‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 399 sur 509 · Iv. Carnot. ep., 195. — Migne, CLXI, col · texte numérisé non relu

Iv. Carnot. ep., 195. — Migne, CLXI, col

à l'Église de Chartres. Car l'Église romaine n*a jamais reçu de Dieu le pouvoir injuste de violer la bonne foi et de ne point rendre à chacun son dû ; elle n*a reçu que la puissance de lier ce qui doit être lié, et de délier ce qui doit être délié. » Mais Geoffroi ne fut point en peine pour répondre à cet argument : « Vous avez bien raison, écrivit-il ;i l'évêque de Chartres*, dédire queTEglise romaine n*a reçu de Dieu aucun pouvoir injuste. Mais si» comme vous le dites, vous croyez qu'elle possède celui de lier et de délier ce qui doit l'être, vous ne pouvez vous étonner qu'elle délie ce que vous avez si mal lié. » — L'abbé se faisait ainsi lui-môme juge de l'obligation qu'il avait consentie, mais d'autre part il y avait dans l'esprit d'Ives de Chartres deux sentiments distincts ; revendiquer ce que Geoffroi lui avait prorais par le fait de sa profession, et attaquer plus généralement le privilège d'exemption du monastère et le rattachement de la Trinité au Saint- Siège. Les conditions du litige étaient telles que la discussion restait toujours ouverte après la sentence pontificale. Pour le fond même de la question, qui était l'imprescriptibilité de l'autorité épiscopale, Ives avait pour lui l'ancien droit ecclésiastique et pouvait continuer son opposition en argumentant de l'impossibilité qu'il y avait pour la papauté d'être en opposition avec la tradition apostolique. A la vérité, pas plus que ses contemporains, l'évêque de Chartres n'était en mesure d'examiner sérieusement la théorie limitative de l'autorité romaine qu'il avait émise, ni de lui donner des suites dans la pratique. Plus habile que l'évoque, l'abbé n'avait point entamé une discussion générale sur les droits de l'épiscopat, et quoique son monastère jouît d'un privilège immunitaire, il s'était contenté d'exposer les vices de forme de la profession. Parlant moins de ce qui faisait le lien en lui-même, à savoir la soumission à l'autorité diocésaine, il avait surtout montré que la façon dont ce lien avait été contracté était mauvaise. Cela étant, l'Eglise romaine pouvait le rompre ; elle le rompit. Le Saint-Siège eut cet avantage que, selon les convenances, il sut tolérer ou réprimer les importations étrangères qui s'étaient faites en grand nombre du monde féodal dans la so-

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