xemeniz d'Aldon, un cavaillo rucio cardeno lobado (le iras.

Lope Oehoa de Tafaylla, un roçin castaynno frontino.

Martin Xemeniz d'Urruçuni, un roçin alazan frontino, balça de Ios dos pies, del braço diestro et del pie siniestro.

Simon Lopiz de Çariquegui, un rocin moreno sin seynal.

Garcia Miguel d'Ororivia, un rocin chico castaynno frontino.

Johan de Guenara, un rocin chico rucio petoso.

Lope Garcia d'Arrbiçu, un rocin alazan, balçan de Ios dos pies.

Ochoa Meriz de Cia, un rocin castaynno frontino.

Miguel Garcia d*Arrbiçu, un rocin blanco, la crina cardena.

Pc Yvaynes d'Uart, un rocin rucio, pomelîido, balçan del un pie.

Martin Miguel de Beruet, un rocin chico castayno escuro, balçan de Ios dos pies.

Miguel Yvaynes d'Arançeaga, un palafrey castayno escuro.

Ocho Yvaynes d'Uart, un rocin ruan claro frontino, de Ios dos pies balçan.

Martin Yvaynes d'Arrbiçu, un rocin rucio pomelado blanco.

Martin Gonçalviz d'Oynati, un rocin gris, balçan de Ios dos pies.

Diago Yvaynes de» Çia, un rocin ruan cabeça de moro.

Pero Xemeniz d'Ugarra, un rocin chico rucio.

Estos son Ios nombres de Ios hombres de pie que son en la compaynia del thesorero. (0 4 noms,)

Kstos son Ios que an fecho alardo con Johan Remiriz d'Assiayn, escudero:

Primo, el dicho Johan Remiriz sobre un rocin castaynno.

Martin Periz d'Imarcoavn, sobre un rocin alazan.

(4 arbalétriers, 22 lanceros*.)

1. Ces « lanceros » devaient cire des pavaisiers qui ayaient pour arme offensive une lance de jet, javelot ou archegaie. Le javelot était en grand honneur dans les troupes espagnoles : « Du surplus, disait Henri de Transtamarre au maréchal d'Audrehem, j'ai bien soixante mille hommes de communautés à lances et à archegaies, à dard et à pavais, qui feront un grand fait. » (Froissart, édition Bucbon, t. I, p. 531, col. 1.

Estos son los que an fecho aiardo con Garcia Meriz de Arrbiçu.

(4 arbalétriers, 17 lanciers,)

Estos son los que an fecho con Miguel Yvaynes d'UrquioIa. (6 arbalétriers y 19 lanciers.)

Estos son los que an fecho aiardo en la companyia de Centoi de Murua, de Johan Garcia, su hermano, et de Lopc Ochoa, su sobrino.

(5 arbalétriers, 13 lanciers,)

Estos son los que an fecho aiardo con Garcia Periz d'Âcx, seynnor de Narrbart.

(5 arbalétriers, 21 lanciers,)

Estos son los que an fecho aiardo con Johan Meriz de Meguera, escudero, alcait del castieillo de Acaun.

(2 arbalétriers, 11 lanciers.)

Orthez, 25 mai 1364

Menant de Villières, surnommé « Espiuie » ou « Espiotc », reconnaît par acte notarié avoir reçu du roi de Navarre deux mille florins d*or fin, t< per anar en la onor et servici deldit mosscnhor le Rey en la terre de Vergonhe, segment las convenences que dixs que son feites entre ledit mossenhor le Rey et luy medix Espiute* ».

(Tiroir 18, n^ 133. Parchemin ; pas de sceau.)

Voyez à ce sujet M. Francisque Michel, Guerre de Navarre^ notes, p. 367, et sur les pavaisiers eu général, Quicherat, Histoire du costume en France y p. 240.)

1. La guerre avec la France s'était rallumée à propos de la succession de Bourgogne, après la .mort de Philippe de Navarre, survenue le 29 août 1363. (Voyez Siméon Luce, Hist. de du Guesclin, pp. 409-410.) Charles le Mauvais circonvint les principaux seigneurs de la Gascogne et les chefs de compagnies : « Le sire d'Âlebret, le sire de Lesparre et de Muciden, et plusieurs autres de robcissance du Roy d'Angleterre, ont dit et escript au Roy, que le Roy de Navarre lez avoit requis et fait requerre de estrc avec H cohtre le Roy nostrc S. et son Royaume, et pour ce leur fist grans offres de terres et de deniers. » — « Depuis ledit

20 mai 1364

Espiote, au nom Jean de Ilanesorgucs^ et « Ilélies Machin, dit Petit Machin*, » prêtent serment (rhommacfe lige pour une rente de deux cents livres carlins, réservant la ligece du comte de Foix,

(Tiroir 18, n^* 49, 50. Parchemins ; sceaux sur simple queue.)

xcu

Pampelune, 7 juin 1364

Charte d'hommage lige d'Eustache d' Aubichicourt à Charles te Mauvais, qui lui a confié la garde de Carentan,

(Tiroir 18, n^ 54. Parchemin ; le sceau, sur simple queue, a disparu.)

Sachent touz que nous, Eusthacc d'Aubichicourl*, que comme très noble et puissant prince monseigneur le roy de

temps continuellement le Roy de Navarre a soustenu et donné faveur et ayde à Hanesoignes et Barradaco, ù Espiot, à Berteoquin, à Petit Meschiu ennemis du Roy et du Royaume, et Capitaines des Compaignes faisant guerre notoirement ou Royaume de France. » (Instructions au duc d'Anjou, § il et 21. Secousse, op. cit., t. 11, pp. 203 et 206) On voit que les accusations formulées par Charles Y dans ces Instructions étaient parfaitement fondées.

1. Vaissete l'appelle Perrin de Savoye, dit le Petit Mesquin; il était à Briguais; il se loua plus tard au service de la France et conspira à Toulouse contre le duc d'Anjou, qui le fît juger et noyer en mai 1369. [Hist. du Languedoc, t. IV. p. 340.)

2. Eustache d'Auberchicourt ou d'Aubichicourt (nous n'avons trouvé que ce dernier nom) servit longtemps la Navarre; dès 1358, il prenait le litre de lieutenant de Charles le Mauvais (Luce, Hîst. de du GuescUn, p. 292); il épousa la nièce delà reine d'Angleterre, la comtesse de Kent, « qui avait énamouré monseigneur Eustaclie pour les grands bacheleries et appertises d'armes qu'il faisoit ». Cet aventurier devint un grand seigneur, et c'est pitié vraiment de trouver dans les documents de l'époque la mention d'impôts nombreux que les populations, déjà ruinées et épuisées, devaient payer dans le but de rémunérer les services de ce fastueux brigand. (Voy. les Comptes de Climence, à la table, verbo Aubichicourt.)

