II
recevoir et d'abriter les adversaires de Geoffroi de Chartres condamnés par lui, comme en effet elle fut accusée de le faire ^ L'évoque répondit en refusant de sévir contre les spoliateurs de Tabbaye. Cette sorte d'abstention laissait la Trinité plus isolée qu'elle ne l'aurait voulu et encore plus impuissante qu'indépendante. Il est vrai que lorsque GeoflTroi de Chartres s'occupait d'un procès pour donner raison aux adversaires du monastère , les récriminations de l'abbé étaient plus vives encore. Le prélat fut accusé par Geoffroi de Vendônie d'ignorer la science canonique, de contrevenir à la volonté pontificale, et d'être la cause de lamine de l'abbaye'. L'affaire se terminait toujours par la menace d'un appel à Rome ; l'abbé se donnait raison d'avance en exaltant le pouvoir du Saint- Siège, et en dénigrant son adversaire. Un abbé mitre valait bien un évêque sans mérite tel qu'était Geoffroi de Lèves', que l'Église romaine avait bien voulu tirer du néant* et qui ne savait montrer aucune reconnaissance pour les bienfaits qui lui avaient été accordés ^
Voilà quel était le ton que Geoffroi, abbé exempt, mit en usage dans ses relations avec le diocésain de Chartres.