‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 374 sur 509 · Gall. Christ. VIII · texte numérisé non relu

Gall. Christ. VIII

empereur ou roi, prince ou duc, comte ou vicomte, fonctionnaire ou quelque personne que ce soit, puissante ou non, cherche sciemment à s'opposer à notre privilège d'affranchissement, et qu'averti deux ou trois fois, il ne modifie sa conduite en accordant la satisfaction convenable, il sera privé de sa dignité et de son pouvoir. Frappé de la colère divine pour son iniquité, il sera éloigné du très saint corps et sang du Dieu et Seigneur Jésus-Christ, notre rédempteur, et expiera au jugement dernier ses fautes*. » Aucune charte pontificale n'admet que la congrégation exempte ait jamais à compter avec la royauté.

La pratique, il est vrai, pouvait différer de la théorie. Les suzaniser des régions où les Vendômois détenaient leurs domaines, le comte d'Anjou, le duc d'Aquitaine, le comte de Vendôme, ont pris part à l'histoire de la Trinité ; ils sont en quelque sorte entrés dans la vie de la congrégation. On ne saurait négliger de rechercher si le supérieur des autres suzerains n'a pas aussi, dans la pratique, joué un rôle à Vendôme.

C'est un fait remarquable que, malgré le rapprochement de Vendôme et des domaines royaux, la puissance royale n'apparaît point dans l'histoire de l'abbaye au xi® siècle. Le nom du roi ne se rencontre que par l'habitude qu'on a de dater les chartes par l'année du règne. L'abbé GeoflTroi a cité dans sa correspondance des noms très divers ; il n'a parlé ni de Philippe P^ ni de Louis VI. ni de l'autorité royale. Cependant son monastère était en rapports suivis avec la grande abbaye royale de Saint-Denis *. D'autre part, Geoffroi

1. Bulle du 8» jour des Kal. déc 1099, (24 nov.) du cartuL de Vendôme (Bibl. nat., n. a. lat.. 1232, inscrit entre le n. 6 moderne et le n. 8 f. 7 moderne). « Sane si quis in crastinum, archiepiscopus aut epis^ copus, imperator aut rex, princeps aut dux, comes aut vicecomes judex aut persona qualibet potens aut impotens hujusnostri privileirii paginam sciens contra eam temere venire temptaverit, secundo tertiove commonitus si non satisfactione congrua emendaverit, potestatis honorisque sui dignitate careat, reumque se divine judicio existere de perpetrata iniquitate cognoscat, et a sacratissimo corpore et sanguine Dei et Domini Redemptoris nostri Jésus Christi aliénas fiât atque in extremo examine districte ultione subjaceat. »

Page 1