[1364] DES ARCHIVHS DE NAVARRK. 93

Navarre nous ait donné certaine rente et bienfait, nous, considéranz la bonne volcntc et amour que ledit seigneur a a nous et a nostre service, sommez devenuz homme lige dudit seigneur et li avons fait foy et hommage et li avons promis et promettons par nostre foy et serment que bien et loyalment le servirons en paix et en guerre envers touz et contre touz, excepté le roy d'Engleterre et ses enfïanz, et cspécialement es guerres qu'il a a présent ou royaume de France, et li garderons a nostre povoir son honour, ses villes, chasteaulx et forteresses, ses terres et suhgez et destourberons a nostre povoir son deshonour et domage ; et par espécial li promettons que le chastel et ville de Karenton , desquels il nous a baillés la garde, de nous li garderons bien et loialment et touz autres que nous tendrions des siens ou noz genz les li rendrons et délivrerons a li ou a autres ayanz cause de lui touteffois que requis en serons, senz contredit ne excusation aucune, soit pour deffaut de paiement de gaiges ou autrement ou pour quelconque autre cause que se soit. Et einssi li avons nous promis et promettons par nostre foy et serment en bonne foy et senz nul engin. En tesmoingn de ce, nous avons fait mettre nostre signet a ces présentes. Donné a Pampelune, le VII* jour de juign, Tan de grâce mil CGC LX et quatre.

Pampelune, 28 juillet 13G4

Louis de Navarre promet de rendre à son frère les terres de France qui luisant confiées en qualité de lieutenant général,

(Tiroir 18, nP 74. Parchemin ; double queue. — Analysé dans Yanguas,

Dicc, art. Luis^ t. II, p. 116.)

Nous, Loys de Navarre, conte de Beaumont le Roger, faisons savoir a touz que comme nostre très chier seigneur et frère le roy de Navarre nous ait ordené et commis son lieutenant et capitaine général es terres qu'il a ou royaume de France, nous de nostre dit seigneur et frère avons prins la lieutenance et gouvernement de ses dites terres et avons juré et promis et par ces présentes jurons et promettons en bonne foy que oudit offîce et ou gouvernement des terres, villes,

94 DOGUMRNTS [1364]

chasteaux et forteresses qu'il a oudit royaume de France nous nous porterons bien et loialment, et par espécial lui avons prorais et juré sur sains évangiles, promettons et jurons par ees présentes que la persone de nostre très chier neveu messire Charles de Navarre, son ainsné (ilz, sa vie, son honeur et son estât garderons de nostre loyal povoir et y ferons le miculx que nous pourrons a Toneur et proiHt de li, de nous et de ses subgez ; et lesdites terres, villes, chasteaux et forteresses rendrons et délivTerons a plain a nostre dit seigneur et frère ou a ses hers procréés de son corps toutefToiz et quanteflbiz qu'il nous sera commandé ou requis de par eulx ou de par ceulx qui par Tordenance de nostre dit seigneur et frère, ou autrement deument ou cas qu'il n'en seroit ordené par lui, auroient le gouvernement de ses diz héritiers, sanz ce que pour occasion d'aucunes mises, reifections, réparations, deifaut de paiement, despences, debtes, courrous ou descors ne demandes quelconques, soit a cause de partage de terre ou autrement, que nous ne noz genz ou aucuns commis ou députés de par nous pourrions faire a nostre dit seigneur et frère, ne pour quelconque occasion, nous, noz dites gens ou commis puissions ne doyons empeseher, délayer, ne souffrir estre empeschée ne délayée ladite rendue et délivrance pour quelconque cause, indicion, amonicion ou conseil que ce soit ; ains les rendrons et ferons rendre et délivrer plainement, rovalmcnt et de fait sanz dillacion ne excusacion aucune et a ceulx que nous mettrons es dites forteresses et a chascun d'eulx nous ferons faire semblable serment et obligacion et nous sommez chargez de leur faire rendre lesdites forteresses. En tesmoing de ce, nous avons fait sceller ces lettres de nostre seel. Donné a Panipelune, le XXVlII'jour de juillet, l'an de grâce mil CGC soixante et quatre ^

fSur lé repli, de la main même de V infant) : Loys de Navarre, fermement.

1. Au moment de retourner en Navarre, le 15 octobre 1361, Cbarlei le Mauvais avait créé lieutenant général pour ses terres de France et de Normandie son frcrc Philippe; ce prince mourut à Vernon le 29 août 1363. Il ne fut remplacé qu'après Cocherel, et le premier acte connu de l'administration de Louis de Navarre en Normandie date du 21 octobre 1364. (Voy. S. Luce, édition de Froissart, t. VI, p. lxxvi, note 1.)

[1364] DBS ARCHIVES DK NAVARHK. 95

Juin-juillet 1364

Liasse de quittances pour sommes déboursées par Charles le Mauvais dans le but de réparer le désastre de Cocherel.

Le 2Sjuin, Jean Remirez d'Assiayn^ et Sanche Garcias de Goyni reçoiveit à Pampelune chacun cent florins d'or pour Varmement de vingt hommes qu^ils s*en(jagent à mener par mer en Normandie,

Le 1 juillet y Garcias Ferez d'Ax, seigneur de Narvart^ et ses trente routiers sont payés soixante-quatre florins. Le 8^ toujours à Pampelune, Rodrigue d'Uriz, qui s'intitule « capiian por el seynnor Rey ordenado para en su tierra de Normandia », touche les gages de quarante combattants à chevalet de cent cinquante à pied, à raison de quatre florins par cavalier et deux florins par fantassin : il doit avec cette somme les conduire à Rayonne,

Le lendemain on lui donne encore deux cents florins pour Véqui-^ pement de quarante hommes d'armes.

Le même jour y 9, Jean Remirez dWssiayn^ qui n'a pas encore quitté la capitale de la Navarre, donne quitltince de ses gages, quatre florins, et de ceux de ses trente compagnons^ tous à pied, deux florins; Sanche Garcias de Goyni reçoit ti même solde pour lui, quatre florins, et pour ses vingt fantassins, deux florins ; ce sont leurs frais de route pour se porter à Rayonne ; même paye à Jean Garcias de Murua^ écuyer^ pour lui et ses quinze compagnons, à Centol de Murua, son frère, pour vingt-cinq, et Lope Ochoa, pour douze; enfin, à Pierre Lopez d'Urquiola on donne vingt-huit florins d'or, pour les gages <« de diez dias de quatorze compayneros que yo lievo en servicio del seynor Rey por mar a Normandia... de Pamplona ata Bayona, do avemos a entrar en las naves ».

