‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 444 sur 509 · G. Vind. ep., III · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., III

bonne disposition ; il dut se passer de serment et se taire \ Les pontifes romains n'avaient pas souvent de ces petits désagréments qui arrivaient tous les jours aux évêques pour la profession abbatiale.

L'épiscopat n'était pas seulement mis au service des congrégations exemptes et impuissant sur elles, mais sa considération était aussi très amoindrie. On a vu que Tabbé de Vendôme ne marquait pas beaucoup d'estime pour la conduite des représentants de cette dignité. La religion par excellence était la vocation monastique. Les papes, qui alors étaient le plus souvent d'anciens moines, le disaient bien aux évêques. Pascal II, enjoignant aux diocésains de protéger les religieux de Cluny, leur écrit: « Il vous les faut aimer, sauvegarder et favoriser, afin que grâce à vous ils puissent servir le Seigneur avec plus de tranquillité. Quanta vous, qui êtes dans le tourbillon changeant des affaires de. ce monde, poursuivez par eux la grâce du Dieu tout puissant et du siège apostolique."» Ainsi les congrégations monastiques montraient la voie de la sainteté, et les membres de l'Église séculière n'avaient qu'à les y suivre^

Il y avait donc beaucoup de mérite à être moine et beaucoup de profit à être moine exempt. Chaque abbé voulait affranchir sa communauté et s'affranchir lui-même; la chose était trop aisée et trop avantageuse pour qu'on ne la tentât pas. Le mot d'un abbé dépeint vivement l'état où se trouvait alors une partie de l'Eglise : « Ce sont vraiment, dit-il, de bien pauvres abbés, et bien misérables, que ceux qui ne savent pas anéantir la puissance épiscopale, quand pour une once d'or par an, on peut obtenir un plein affranchissement^! » Mais comme il n'était nullement du goût des évêques d'être ainsi anéantis, ils répondaient en montrant le plus de mauvaise volonté possible aux représentants de l'Église régulière. Ordéric Vital, en parlant du concile tenu à Reims en 1 1 19, où il fut beaucoup question des privilèges de Cluny, dit que le

1. Petrus Casiriensis, IV,' 95, cité par Watterich, Yitae Romanorum pontipxum, II, 163... « Qua ratione accepta, Papa conticuit. »

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