‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 424 sur 509 · G. Vind. ep., IV · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., IV

rusé et extraordinairement méchant* ; il attribuait son élection à la simonie et évoquait à propos de la simonie toutes les vieilles peurs religieuses : l'abomination dans le lieu saint prédite par le prophète, le mystère d'iniquité et le commencement du règne du fils de perdition ^ De quoi, disait-il, nous sert-il de prier, de jeûner, de nourrir les pauvres ou de faire quelque autre bonne œuvre, si nous hésitons à repousser loin de nous rhérésie simoniaqne? — Dans une autre lettre adressée à Tabbéde Saint-Florent et à Guillaume, archidiacre d'Angers', Geoffroi les poussait encore plus à ne pas permettre « que réponse de Dieu devînt la concubine du monde S) et à ne pas faiblir dans la cause contre Renaud. 11 leur promettait son appui et celui de Tabbéde Saint-Serge, et il les exhortait à ne pas redouter que leur opposition n'entraînât la perte de leurs biens temporels.

La conspiration contre Renaud et son parti était en eflfet assez puissante et ses auteurs assez résolus, pour qu'ils crussent pouvoir prendre les devants en engageant les hostilités par des moyens violents. L'évêque de Rennes, Marbode, qui soutenait la candidature de l'adversaire do Geoflfroi, fut arrêté au moment où il se rendait à Angers pour l'élection épiscopale, dépouillé et emprisonné. L'abbé de Vendôme, qui fut désigné par une partie de l'opinion publique comme l'auteur de ces procédés sommaires, crut devoir protester contre l'accusation portée contre lui*. Au demeurant, ces moyens ne servirent qu'à montrer que, si l'intervention laïque usa de formes peu canoniques pour triompher, le parti des chanoines et des réformistes intransigeants était moins scrupuleux encore sur la manière d'agir. Il ne faudrait point davantage croire que tout le clergé fût opposé à la nomination de Renaud, quoique celui-ci ne comptât guère que des ecclésiastiques parmi ses adversaires. Tel évêque, comme Hildebert du Mans, n'approuvait point cette candidature, mais tel autre, comme Marbode, avait des désagréments pour l'appui qu'il y donnait,

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