‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 395 sur 509 · Id., II, 8, II · texte numérisé non relu

Id., II, 8, II

^ini attendu le voyage d'Urbain II en France, comme elle le fit, pour protester contre Tacte de profession. Rien n'était moins rare que de Yoir les moines prendre eux-mêmes en main cette sorte d'affaire, au plus grand proât de leur maison. Guillaume, troisième abbé du Bec, ayant ^pris, dit un chroniqueur*, que Tarchevêque de Rouen voulait à tout prix exiger de lui une profession, en fut très troublé. Mais le prieur du monastère s'approcha de lui et lui dit: « Seigneur, ceci n'est point votre affaire, mais la nôtre. Laissez-nous faire et attendez*. » L'abbé ayant obéi s'en trouva bien, car il échappa à la prestation du serment, grâce aux efforts de ses moines. Il est donc très difficile d'accepter sans critique la manière dont Geoffroi, intéressé dans la question, a plus tard présenté les événements qui amenèrent cet acte important de sa vie.

C'est la raison qui a fait émettre à un historien du Vendômois une hypothèse pour expliquer la promesse de soumission faite par l'abbé de Vendôme'. Pétigny a supposé qu'il s'était formé une coalition contre l'abbé Bemon, prédécesseur de Geoffroi, qui en effet se démit de ses fonctions avant sa mort et termina sa vie sous la prélature de Geoffroi. Celui-ci serait arrivé au pouvoir par la faveur de l'évêque de Chartres ; il l'aurait payée par la prestation du serment d'obéissance à Ives. De pareilles intrigues n'étaient pas rares*. Cependant aucun texte ne signale un incident de cette sorte, et ni Geoffroi, ni l'évoque de Chartres, dans Tâpreté d'une longue lutte, ne se sont reproché semblable entente*. D'ailleurs, si les moines de la Trinité avaient fortement tenu à un privilège qui les exemptait de la profession, ils n'auraient point consenti à l'élévation de Geoffroi dans les conditions où elle se serait faite. On peut affirmer que le nouvel élu n'essaya point de se soustraire à la coutume et n'invoqua

1. Notilia de Libertale Beccensis monaaterii . Rec. Hist. Fr, XIV, 274.

2. Id. « Domine, ad vos nihil pertinet de hac re, sed nobis. Sufferte et aespectate quid nos faciemus. »

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