En même temps on affrète des transports à Rayonne; Roger le Veel donne reçu, le 9 juillet, de quatre-vingt-trois florins et douze deniers pour le fret a de la barge de Cheresbour ».

Le 16, les bandes sont concentrées, au moins en partie, à leur port

4. C'est probablement le Jehan Kemiris à qui Charles le Mauvais fit donner en mai 1368 « un tonncl de vin blanc d'Espaigne ». {Compte de Climence, p. 202.)

96 DOcr.MKNTS '1364]

d^ embarquement : ce jour-là, en effet, on paye Michel Lopez de Murua pour dix fantassins à pied, à raison de quatre florins par homme, Jean Hemirez dWssiayn pour trente-quafre, Sançol d*lJrquiola pour dix, Lopc Ochoa de Afurua pour quatorze, Rodrigue d'Uriz pour cent soixante et quarante cavaliers.

Le 18, (Charles délivre à liodrique d'Uriz, « por su persona » un mandat de cent florins daté de la Bastide, payable à volonté; le jour même Rodrigue donne quittance de cette sipmme à Bayonne,

Le lendemain 19, encore une distribution de fonds : aux deux frères Centol et Jean (larcias de Murua, les frais d^entrée en campagne de leurs vingt-cinq fantassins, à cinq florins par homme ; de même à Lope ()ch(n de Murua et h Michel Lopez, son oncle, pour quinze fantassins, à Pierre Lopez d'Urquiola vingt-quatre, à Gardas Ferez d*Ax, seigneur de Narvar, pour quarante-quatre, à Rodrigue d*Uriz * pour sa troupe, dont Veffectif na pas changé depuis le 16.

//C 20, reçu de dix florins pour les « cotez bardiez es marinaux de la barge de Cberesbor ».

Le 27, quittances de Pierre Lopez d^Urquiola, de Sanche Gardas de Goyni, Lope Ochoa de Murua, Gardas Pcrez dWx et, le SI juillet, de Sançol d'Urquiola, toujours pour les frais d'entrée encampagne de leurs hommes. Enfin, Halyot, maure de Tudèle et arbalétrier, touche à Rayonne sa solde et celle de cinq maures, ses compatriotes, qui se rendent avec lui en Normandie au service du Roi*.

(Tiroir 18. n® 132. — Mentionné dans Tanguas, Dicc, art. Beyes,

t. III, p. 106.)

Pampelune, 22 juillet 1364

Décharge donnée au trésorier des sommes payées à frère Jean de San-Julian, procureur de Vordre de Saint-Jean en Navarre, pour les frais de sa mission en Bourgogne.

(Tiroir 18, n» 68.)

1. Le 13 septembre il délivra, à Sangûesa, une quittance pour la solde de ses gens d'armes.

2. En somme, il est fait mention dans ces quittances de trois cent soixante-dix combattants environ; c'est TefFectif des renforts qui furent envoyés de Navarre en Normandie pour réparer les pertes de Cocherel.

Pampelune, 24 juillet 1364

Hommaffede Bernin de Lobes, écuyer, au nom d'Amoret de Bach, pour une rente de deux cents livres de carlins noirs ^.

(Yidimus d'un notaire de la cour, du 25 juillet 1364. Tiroir 18» d» 70. Parchemin; la double queue et le sceau ont disparu.)

Pampelune, 20 août 1364

Lettre de Charles le Mauvais aux gens de ses comptes mentionnant des sommes importantes reçues par Menaut de Villiers, dit Espiote (deux miVe florins), Biscaye, son procureur [mille florins), Martin Ximenez de Beortegui (la somme est effacée)^ Bernin, procureur de Moret de Buch (onze cents florins en deux fois), Antoine de Puymirol, procureur d'Elie Machin (seize cents florins en trois fois), « por ciertas coniposiciones que entre nos et eillos son a causa del homage lige ».

(Tiroir 18, n* 83. Papier; sceau au revers.)

xcvm

Pampelune, 21 août 1364

Décharge des sommes payées au courrier qui a porté la nouvelle de la mort du bailli de Cotentin et du capitaine d^Mortain.

(Tiroir 18, no 85. Papier; sceau au revers.)

Karlos, por la gracia de Dios rey de Navarra, conte d*Evreus, a nucstros amados et ficUes los hoydores de nucstros comptes, salut. Nos vos mandamos que al honrado et nuestro amado fiel thcsorero don Garcia Miguel Delcart,

1. Reçu du même pour une annuité de cette renie, à Larraga, le 15 octobre 1364. (Même numéro. Papier; au revers, petit sceau recouvert de papier.)

fiauTAiLS. Documents, 7

recibades en compto et dedugades de su recepta cinquanta et quoarto sueldos de carlines prietos, ios quoales eyli ha dado et pagado a Guillemin el Breton pora expenssas dei retorno de su viage que ha fecho enta Normandia, el quoal nos traysso las nuevas de la muert del baylle de Constantin, de Michel de Larramendi, capitan de nuestra vylla de Mortayn, et de otras cosas sécrétas de part d'aylla. Datum en Pomplona, XXl^ dia de agosto, Tayno de gracia mil CGC®* LX et quoarto.

Por el seynor Rey, a relacion de maestre Symon d'Escorça,

J. de Leoz.

Extrait du compte du receveur de la chàlellenie de Saini-^fean

pour Vannée 1364.

(Tiroir 19, n' 2. Cahier in-folio, parchemin, 12 feuillets.)

Anno Domini millesimo CGC® LXIIIP.

Gonto de Pes de Labis, recebidor por el seynor Rey de la castelania de Sant-Johan de la tierra de Gisa.

Recebio dineros morlanes de las rientas de la tierra :

Del cermenage del burgo mayor de la villa de Sant- Johan, pagadero por Pascoa de Goaresma, LXIIII s., VI d. ; deffîcit, III s., III d. ; porque el seynor Rey le dio de dono a Girart, sergent d*armas del seynor Rey, et a sus herederos pora in perpetuum el cermenage^ de sus casas.

Del cermenage del barrio de Sant-Miguel, LU s., II d.

Del cermenage del barrio de Sant-Pedro, LXIIII s., I d.

