CHAPITRE XXIV
LES LÉGATS POiNTIFICAUX ET l' ABBAYE DE VENDOME
Entre les vieilles dignités ecclésiastiques et le Saint-Siège s'étaient interposés des offices nouveaux ; ils étaient le produit de la grandeur croissante de la papauté, et les congrégations religieuses avaient à compter avec eux comme le reste de rÉglise. Les plus importants de ces fonctionnaires romains étaient ceux qui avaient la charge de la légation.
Comme tout ce qui touchait à Rome, la dignité des légats pontificaux avait beaucoup crû pendant le xi* siècle. Leur autorité ne s'était d'abord portée que sur les causes d'une importance extraordinaire, ou sur les appels des jugements épiscopaux; elle s'étendit à des matières plus générales lorsque le pape prétendit devoir gouverner par lui-même toutes les églises chrétiennes \ Les légats l'y aidèrent en exerçant comme ses mandataires un contrôle plus constant et plus étroit sur les évéques. Ils étaient véritablement les créatures et les représentants du souverain pontife. Les termes par lesquels Alexandre II présenta aux métropolitains de France son légat Piern». Damien, évèque d'Ostie, marquaient bien l'autorité qui était dévolue à ce fonctionnaire. Le pape écrivit : « Nous avons commis à ce prélat la plénitude de nos prérogatives afin que tout ce qu'il décidera en France avec l'aide de Dieu soit tenu pour ferme et assuré, de même manière que si ce jugement avait été prononcé par nousmême*. » — Alexandre ajoutait qu'il voulait que son déléo-ué fût reçu comme lui-même, et avec tout le respect dû à un pape. Il fallait qu'on obéît humblement au légat. C'était donc un grand personnage que ce fonctionnaire, et une nouveauté