GEOFFROI ET LES ÉVEQUES DE SAINTES
Par la libéralité d'Agnès, fondatrice du monastère, la Trinité tenait quelques-unes de ses dépendances les plus importantes dans le diocèse de Saintes. L'abbé GeoflFroi fut en rapport avec trois prélats qui occupèrent ce siège, Ranulf, Pierre de Soubise et Pierre de Confolens *. Ces relations furent analogues à celles qu'il entretint avec les évêques de Chartres, d'Angers et du Mans. Plusieurs des questions débattues étaient d'un intérêt très restreint. Peu patient, l'abbé se fâcha du retard que l'évêque Ranulf mettait à juger un chevalier pillard, GeoflFroi de Tonnay^ Une aflTaire plus importante et surtout plus longue, fut un procès entre la Trinité et le chevalier Ebles de Châtelaillon ; le duc d'Aquitaine y fut impliqué et le Saint-Siège dut finalement y intervenir ^ D'après l'abbé de Vendôme, l'évêque Ranulf eut le tort de lever l'excommunication prononcée contre Ebles sans que celui-ci eût accordé satisfaction raisonnable à la Trinité. Dans un autre désaccord, survenu entre GeoflFroi et l'abbé de Saint-Jean-d'Angély, Ranulf ne se rendit pas plus agréable à la congrégation vendômoise, pour avoir proposé de trancher le diflférend à un moment où GeoflFroi ne pouvait se présenter devant le tribunal épiscopal*. L'abbé prétendait aussi devoir être remis en jouissance de l'objet de la contestation, avant de pouvoir accepter un jugement sur la matière*.
1. Ranulf de t083 à 1105, Pierre de Soubise, de 1107 à 1117 et Pierre de Confolens, de 1117 à 1127.