De la vinna pollada del rey, XII s., X d.

De la vinna pollada de cabo, XIX s., I d.

De una casa pollada en el berger de Arnalt Verguyn, Y s.

De la baillia de Sant-Johan con la lezta de carniceria et con las calonias de seys s. et di ajuso, Ios quoales ha recebido Garcia Arnalt de Larramendi et no ha rendido conto et por esto cargada segunt valieron en Ios aynnos précédentes, por este ayno VIII 1. morl.

Del cens del puy del Gastieillo con otros menudos censses

1. Cermenage, c'était un droit perçu pour la réparation des remparts. (Yanguas, Dicc.j art. Pécha, t. II, pp. 612-614).

por la villa, LIX s. II d. ob. ; deflicit dos s. IX. d. ob., porque el seynnor Rey dio de dono a Girart, sergent d'armas del seynnor Rey, et a sus herederos pora in perpetuum del cens de las heredades que ha en el dicho puyo.

Summa parcium : XXI 1., XVI s., X d. ob. morl.

De cens, tributo a perpetuo de tierras dadas por maestre Johan de Leoz, commissario a dar tierras por la seynoria en las partidas d'Ayllent-Puertos, es assaber a los qui son lavradores a cens perpetuo et los qui son fidalgos a tributo perpetuo, en la parropia d'Uhart et du Gange cerca la villa de Sant-Johan.

Suma parcium, XYII d. morl.

En el puyo de Tirapu, cerca Sant-Johan.

Summa parcium : LXIIII s., VI d. carlines blnncos, que valen a morlans LUI s., IX d.

En Belbeder cabo Sant-Johan.

Summa parcium: XIIII s. carlines blancos, que valen a morlanes XI s., VIII d.

En Cihamendi cabo Sant-Johan con el berger. Summa parcium : nichil.

En Arberoa.

En el termino de Villanueva.

Summa parcium : XXII s., X d. ob. carlines blancos, que valen a morlanes XVIII s., V d.

En Deçalgui.

Summa parcium: V s., II d. ob. carlines blancos, que valen a morlanes IIII s., IIII d.

En el termino de Jatssu.

Summa parciam : nichil.

En el termino de Sucscun.

Summa parcium: XV s., V. d. carlines blancos, que valen a morlanes XII s., X. d.

En el termino clamado Ahadoe, cerca Sant-Miquel el viejo.

Summa parcium : V s. carlines blancos, que valen a morlanes IIII s., II d.

En el mont (l*Echarriberro.

Summa parcium: II s., VI d. carlines blancos, que valen a morlanes II s., I d.

En Mendicorroz.

Summa parcium: XV d. carlines blancos, que valen a morlanes XII d. ob., etc.

De salmones :

De los de la dicha tierra de Sola que deven al seynnor Rey de dos aynos una vez IIII salmones a pagar al dia et yermo sobredichos, por este ayno, nichil, que en el ayno venidero deven pagar.

Summa de toda la recepta de dineros morlanes de la dicha castellania : LXX VII 1., XI s., XI d., que valen a carlines blancos llll" XIII 1., V s., etc.

Le compte mentionne des recettes en nature : orge, froment^ avoine y etc.

Pampelune, 27 janvier 1365

Vente par le Domaine royal au conseil de Laguardia d'une terre sise dans cette localité, « por grand nescesitat que a présent avemos por la guerre que es entre nos et el rey de Francia, el quoal malament et sin sospecha nos a enpeçado fazer guerra. »

(Tiroir 18, n^ 5. Yidimé par Jean Ferez, écrivain public et juré du conseil de Laguardia. Parchemin; pas de sceau.)

26 février 1365 (?)

Traité entre Charles le Mauvais et le sire d*Albret.

(Tiroir 25, no 56.)

Tractado fecho entre el rey de Navarra et entre el seynor de Labrit.

Karlos, por la gracia de Dios rey de Navarra, conte de Evros, et nos Arnald Amanieu, seynor [de Labrit] et vizcomte

[1365] DBS ARCHIVRS DR NAVAKRR. 101

de Tartas^ fazemos saber a quoantos las présentes letras

veran et oyran que como nos por buena goardada entre

nos ayamos fecho ciertos tratados, alliganças, amistades et confederacions de las quales el ténor.

Aquest es lo tractât enter lo seynor rey de Navarre et lo seynnor de Labrit.

Primerement, [el sey]nor rey de Navarre deu redder audit seynnor de Labrit et restituir la terre de Mixe ab totes [sos apar]tiences, fortalezes et seynnories en et sobre la forme que los ancestes deu dit seynor de Labrit, vescompte de Tartas, Tan als temps passatz tegude et possedide deu dit seynnor rey de Navarre et de sos ancestes. Et lo dit seynnor de Labrit, cum et per nom de bezcompte de Tartas, Fen deu far al dit seynnor Rey homenage et dever atals cum sos ancestes han acostumat de far als temps passatz, al dit seynnor Rey e a sos ancestes. Item, que lo dit seynnor de Labrit servira be et leyalment al dit seynnor rey de Navarre et Tajudera en sa guerre présent et abiedere contra lo rey de France et sos successors et contre totz los autres del hostau de France et los valedors ab tôt quant que poyra, et fera et fera (sic) far guerra en sa persona en la millor forme et maneyre que poyra contre lo rey de France et contre toz los autres del hostau de France, exceptât lo duc de Berri, dou quai es compaynon ; car contre aquet acavalgant sa terre ni dampnejan sas gentz ; et au cas que lo duc cavalgasse sobre la terre deu dit rey de Navarre et contre sas gentz, lo dit seynnor de Labrit ajudera a defener la terre deu dit seynnor Rey et sas gentz. Item, lo dit seynnor rey de Navarre ha prometut et promet a bone fe que si lo dit rey de France o sus successors o autre del hostau de France fasen guerre o fasen far per arreson d*aqueste

1. Le sire d'Albret s'était tourné du côté des Français; il avait assisté, nous dit Froissart, au couronnement de Charles Y. Dom Vaissete prétend qu' « il était encore le 13 d'avril de cette année (1365) prisonnier du comte de Foix ■, qui Tavait capturé à la bataille de Launac, c'est-à-dire près de deux ans et demi avant. (Hist. de LanguedoCy t. IV, p. 328.) Le sire d'Albret était un des plus puissants barons de la France; c'est lui qui répondit un jour au prince de Galles, comme celui-ci lui demandait combien de combattants il pourrait fournir: ■ Monseigneur, si je voulois prier tous mes amis, c'est ù entendre mes « féaux, j'en aurois bien mille lances et toute ma terre gardée par mon « chef. • — ■ Sire de Labreth, c'est belle chose i, répondit le prince. (Froissant, édition Buchon. t. I, p. 515, col. 2.) On comprend que Charles le Mauvais recheichàt l'alliance d'un tel baron.

