V. la charte de fondation
2. V. Coffridi MarleUi comitis praeceptum, etc., transcrit par Sîrraond, n. 6, à la lettre I, 2 : « ... Nec aliquo in tempore a potestate Ande^'^avoruni coinitum subtraheret. ...Nec unquam ab ipsa Vindocinensi abbatia Andegavensis comiti.s expelleret potestatem. »
3. « Cum et abbatia S. Trinitatis sua e.sset et in sua terra obedientias militas liabont... » liée. Ilist. Fr., XIV, 85. — Il est vrai que les paroles de Kouhiuos, qui défend la Trinité contre Saint-.Vubin d'Angers, peuvent s'entendre comme impliquant Tidée que l'abbaye vendômoise est la fondation favorite des comtes d'Angers.
on affirmait son entière gratuité, était le plus souvent d'un excellent rapport pour ceux qui Texerçaient. Les privilèges de la Trinité stipulaient bien que Tabbaye ne devait rien à ses protecteurs les comtes d'Anjou. Il était interditaux comtes d'imposer des coutumes aux terres du monastère. Il n'en est pas moins vrai qu'ils prélevaient des droits assez nombreux, puisque Foulques IV mourant renonça en faveur de la congrégation aux profits qu'il avait jusque-là perçus sur le bourg d'Evière, le cellier, le secrétariat et l'aumônerie de cette maison. La charte qui rappelle cette renonciation ne permet pas de penser que ces redevances eussent été imposées aux moines par la force, ni qu'elles fussent considérées par eux comme injustes \ Elles étaient, selon toute apparence, le prix dont la congrégation payait certains services du comte. Les protecteurs de l'abbaye avaient aussi coutume de confirmer les acquisitions des moines. Parfois même ils prenaient la liberté de disposer des biens ecclésiastiques à leur gré et dans leur intérêt propre ; c'était un abus de pouvoir, mais qu'il était difficile d'empêcher. Geofi*roi Martel lui-même paya les services d'un de ses barons d'un bien enlevé aux Vendômois dans la forêt de Gâtines^ Enfin, et cela pouvait être avantageux pour le comte et le monastère à la fois, Tabbaye, à cause des conditions de son origine et de sa situation à l'égard des descendants de Geofiroi Martel, avait le droit de porter en appel devant le comte d'Anjou ses difi*érends judiciaires^.
1. Voici la transcription de cette pièce: Coll. Baluze, XLVII, f. 257 r®. « Notum sit omnibus fidelibus tara futuris quam praesentibus quod F'ulco cornes Andegavorum qui in hac nostra ecciesia tumulatus jacet, pro redemptione animae suae omnes consuetudines et exactiones quas in burgo nostro et in cellario, sive in secretaria, seu in domo eleemosynaria nostra habebat et capiebat, huic loco ante ubitum suum solutas omnino clamavit et quietas et dédit in perpetuum tenendas, Isti testes qui viderunt : Hubertus archidiaconus. Comitissa Redonensis, filia ipsius comitis. Abbo de Brioleta. Radulfus de Pothonaria. Gofifridus de Blazone. »
2. Hec. Hist. Fr.,XI, 635. Cf. l'histoire curieuse de Cheviré. Ilist, Fr., XIV, 29.
3. C'est ce qu'on trouve dans le Compendium (Ms. lat., 11819, f. 466) où il est dit que le roi Henri l»' accorda à l'abbaj^e judiciariam potestatem cum jure provocationis ad prae&idialem curiam comitaius andegavensis ralam habuit.
Toutes ces choses étaient passées sous silence dans les chartes d'affranchissement du monastère ; elles étaient souvent contraires à la théorie de la pleine indépendance de la congrégation; mais elles devaient être supportées comme prix de la protection laïque. Bien d'autres abbayes que la Trinité étaient de cette manière rattachées assez étroitement à Tautorité comtale, en particulier les monastères de Saint-Maur, Saint-Aubin, Saint-Serge et Sainte-Marie de la Roë, et on voit même les comtes d'Anjou prendre parfois le titre d'abbés des congrégations qu'ils protègent V Les papes à Toccasion favorisaient l'intervention des laïques sous cette forme dans les affaires ecclésiastiques. A Saint- Aubin-d'Angers, l'abbé démissionnaire, Archembaud, ayant voulu reprendre la direction du monastère aux dépens de son légitime successeur, Payen, Pascal II intervint, nomma une commission d'arbitrage dont était l'abbé Geoffroi de Vendôme, et chargea le comte Foulques de protéger Payen, reconnu dans son droit, contre les menées des partisans d' Archembaud ^
Quelques traits du récit touchant le litige pour la possession de l'église de Saint-Clément de Craon entre les moines de Vendôme et ceux de Saint- Aubin d'Angers, récit dû à un de ces derniers, montrent l'importance du lien établi entre la congrégation vendômoise et le comte d'Anjou. Urbain II ayant décidé que le différend se réglerait à Saintes, le comte Foulques IV, tout dévoué à la Trinité, se refusa, à la persuasion des moines vendômois, dit le religieux apgevin, à laisser tenir le jugement en ce lieu, et prétendit que ce fut sur ses terres. Devant cette opposition, le légat se permit de remplacer Saintes par Bordeaux comme lieu de réunion, mais l'abbé de Saint- Aubin ayant voulu s'y rendre fut fait prisonnier par le prévôt du comte. Celui-ci refusait formellement de laisser passer les religieux de Saint-Aubin par ses terres,