‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 398 sur 509 · G. Vind. 0pp. Opusc. X. — Migne, CL VII · texte numérisé non relu

G. Vind. 0pp. Opusc. X. — Migne, CL VII

malheur de l'Église ont inventé ce triple genre de simonie. Il y a dans Tacte de profession simonie par la bouche, simonie par la main, simonie par toute la conduite de celui qui fait hommage à Tévêque, lorsque la bouche répète publiquement la promesse, que la main signe et place sur Tautel la charte avec sa formule, et que l'hommage rendu en confirme la valeur. Assurément, celui qui exige tout ceci pourra dire : Je ne demande point de Targent pour la bénédiction que j'accorde. — Il est vrai ; vous exigez bien plus, car vous prenez l'homme lui-même. L'âme vaut mieux que le corps, et l'âme et le corps d'un homme valent mieux que son argent. — Ce n'est point une bénédiction gratuite, ajoute Geoffroi, que celle que précède cette proscription de l'abbé*.... Ce n'est point une véritable bénédiction que le marché auquel on donne ce nom, lorsque la profession a précédé ou suivi l'acte. »

Telle fut la raison par laquelle Geoffroi fit annuler sa promesse. Avec cette manière de raisonner sur la gratuité des cérémonies religieuses on pouvait aller très loin : l'argument n'était pas seulement applicable au clergé exempt, mais propre à relever tous les ecclésiastiques subordonnés de leurs obligations, par crainte de contrats simoniaques. Ce résultat n'aurait point été désagréable aux congrégations soumises qui y auraient trouvé l'avantage de se débarrasser de toute autorité de l'Église séculière, mais dans l'espèce l'abbé de Vendôme se contentait d'y trouver la justification de la violation de son serment. Il était désormais affranchi des obligations qu'il avait contractées envers l'évêque de Chartres . Mais Ives ne pouvait se soumettre sans peine à cet état de choses, malgré son humeur accommodante et l'interv.ention de la papauté. Il revendiqua longtemps la concession qui lui avait été faite, et que l'abbé prétendait retirer. Il goûta peu les explications par lesquelles l'abbé lui exposa comment, grâce à l'Église de Rome, on pouvait légitimement déchirer un accord. « Tu sais bien, écrivit l'évêque à Geoffroi', que les raisons que tu allègues ne valent rien, prétendant que c'est par obéissance à l'Église de Rome que tu renies ta soumission

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