guerre contre lo dit seynnor de Labrit, que lo dit seynnor rey de Navarre fera guerre et fera far per totes les maneyres que poyra Icyalment contre lo rey de France et totz los autres deu dit hostal de France qui contre lo dit seynnor de Labrit ne seran et Tajudera a tôt son levai podcr. Item, que lo dit seynnor rey de Navarre no fera patz ni triube ab lo rey de France ni ab autre per luys schetz que lo dit seynor de Labrit no sie nomiat et compres en la dite paz et triube. Si assi médis lo dit seynnor de Labrit no fera ningun acord ab lo dit rey de France ni ab autre per luys schetz mandement dou dit rey de Navarre o de su voluntat. Item, lo dit seynnor de Labrit dcuprocurar a son poder que sos frays, lo quesieu fore de prison, vieran al servie! deu dit seynnor Rey et a sa guerre. Et si lo dit seynnor de Labrit et sos frays o uo de lor eren près, se que Dius no vuille, en le dite guerre, lo dit seynnor rey de Navarre ha prometut que no fera patz ni

triube passante lo terme de tant de temps cum los

seynnores s'acorderen si non que per la dite paz et triube lo

dit seynnor de Labrit s et délivres de preson. Item, que

lo dit seynor rey de Navarre donera al seynor de Muxidan,

a et als autres als quais lo seynor de Labrit es obligat

de donar rendes entro la su[ma] per la manera que lo

dit seynor de Labrit les ha prometudes ; et lo dit seynnor

Rey lor assignera tant que lo dit seynnor de Muxidan,

mosseynnhor Seguin et los autres ne servin al dit seynnor

Rey sas guerres, e 'n serau ses homes liges et Tajudera

contre totes persones, exceptât fillos et lo prince d*Aqui-

taine et lo dit seynor de Labrit deu quoal son compayneros.

Item, es esta[blit] rey de Navarre deu baillar et livrar

al dit seynor de Labrit o a son man per la finance

sixanta mili florens dWrtigon, de bon aur et de bon pes, deus

quais ne deu pagar lo seynor de Labrit de qui al jorn

de la Purificacion de Nuestre-Done de fevrer, en la bastide

de Cla[rence] et.de qui en fore conduyre entre la

seynnorie de ciutat de Bayone

Item que las bieles, castetz et fortalezes qui serau près por lo dit seynnor de Labrit et sas compaynnes en la dite guerre del rey de Navarre, que los tengue per lo dit Rev en fasen per luys guerre, patz et triube, et le garden ; et sons saubs conduytz et de sons oficiers qui auran poder de luys tenguin et observin. Et si lo rey de France o algun seynnor rey

[1365J DKS AKCHIVRS DE NAVAUKK. 103

lo pusque coubar pague resonable darredepson. El todes aquestes causes et sengles desus dites lo dit sevnnor Rey et lo dit sevnnor de Labrit han promezes et jurades souz lors fées et sobre lo cors propi de Jesu-Christ Nuestro Sevnnor tenir, complir et observar en la maneyrc desus dite a lor levai poder. Et plus, lo dit seynnor de Labrit s'es obligat et obligue de redder et restituir Targent que recebut aura et los juyeus en cas en que non fesse las causes per la maneyre desus dite et tenir hostages en lo règne de Navarre ons lo seynnor Rey ordenara schetz partir autant entro que V seynnor Rey sie pagat. Et si lo dit seynnor de Labrit no ere^ so que Dius no don, que son fray hereter y fosse tengut. Item, que totes aquestes causes sien compreheses en dues letres de une ténor, tagerade la une qui deniorera envert lo seynnor de Labrit del saget del dit seynnor rey de Navarre, et la que damorera envert lo dit seynnor Rey sagerade ab lo saget deu dit seynnor de Labrit, etc. K

1. J*ai omis la transcription des clauses relatives au paiement des trente mille florins d'or : la moitié devait être garantie par la remise de bijoux et le reste était promis pour lo 22 juillet ou au plus tard pour le 1" novembre; les lignes où sont formulées ces conventions sont à peu près inintelligibles. A la fin se trouvent l'approbation de Tncte par les parties contractantes, la description des joyaux (en français), et quelques dispositions sans intérêt. La date est la suivante : c Fecho fue esto en la ciudat de Pomplona, XXYI" dia del mes de febrero, anno Domiui Mo CCC<> LXo quarto. • Que ce soit la date de la transcription, peut-être même de la rédaction de Tiustrument, c'est possible; mais ce ne doit pas être celle du traité. Eu effet, le premier paiement devant avoir lieu avant le 2 février et le dernier devant être effectué ■ de qui aprimere feste de la Magdalena ■, ou tout au moins c a la primere feste de Tod^ Sanz primera vient ■, il est impossible de concilier ces dispositions, si l'on ne place pas la date du traité entre la Toussaint de 1364 et la Purification de 1365. Yauguas a daté sans hésiter du 26 février 1365. (Dicc.j art. Beyes, t. III, pp. 106-108.) Cet auteur a commis une erreur plus grave en assimilant « Seguin ■ dont il est question au cours du traité et Seguin de Badefol, alors qu'il s*agit évidemment de Seguin de Monthaut, qui appartenait à la famille de Mussidan et dont il est de nouveau question plus bas. Quoi qu'il en soit de la date du document, l'authenticité en est inattaquable : les conventions qu'il renferme furent exécutées dans le courant de Tannée ; le 14 mars, le Roi donne décharge à son trésorier de trente mille florins payés au sire d'Albret. (Tiroir 25, n^ 51.) On verra, à la date du 22 septembre, la preuve d'un nouveau versement. Enfin les hommages dont l'analyse suit font expressément mention du traité. Dom Vaissete (Hist. du Languedoc, t. IV, p. 328) prétend que, le 28 février, le sire d'Albret fut établi par Charles capitaine général pour faire la guerre en France; je n'ai pas trouvé trace de cette nomination.

en

Pampelune, 28 mars 1365

Privilèges accordés à la Bastide-Clairence, qui se dépeuplait à

cause des impôts.

(Tiroir 20, n» 34. Vidimus délivré par un notaire dont le nom a disparu : l'écriture est du xiv* siècle. — Analysé dans Yanguas, Dicc, art. Labastida de Clarenza, t. II, p 154.)

