‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 426 sur 509 · G. Vind. ep., III, 11 : « plebis maturitas · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., III, 11 : « plebis maturitas

évêque. Votre titre, c'est une émeute faite par des présomptueux et des méchants qui vous l'a donné. Je ne peux ni ne dois cacher ce que j'ai vu et entendu. Dans cette affaire, vraie conspiration de la foule, et que vous cherchez à faire passer pour une élection, le droit, étouffé par la force, s'est tu\... La légèreté et la vanité triomphant des prérogatives d'un peuple sage, d'un clergé honnête, voilà l'origine de votre nomination ; remerciez-en une certaine comédienne, fille publique, qui vous acclamait si chaleureusement*. Vous ne vous êtes pas introduit dans l'épiscopat, conclut Geoffroi, par la vraie porte ; vous avez violé l'entrée de vos fonctions grâce aune poussée populaire. »

Les adversaires de Renaud se flattaient d'empêcher au moins sa consécration'. Cependant le choix fait par la minorité ecclésiastique et par la ville d'Angers fut confirmé par l'archevêque de Tours, malgré les efforts de Geoffroi de Vendôme et de l'évêque du Mans Hildebert, qui traitait cette consécration d'exécration*. Renaud acheva de mettre sa situation en règle par la réception de l'investiture laïque des mains du comte d'Anjou.

Battu, Geoffroi s'efforça d'en prendre son parti. Il écrivit une lettre fort polie à Renaud pour le féliciter de son avènement*. Bientôt même il alla jusqu'à demander à l'évêque de prendre le parti du monastère contre les prétentions de Foulques V*. Mais la conduite de l'abbé au moment de l'élection de Renaud ne pouvait aisément s'oublier'; il est vrai que l'abbé lui-même gardait plus de ressentiment de son échec que l'évêque des attaques qui avaient été faites contre lui.

1. « In illa siquidem actione, imo vulgi conspiratione, quam pro electione reputatis, lex velut inter arma siluit. »

Page 1