G. Vind. ep., III
La confirmation de l'élection de Renaud, pour laquelle il fallait Tassentiment de la moitié des diocésains de la région ecclésiastique pour le moins, se fit sans difficulté. A la vérité, l'élection dut tant aux acclamations populaires que ceux qui étaient mécontents du fait accompli purent la représenter comme entachée d'un défaut de pression illégitime.
Le droit ecclésiastique faisait toujours une part au peuple dans les élections épiscopales, mais cette part se réduisait à l'approbation de la candidature désignée par le clergé ^ . Le peuple, dit Hildebert, évêque du Mans, n'a pas le droit de précéder le clergé dans une élection, il n'a qu'à confirmer le choix de ceux qui élisent*. Le sentiment de Geoffroi de Vendôme était aussi que les clercs et évêques avaient une autorité particulière en cette matière ; il n'acordait aux laïques que le droit de faire connaître leur désir touchant la candidature. i< Ils peuvent, disait-il, souhaiter une élection, ils ne peuvent pas la faire'. » Il arrivait néanmoins que le peuple se refusât à confirmer le choix du clergé et qu'il cherchât à imposer un candidat qu'il désignait. Ce fut le cas pour Renaud. L'intervention populaire se fit par la foule avec une certaine violence, tellement que les adversaires de Renaud se refusèrent de reconnaître pour légitimes et permises ces démonstrations. Aussi l'abbé Geofi'roi, dans une lettre acerbe à Tévêque d'Angers, a-t-il eu soin d'établir une opposition entre le peuple sérieux et réfléchi*, et la populace insensée, qui, dit-il, a agi.
« Vous avez dit au frère Hamelin, écrit Geofiroi, que j'avais fait mon possible pour nuire à votre élection. Il a plu à votre grandeur de parler ainsi ; ma petitesse se contente de trouver mauvaise une chose qu'elle sait contraire aux règles canoniques et aux constitutions des saints pères... Tous ceux qui y avaient voix ont été opposés à ce que vous appelez votre élection, et cela très justement, puisque c'est malgré leur avis et leur volonté que la foule vous a arraché pour vous nommer