Karlos, por la gracia de Dios rey de Navarra, conte de Evreus, a todos quoantos las présentes letras veran et oyran, salut. Como en la nuestra villa de La Bastida de Clarença sean devidos a nos et a nuestros successorcs a perpetuo por las gentes de la dicha villa segunt la fondacion de lur privilegio por los fins de las plaças, cassalocz, fornatges devidos por la fiesta de Todos-Santos, assaber es por cada una plaça seys dineros et por cada un cassnloc dos dineros et por fornatge, cada un habitant, seys dineros carlines, los quoales fius podian valer a nos de renta en cada un ayno ocho libras en los tiempos passados et a présent, porque la dicha villa est desspoblnda et mermada de gentes, valen XL suçldos o environ, segunt somos sertificado por rclacion de nuestro thessorero et por los contos de nuestra tessoreria ; nos, [que] avemos grant deseo et voluntat que la dicha nuestra villa sea bien poblada e multiplicada de gentes, queriendo augmentar e sostener et de bonos privilegios et franquessas ennoblescer, afin que los que agora y son ayan maor volontat de multiplicar el dicho logar et a nos servir, et otros ayan maor afecoion de venir poblar al dicho logar, a la humil suplicacion de los vezinos çt habitantes del dicho logar qui a présent son, ovido consseyllo et deliberacion sobre esto, de nuestra gracia spécial, auctoritat real et de nuestra serta sciencia avemos quitado et enfranquido, quitamos et enfranquimos por las présentes a perpetuo todos los fius a nos devidos por causa de las dichas plaças, cassalocs et fornatges et queremos que los

dichos de la Bastida et lures herederos hend sean quitos

a perpetuo*

1. Le reste de l'acte est en grande partie effacé : le Roi coocède aui

Dada en Pamplona, XXVIIP dia de março, anno Domini M« CGC* LX* quinto.

cm

Pampelune, mars 1365

Baymond de Monthaut^ seigneur de Mussidan, ayant reçu une rente de quinze cents livres, fait hommage au roi de Navarre pour toutes ses terres^ lui promettant de le servir contre tous, spécialement contre le roi de France, mais non contre le roi d'Angleterre, ses fils, ni le seigneur d'Albret.

(Tiroir 18, n® 27. *CartuIaire II, pp. 105-106. — Analysé dans Yanguas,

Dicc.j art. Muxidan, t. II, p. 445.)

Pampelune, mars 1365

Seguin de Monthaut^, « autrement dit de Mussidan, chevalier, » fait également hommage pour une rente de cinq cents livres*,

(Tiroir 18, no 27.)

8 septembre 1365

Prise de possession de la terre d'Ostabarets par le sire d*Albret.

(Tiroir 25, n© 59. Papier.)

A la Real Mngestat.

Lo vostre humill subdit et servidor Bernart Sanz de

habitants de La Bastide le droit d'exporter leurs vins et leurs pom^ mades en franchise.

1. Un Seguin de Monthaut reçut en 1353 une lettre de grâce d*Edouard III, au sujet de la mort de Guilluume-Rnymond de Médaillan. (Lettres des rois, reines, etc., dans la collection des Documents inédits, t. II, p. 104.)

2. Pendant que Charles le Mauvais traitait de la sorte avec les barons gascons, ses gens signaient la paix avec la France. Mais il était dit

lOC DOCUMENTS [1365J

Lahuche, notari, me recommandii en la bostre bone gracie et merce. Plazie vos saber que a mi si es vincut per part de bos seynhoria et de bostre haut conseilh l'ondrat et savi Père de Bilaba, procurador patrimonial, mandar que yo lo doni ausguns instruments que son en poder de mi, los quoaus son estatz retengutz per man de meste Johan de Sosauta, notari defiiint, los quoaus se conthienen per la segont forme de mot a mot segont que son estatz retengutz per lo dit meste Johan :

Notum sit que lo diluns, VIII dies de setembre, ano Domini M^ C(X^® LXV°, constituyt personaument lo mot noble et poderos seynhor mossen Amaniu, seynor de Labrit, vezconte de Tartas et seyhor de las terres de Micxe et d'Ostabares, thien cort au log de Sinitz, la hon es acostumat de thier cort de cavers, d'escudes, de lavrados et habitatz de la terre d'Ostabares, aqui medix demostrara et fe legir en plenera cort une letre deu mot illustre e ecxcelent seynhor et princep, nuestre seynhor lo rey de Navarre, escriuta en pargam et sayheade ab son gran sayet en ccre blancque en pendent en empue de medix lo pargam, conthient la segont forma :

Châles isicjj por la gracie de Dius rey de Navarre et conte d'Evreus, a nostre amé et foal cabaler Michel Sanchitz d'Ursue, chastelan de nostre castel de Sent-Johan, sallut. Nous avons receu en nostre fov et homaofe nostre très chier et féal cosin, le sire de Labrit, vitzcomte de Tartas, des terres et seynhories de Micxe et d'Ostabares, come de son heretage que solient thenir sos prédécesseui*es, vezcontes de Tartas, des nostres, roys de Navarre. Si vos mandamos cstroitement, enjongnons et coumontons, si mestier est, que desdites terres et seynhoies et de toutes lures appartanças vos metez ho faytes mètre, ces lettres veues, nostre dit cosyn ou ses gentz pour hii en possession et say/ine, et Ten laichetz et faites joyr pleneraraent et y mètre ses oilîcious ceilz que bon lui semblera, en hi nianère que solient faire ses prédéçessures, hostetz tous autres détenteureus et officiers mis en ycelles par nostre très chier et amé cosin le capdal de Buch au quoau nos aviens doné lesdites terres, duquel nous savons la volunté

(|uc duraut ces années de tempête il n'y aurait pas au ciel une éclaireie de quelque duré(*, et les diUicullcs recommencèrent à propos des Compagnies.

sur ce, et tous les officiers et miens et cstablis es dites terres, de par nostre cosin le capdal vous délivrez de totz seremens, foys, obligations a lui pour ce faytz. Doné a Pamppelune soubz nostre seyll le dairrein jorn de fébrier, Tan de grâce mil CGC L\ IIII®. Por le Roy en su conseilh, E. Roug.

