‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 396 sur 509 · Pétigny, Hist. archéol. du Vendômois, 2« édit., p · texte numérisé non relu

Pétigny, Hist. archéol. du Vendômois, 2« édit., p

4. Cf. le récit du continuateur d'Aimoin (I. V, c. 50). Bec. des ffisi. de Fr., t. XII, p. 122.

5. Cf. l'abbé Métais: Urbain II et Geoffroi de Vendôme^ p. 5, sqq. (extrait de la Semaine religieuse du diocèse de Blois, septembre 1882).

aucun texte qui le dispensât de s'y soumettre. De plus, Geoffroi n'a jamais avancé que Texigence d'Ives était sans précédents dans Thistoire du monastère *. Le premier document qu'il ait cité touchant la profession due par les abbés de la Trinité aux évêques de Chartres est une lettre d'Urbain IL Enfin les protestations des moines au courant des traditions de la Trinité auraient été assez tardives. On peut donc dire qu'avant Tavènement de Geoffroi il n'existait aucun privilège sur cette matière ^ Deux raisons encore pouvaient faire que, quoique abbé exempt, Geoffroi se fût prêté à cette formalité : parce que le lien qu'elle établissait était personnel et n'engageait point les immunités fondamentales du monastère ; et parce que la coutume était extra canonique et sortait ainsi du domaine de la légalité ecclésiastique. Mais une fois la promesse faite, elle comportait des obligations pour celui qui l'avait consentie.

C'est ce dont s'aperçut bientôt Geoffroi et c'est ici que s'interposait la contradiction entre son état de sujet de l'évêque de Chartres et sa situation d'abbé exempt. Il n'avait pas seulement reçu la consécration d'Ives de Chartres, ce qui, d'après les termes des privilèges de l'abbaye, ne l'engageait en rien, mais il avait, suivant une coutume du temps, promis obéissance au môme prélat. Il fallait qu'une des deux situations disparût ; Geoffroi résolut que ce ne serait point son état d'exemption. Il voulait retrouver sa liberté; il s'efforça de montrer que c'était sa consécration qui en avait

1. C'est ce que fait justement remarquer Launoi : Opéra, t. III, p. 375, 377. La bulle d'Urbain II porte que désormais aucun abbé de Vendôme ne fera profession (ne deinceps abbas, etc.). Le successeur de Geoffroi, Fromond, n'invoqua pas de privilège antérieur à celui d'Urbain II. V. Sirmond, n. 162, à la lettre II, 27, de Geoffroi.

2. Tirer de ce fait la conclusion que les autres clauses d'exemption n'existaient pas davantage, c'est une chose que les textes n'autorisent pas, quoi qu'en ait dit Launoi. 11 est certain que ce raisonnement siiiipli lierait beaucoup les faits, en supposant tous les privilèges fabriqués dans la même circonstance. Mais ce qu'on trouve dans ce différend entre Ives et Geoffroi, ce n'est point la simplicité, mais bien la contradiction et la confusion ; l'abbé, malgré son exemption, s'engageant par une promesse de soumission, et l'évêque ne pouvant rien retirer de cet acte de subordination par la teneur des anciennes chartes de la Trinité.

payé la perte. Du propre fait de labbé, Tévêque de Chartres venait de rentrer dans une autorité que son église avait abandonnée ; mais Tacte par lequel il l'avait fait n'avait guère d'autre portée qu'une valeur morale. Les serments exigés par les évêques avaient pour objet de leur assurer ce qu'ils eussent dû obtenir canoniquement, à savoir la soumission des abbés à la puissance diocésaine. Ce qu'on voulait obtenir était très régulier et légitime, mais les moyens dont on usait étaient plus féodaux qu'ecclésiastiques. A la vérité, c'étaient presque les seuls qui pussent alors réussir. Qu'on montrât que cette façon d'obtenir l'obéissance abbatiale était irrégulière, et il s'en fallait de peu que l'obéissance elle-même ne le parût. Cela était particulièrement aisé à l'abbé de Vendôme, qui, par d'autres côtés, était exempt de cette soumission. La papauté poursuivait alors avec beaucoup d'énergie la répression des actes de simonie. Geoffroi s'occupa donc de représenter la consécration qu'il avait obtenue de Tévêque de Chartres comme l'objet d'un marché dont sa profession avait été le prix ; ces rapports avec l'évêque seraient déclarés mauvais et Tabbé se trouverait du même coup débarrassé des obligations qu'il y avait contractées. C'est une couleur que Geoffroi a très expressément donnée aux faits dans une lettre importante à Ives de Chartres sur la matière*. « J'étais jeune et inexpérimenté, y dit-il, et vous m'avez extorqué ma profession. Elle fut tout à fait irrégulière ; j'ai eu tort de la faire et vous avez manqué à votre devoir en l'acceptant. Si, en échange de la bénédiction que vous deviez donner gratuitement, vous avez indûment exigé une profession, et par cette profession la sujétion d'un allodier de Saint- Pierre, ma promesse a été irrégulière. Elle est donc nulle, car la bénédiction que vous m'avez donnée à sa suite a été vénale ' et non gratuite. Vous n'avez point rougi de l'échanger contre un avantage temporel, au mépris de la foi chrétienne. » L*abbé s'est exprimé d'une façon très semblable dans un autre passage où il a longuement traité de ce sujet'. On remarquera que dans

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