‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 449 sur 509 · Hec. Hist. Fr., XIV · texte numérisé non relu

Hec. Hist. Fr., XIV

que la réunion de tous les pouvoirs dont il était investi. Mais dans la pratique il s'en fallait que Tinstitution ainsi étendue fût toujours bienfaisante et efficace. La principale raison de ceci était la même que celle qui rendait Tabus des appels à Rome funeste ; c'était que les légats, étant très souvent par leur origine étrangers aux intérêts qu'ils prétendaient régler, n'avaient ni le loisir ni la connaissance qui eussent été nécessaires pour trancher les difficultés avec quelque intelligence. Ives de Chartres n'était pas toujours admirateur des procédés ponliiicaux, et il signala cette cause au Saint-Siège. « Vos envoyés, dit-il, qui ne font que passer au milieu de nous loin de pouvoir porter leur attention sur ce qui la mériterait, ne savent môme pas distinguer ce qui en est digne \ » L*évêque demanda que ces fonctions fussent confiées à des prélats fran(;ais, en demeure dans la région, qui pussent s'occuper de leur charge aussi utilement pour leurs administrés que pour les intérêts de la cour de Rome. Cette mesure était avantageuse. Au demeurant, quelle que fût la valeur réelle de leur action, les légats étaient toujours puissants et grands par celui qu'ils représentaient.

Il semble que l'abbé exempt de Vendôme dût professer beaucoup de respect pour un dignitaire qui tenait d'aussi près au Saint-Siège que le légat, et qu'il convenait de recevoir, d'après les paroles d'Alexandre II, « avec tout le respect dû à la personne du pape* ». Mais les fondateurs de l'abbaye n'avaient pas laissé au chef de la congrégation, ni au légat, la liberté de la conduite à suivre dans leurs relations, et les devoirs du monastère envers le délégué pontifical étaient fixés par les chartes de la Trinité. Voici en quels termes s'exprimait sur ce point l'acte de fondation : « Si par hasard il arrive au légat de l'Eglise romaine de visiter ladite possession de saint Pierre, il conviendra qu'on l'y reçoive avec toute la charité possible, et que les moines lui accordent tous les services matériels qui lui seront nécessaires. Mais le légal n'osera rien décider ou corriger par lui-même en ce lieu, ni en attaquer ou vexer l'abbé et les frères sous quelque

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