Bistes et entenudes las dites lettres deu seynor Rey, aqui medix totz los gentyus, lavrados et communitat de la dite terre d'Ostabares qui a la dite cort se ajustan par un recort reçebon et autreyan per seynhor au dit mosseynhor de Labrit, segunt per las dites lettres deu seynhor Rey es contengut ; lo quoau mosseynhor de Labrit aqui medix primierement jura com a seynhor subrc los santz et vangelis [sic) et la crotz de Jesu-Christ que etlor thiera en lors fors, us et costumes que sons antesesors vezcomtes de Tartas los han mantegutz et manten.

Suit le serment des nobles de la terre d*Ostabarets,

Pampelune, 22 septembre 1365

Mandement aux gens des Comptes concernant les dépenses faites par le trésorier en allant retirer des mains du sire d'Albret le « grant cercle » de la Heine.

(Tiroir 25, n» 60. Papier; sceau au revers.)

Karlos, por la gracia de Dios rey de Navarra, conte d'Evreus, a nuestros bien amados et fieles los oydores de nuestros comptos, salut. Como el honrrado et nuestro bien amado thesorero don Garcia Miguel Delcart, de mandamento nuestro aya seydo por Sant-Johan de Pie de Puerto a Bayona por fazer el pagamento de sicte mil floriues d'oro al seynnor de Labrit por quitar el grant cercle de la Reyna, segunt el tractado entre nos et eill avido, et en el dicho viage por levar mas segura la moneda ovies levado con si de mandamento nuestro de boca el logartcnient del castelan de Sant- Johan, Sancho Lopiz d'Uriz et Garcia Arnalt d'ivarrola con ciertas compaynnas de cavaillo et de pie, mandamos vos que todas las messions por el dicho thesorero fechas sobre esto, vistas las partidas de las dichas expensas, aqucillas li recibades en compto et dedugades de su recepta sin diffic[u]ltat

alguna por testimonio dVsta carta sieillada de nucstro sieillo et de las partidas sobredichas que del dicho thesorero recibredes sobre esto. Datum en Pomplona, XXII* dia de septiembre, anno Domini M® CGC® LX® quinto.

Por el Rey a vuestra relacion, J. de Leoz.

cvn

29 octobre 1365

Décharge donnée par le roi de Navurre à Pierre Bourgeois^, son clerc, des six cents florins par lui remis, pour leur voyage, à Vévéque de Calahorra [Robert le Coq) el à Martin Enriquez,

(Tiroir 19, no 5. Papier; sceau au revers.)

cvni

Painpeliine, 9 novembre 1365

Ordre à tous les chevaliers, écuyers el mesnaderos de se tenir

prêts à entrer en campagne.

(Cartulaire de Charles II, p. 74.)

Del part del Rey.

Don Gil Garcia d'Ianiz. Nos vos mandamos, et por causa, que luego, vistas las présentes, vos apareilledes con todos los hombres de cavayllo et de pie que aver podiertes et vos tengades priesto pora la ora que nos vos mandaremos, so la (ielidat et naturaleza que a nos sodés tenido. Et en esto non fagades falta ninguna. Datum en Pomplona, IX* dia de noviembre, anno LX® quinto.

Semejables letras fueron fechas pora todos los ricoshombres, cavaylleros, escuderos et mesnaderos.

1. Le nom de ce clerc se trouve au bas de plusieurs actes, mais toujours incomplet : les Comptes de Climeuce rappellent Bourgois ou Bourgoiz; ils nous le montrent chargé de plusieurs « messageries • en Normandie et préposé à la garde de la tour de Téglise à Evreuz. {Op. cit„ table, v» Bourgois.) Robert le Coq et Martin Enriquez étaient partis, le 12 septembre, vers le prince de Galles, en Gascogne, ainsi que le prouve leur compte de dépenses. (Même tiroir, même DUinéro.)

[1365] . DKS ARCHIVKS DK NAVARRE. 109

Pampelune, 10 novembre 1365

Ordre de suspendre toute procédure contre Vabbé de Falces, qui

va en France accompagner la Heine,

(Cartulaire de Charles II, p. 87.)

Karlos, etc. A nuestros bien amados et fieles tenient logar de governador et alcaldes de nuestra cort et a todos los otros alcaldes, justicias, bailes et quoalcsquierc otros oficiales del dicho nuestro [regno], saliitem. Como el nucstro bien amado et fiell conseillero Simon d'Escorsi*, abbat de Falces, por mandamiento nuestro vaya en Francia en compayna de nuestra cara et bien amada compaynna la rcyna de Navarra, mandamos vos et a cada uno de vos que en pleitos algunos que el dicho abbat aya empeçados o por empcçar ante vos o algunos de vos, contra eill ni sus biens o fiadores non procidades, nin sententia contra eill o contra sus fiadores dada pomgades nin mandedes poner en exécution ; ante los dichos pleitos, cada uno d^eillos en Testado que son, tengades en estado sin mas procedir en eillos, ata que el dicho abbat con la dicha reyna sea retornado et un mes enpues. Datum en Pomplona, X° dia de noviembre, an no LX** quinto. Por el Rey,

Johan de Leoz.

ex

Pampelune, 11 novembre 1365

Ordre aux bonnes villes d'envoyer leurs procureurs pour accorder au Roi les impôts qui lui ont été déjà votés par le clergé et la noblesse.

De part del Rey.

Alcalde, jurados et conceillo de la nuestra villa de Lagoar-

1. Les Comptes de Climence font mention de ce voyage de • mestre m Simon d'Escourcy. clerc et conseiller de Monseigneur, lors estant à

dia, fazemos vos saber que los prelados et fijosdal^o del nuestro regno, como buenos et fieles vasayllos, goardando nuestra nescessidat, nos han otorgado cierta cisa et ajuda pora cierto tîempo ; por que vos mandamos que luego, vistas las présentes, nos inbiedes vuestros procuradores acordar la dicha cisa et ajuda en la manera que los dichos fijosdalgo et prelados nos han otorgados. Et esto fazer luego sin otro alongamiento alguno, si nuestra honrra et provecho amades. Datum en Paraplona, XI° dia de noviembre [1365].

Semejables letras fueron fechas pora todas las bonas villas.

15 novembre 1365

Ordre au châtelain de Saint- Jean de faire exécuter le testament

de Pierrot, bâtard de Luxe, mort en France au service de la

Navarre,

(Cartulaire de Charles II, pp 77-78.)

