Intolerabili juge Vindocinensis monasterii
2. Les circonstances de l'élection de Renaud ont été étudiées par M. Hauréau : Une élection d'évéque au xii« siècle, (Rev. des Deux Mondes, l" août 1870, p. 548, sqq.)
3. Cf. G. Vind. ep., IV, 8. a Ilîum utique ultra modum malitiosum esse, a puero fama referente didicimus, et ex parte cognovimus. »
ce fussent les véritables. Suivant Tusage, lorsqu'il s'agit de remplacer Geoffroi de Mayenne sur le siège épiscopal d'Angers, les chanoines de l'église cathédrale envoyèrent aux principaux prélats de la région une lettre pour les inviter à Télection du candidat. Geoffroi de Vendôme reçut une de ces convocations, dont le texte a été conservé' ; mais quoique l'abbé se fût déjà résolu à prendre une grande part dans cette affaire, il refusa de se rendre à Angers, donnant à entendre que ce voyage l'exposerait à des risques qu'il n*osait affronter*. Néanmoins il assurait le doyen Etienne, le chantre Hubert et l'archidiacre Garnier, dont il tenait l'invitation, de son appui pour le candidat qu'ils auraient choisi. C'est qu'en effet ces ecclésiastiques avaient une volonté très ferme, connue de Geoffroi, et qui était de s'opposer à l'élection de Renaud de Martigné. La plus grande partie des laïques de la ville étaient pour Renaud, à qui on pouvait à la vérité reprocher de n'avoir point atteint les trente années d'Age requises pour roccupation d'un siège épiscopaP. Mais c'était là le seul défaut que présentât sa candidature, et à cette époque cette sorte d'obstacle était aisée à aplanir*. Peut-être les adversaires de Renaud pensèrent-ils que par le patronage qui lui était accordé, le futur évèque céderait trop dans la suite aux prétentions des laïques; c'était, on l'a déjà vu, une des plus grandes préoccupations des amis de la réforme ecclésiastique que de s'opposer à ce qui pouvait subordonner la société religieuse à la société temporelle*. C'est de cette manière que l'abbé Geoffroi exposa la question dans sa correspondance avec ses alliés en cette affaire: Guillaume, abbé de Saint-Florent, et Bernard, abbé de Saint-Serge. L'auteur se refusait par indignation à citer le nom de leur adversaire^ ; il traitait Renaud d'homme
1. V. Mabill. Ann. Ben., V, 439. — Geoffroi n'était pas abbé du diocèse d'Angers, mais l'annexe de la Trinité à Angers était plutôt une maison-sœur de celle de Vendôme qu'un prieuré ordinaire. De plus Geoffroi était de famille angevine. Cf. Hauréau, p. 553.