G. Vind. ep., III
un moine vendômois habile dans Tart de la construction, Jean dit le Maçon \ On a déjà exposé cette affaire qui ne montrait pas que Geoffroi fût fort aimé de ses subordonnés ; mais les torts étaient du côté de Tévêque. D'autres différends moindres s'élevèrent entre Hildebert et Geoffroi. L'abbé se plaignait sans cesse qu'Hildebert ne remplissait pas envers lui tous les devoirs de sa charge épiscopale. Ainsi, sous prétexte que les moines de Vendôme se sont montrés intraitables envers un de leurs adversaires, Hamelin de Montoire, excommunié par le légat Girard d'Angoulême et par l'érêque même du Mans, les prêtres manceaux rendirent la communion au coupable, et Hildebert ne s'y est point opposé. L'abbé proteste contre cette indulgence illégitime*. L'abbé avait tenu une conduite semblable avec Ulric de S. Calais, qu'il avait excommunié avec sa suite pour avoir dévasté une terre de l'abbaye, mais la sentence prononcée contre ces chevaliers avait été levée avant que le monastère n'eût reçu satisfaction pour les torts soufferts*. Néanmoins, il était heureux pour les moines qu'en de pareils cas l'évêque voulût bien prendre en main leur cause, son autorité étant celle qui pouvait le mieux s'opposer aux actes de violence si fréquents à cette époque. C'est ainsi que Geoffroi demande à Hildebert de contraindre Pierre de Chaources et ses gens à faire réparation pour une attaque contre un moine de Vendôme qu'ils ont rencontré, jeté à bas de son cheval et spolié^.
Autant cependant l'abbaye devait au pouvoir épiscopal, aussi peu elle lui rendait. Les embarras intérieurs d'Hildebert étaient grands par la situation troublée de son diocèse et son indulgence naturelle n'était pas du gré de l'abbé Geoffroi lorsqu'elle s'étendait aux adversaires de la Trinité. Aussi, quoique Hildebert rendit de nombreux services au
1 . « Johannes Caementarius ». — Ce moine était probablement architecte plutôt que maçon; une fois son concours obtenu pour la direction des travaux, il put être nécessaire à l'évêque de le conserver. V. sur cette affaire et les travaux de la cathédrale du Mans, Déservil- 1ers, p. 221, sqq.