Karlos, etc. A nuestro bien amado el castelan de Sant- Johan, salut. El noble et nuestro bien amado cambarlenc, don Arnalt Lup, seynor de Luxa, suplicando nos ha dado a entender que Pcyrot de Luxa\ su fijo bort, estando en nuestro servicio en Francia, en cl ayno mil CGC LX et très, morio de su muert natural et fizo su testament bien granado montamiento de diez mil et cincientos francos d*oro et mas, et fezo sus cabeçaleros a Pierres de Lcxaga, a Hurtungo de Sorapuru, a Pegenachea d'Agucrre, a Bernart d'Ochovi et a Johan de Ville, clamado Goch ; los quoalcs dize que, maguer reccbieron todos los sus biens, montamiento de la dicha quantia et mucho mas, no han querido ni quieren compleçer

I Paris en la compaignie de Madame la Royne de Navarre •. {Op. cit., p. 397.) Ailleurs ils parlent de i Simon d^Escourcy et plusieurs autres bourgoiz de Gavray » (p. 308). Moret prétend que Jeanne de France se rendait à Pans dans le but de rapprocher son frère et son mari

1. Le bâtard de Luxe succéda à son compatriote Arnaud de Gramont à la fin de juin 1359 comme capitaine d'Aulnay-sur-Odon. D'Aulnay a il rançonne les paroisses voisines des sources de l'Odon. Il menace I Torigni et pousse parfois ses incursions jusqu'aux faubourgs de < Bayeux, de Sainl-Lo^ de Caen et de Vire » . (S. Luce, Hist, de du Guesclin, p. 383-4.)

[1365) DKS ARCHIVES DK NAVAURK. III

el testament del dicho su fijo, eill oviendo los requeridos muchas et dobladas vezes ; pidiendo nos mercc que como las quantias de dineros et otros biens que eillos o otros por eillos han recebido sea mnyt grant et de cada dia ayan gastado et gasten sus biens et non sean abonados de tantos biens, que de remedio lo queramos proveer. Et nos, inclinado a su suplicacion, queriendo que el testament del dicho bort de Luxa, qui es muerto en nuestro servicio, sea complido et por malicia de los sobredichos non sea estorbada de complecer, vos mandâmes que, luego vistas las présentes, pongades o fagades poner por inventario a nuestra mano todos et quoalesquiere biens muebles et heredades de los sobredichos por que sean conservados pora d*aqueill que drecho avra, et desi los constreyngades fuerment a render compto de lo que han tomado de los biens del dicho bort et que ministration han fecho d'eillos. Et puestos todos los sus biens a vucstra mano, si los dichos Pierres, Hurtungo, Pegenanchea, Bernait et Johan vos dieren bonos fiadores bien raygados de render los biens que se faillara por fin de compto que han tomado del dicho bort, les rendades aqueillos, fecha extimation dVillos. Et la dicha fiaduria et el processo del dicho compto inbiat ante los de nuestro conseillo et nuestra cort por escripto, so vuestro sieyllo, asignando dias a las partes, afin que, visto cl dicho processo et fiaduria et oydas partes, podamos fazer complimiento de drecho. Datum XV* dia de noviembre, anno LX" quinto.

Por los del conseillo, de vos, chancelero, don Martin Miguel, et don Martin Periz de Solchaga,

Johan d'Ochovi.

Pampelune, 20 novembre 1365

Ordre de recourir à des mesures de rigueur contre les clercs des diocèses de Dax et de Bayonne qui refusent de payer le subside voté par les Etats,

(Cartulaire de Charles II, p. 88.)

Karlos, etc. A nuestro bien amado castelan de Sant-Johan et Ârnal Sanz de Liqueta, colector del susidio de los florines

que los clerigos de los obispados de Bayona et d*Acx nos fazen de ajuda, salut. Como nos ante de agora por otras nuestras letras ayamos mandado a vos dicho Arnal Sanç que costreyniesedes a los olerigos de los dichos obispados a dar et pagar los florines del susidio por eillos devidos de los aynos passados, vendiendo et spleytando de los bienes que han en nuestra juridition ata montamiento de las sumas por eillos dévidas, et, segunt avemos entendido, eillos como rcbeles et desobedientes a nuestros mandamientos no ayan pagado las dichas sumas de florines, nin vos aqueillas eugidas, de la quoal cosa nos desplaze et nos tenemos por mal pagado d'cillos; porque, vos mandamos que todas las amigas de los clerigos que estan en nuestra jurisdition prengades, presas las tengades, ata tanto que los dichos clerigos ayan pagado los dichos florines por eillos devidos, et de que presas, si los dichos clerigos quisieren dar buenos fiadores de pagar los dichos florines ata cierto dia, las soltedes de la dicha prison. En ultra, vos, dicho castellan, vedat et defendet de nuestras partes que ninguno non faga venzindat con los dichos clerigos, nin goarden sus ganados, nin los deysen paçer con eillos en sus tcrminos, nin los deysscn cajar leyna, nin levar de nuestros montes, nin fazer cosa ninguna que a vezindat pertenesscan fazer, ata tanto que ayan pagado los dichos florines o ayades otro mandamicnto et aqueillos que pagaran su porcion que lis acaesera non los costrcngades en los dichos casos. Datum en Pomplona, X\® dia de noviembre, anno LX* quinto. Por el conseyllo, vos présent, Martin Periz de Solchaga,

F. de Miranda.

cxm

Pampelunc, 21 novembre 1365

Ordre à tous ceux qui tiennent du Roi « merce o bienfecho » de se tenir prêts à entrer en campagne.

(Carlulaire de Charles II, p. 88.)

Merino de la Ribcra. Como nos ante de agora ayamos mandado por nuestras letras a todos aqueillos qui tienen merce o bienfecho de nos que so la fleilidat et naturaleza que a nos son tenidos, se aparaeilassen con todos los de cavaillo et de pie que aver podiossen, et se toviessen priestos aparaeil-

lados pora la ora que nos lis fariamos saber, nos, a présent, por causa, vos mandamos firmement que, vistas las présentes, fagades pregonar publicament por todas las villas et logarcs de la dicha merindat que todos aqueillos que han seydo mandado se tengan priestos et aparaeillados con todas las mas compaynas de pie et de cavaillo que aver podran, en tal manera que pora el XV® dia del mes de deziembrc primero venient sean todos priestos et aparaeillados, et eso mesmo que toda otra manera de gente se tengan aparaeillados para el dicho dia por yr o p[a]rtir do por nos lis sera mandado, en manera que falta no aya, so la fielida et naturaleza que a nos son tenidos, et so pena de encorrer nuestra indignacion. Datum en Pomplona, veyent et hun dia de noviembre, anno Domini W CCC« LX** quinto.

Semblantes letras fueron fechas a todos los mérinos de las montaynas, et al merino de Sanguesa, et al merino de terras d'Esteilla et al castellan de Sant-Johan.

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