‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 421 sur 509 · G. Vind. ep., I · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., I

7. Cf. Ruinart: VU. Vrb., ch. 329, et Mabill. Ànn, Ben., V, 401

pontificale touchant ce que l*expression du temps appelait le rachat des autels^. On entendait par là le droit dû par les moines, propriétaires d'une église, à Tévêque qui tolérait cette possession monastique, et qu'ils devaient acquitter à chaque mutation du desservant de l'église *. Cette coutume n'était, comme on Ta remarqué, qu'une imitation du rachat des fiefs lors des mutations de seigneurs. Les congrégations supportaient impatiemment cette charge, qui impliquait pour elles une propriété subordonnée à l'agrément épiscopal. Elles avaient obtenu d'Urbain II qu'il déclarât au concile de Clermont cette redevance simoniaque et abrogée *. Cependant le pape n'avait pas enlevé aux évêques les autres droits ordinaires qu'ils retenaient sur toutes les paroisses de leurs diocèses ; privés du droit de mutation, les évêques avaient aussitôt imaginé de compenser la perte matérielle qu*on leur infligeait par la création d'un nouveau cens annuel qui leur serait payé par les moines propriétaires de cures paroissiales. En somme, ce cens était l'équivalent de l'ancien rachat des autels, avec cette difi'érence qu'il était plus avantageux

1. V. sur cette aiîaire : LivoUy Singularités historiques et littéraires (Paris, 1738), t. I, p. 392. Cf. Hist, littér. de laFrance.X. Xr, p. 204, et XII, p. 302.

2. Un exemple très curieux de droits de mutations est contenu par le cartulaire de Vendôme, p. 97, n. 107 mod. : « CI. De vicaria S. Mariae de Biparia. Altare ecclesiae S. Mariae de Rivaria, Odericus abbas et monachi S. Trinitatis comparaverunt a domno Arnuifo archiepiscopo Turonensium X nummorum libris tenendum ad vicarios duos, quorum j)rior nominatus est frater Albertus monachus praedictae congregationis, qui cum obierit, substituetur alter pro ipsis X libris quemcumque eliget abbas et congregatio monachorum S. Trinitatis. Illo quocjue defuncto postea pro alio vicario restaurando dabunt monachi C solidos archiepiscopo qui tune in cathedra Turonensi sedebit et siniiliter postmodura in reliquum tempus quotiens altare illud apertum erit, solummodo C solidos in ejus redemptionem dabunt, et amplius ab eis non requiretur, sed tali pacto tenebunt illud *in perpetuum per substitiones vicariorum pro C solidis, quandiu ecclesia illa in eorum ditione permanebit. »

3. Le pape prétendit que cette coutume impliquait une véritable vente « ...ecclesiae vel decimae, quae vulgari vocabulo apud eos altaria nuncupantur, monasteriis datae, saepius ab episcopis sub palliata avaritia venundari solebant, mortuis nimirum clericis quos personas vocant. » (Ms. lat., 10402, f. 81 r«). Cf. la lettre de Pascal II à Ives de Chartres et à Ranulf de Saintes. Rec. des Hist, de Fr,^ t. XV, p. 19.

pour Tépiscopat, puisqu'il était annuel et la source d un revenu constant.

Les congrégations s'aperçurent qu'elles étaient jouées, que le décret pontifical était tourné, et que les droits épiscopaux se maintenaient intacts. La question était alors de réussir à prouver que la mesure d'Urbain contenait implicitement la reconnaisance de l'autonomie des cures détenues par les moines, à l'égard de Tautorité diocésaine. Ce fut le çujet de la discussion entre l'évêque d'Angers et l'abbé de Vendôme. Ulger avait imposé le cens annuel aux congrégations qui possédaient des églises dans son diocèse. Il se trouvait que les Vendômois y étaient maîtres de plusieurs édifices ecclésiastiques * ; ils acquittaient donc une somme considérable qu'ils tenaient pour injustement perçue. Geofiroi protesta contre cet état de choses auprès du légat pontifical Girard d'Angoulèrae, et plus tard auprès du pape même. De son côté, Ulger, poussé par son archidiacre Ricliard', engagea tout le clergé angevin dans la lutte en réunissant un synode qui blâma l'abbé de Vendôme d'avoir osé citer l'évêque devant le légat. Toutes les possessions vendômoises du diocèse furent mises en interdit, en vertu de la prérogative qui était laissée à l'évêque. C'est pour se plaindre de la conduite d'Ulger et exposer la justice de sa propre cause que Geoff*roi écrivit à l'évêque. Il y rappelait avec la fierté d'un grand souvenir qu'il était présent au concile de Clermont, lorsque furent prises les décisions sur lesquelles on discutait et qu'Ulger n'y était point. Mais il comptait surtout sur un appel à Rome pour triompher de son adversaire ; <c quoique, disait-il, je sache bien que vous méprisez le Saint-Siège autant que vous faites ses légats». Suivant la coutume, il exécuta sa menace qui produisit son effet. Honorius écrivit une lettre à l'évêque d'Angers où il lui ordonnait de restituer les églises, cens- et oblations dont il avait privé les moines

1. V. sur ces possessions la confirmation de l'évêque Renaud: D. Housseau, IV, n. 1436. « ...ecclesiam de Sallia, ecclesiam de Lalrro, ecclesiam de Cella, ecclesiam de Avirio, ecclesiam de Sancto Saturnine, ecclesiam de Congreto. »

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