‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 457 sur 509 · G. Vind. ep., II · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., II

4. Cf. fragment d'une bulle d*Urbain II, pour la Trinité : « ... Ad indicium vero peracte hujus a Romana ecclesia libertatis, per annos singulos de moneta vestre patrie XII solidos Lateranensi palatio persol vêtis (Cart. de Vendôme, f® 7 mod., n« 7) — Le privilège de Clément II disait le cens établi en témoignage du rattachement du monastère; à Rome « ad raemoriam cognitionemque sempitemam » (GalL, Christ., VIII, 415). La redevance de Cluny était imposée «ad recognoscendum quod praedictum cœnobium sanctae apostolicae sedi ad tuendum atque fovendum pertineat. »

même les avantages matériels de la taxe prélevée par Rome font surtout penser à Tautorité temporelle et à la possession territoriale que la théorie de la fondation des monastères immunitaires, de leur concession à S. Pierre, et de leur exemption, attribuait au pouvoir pontifical. Les grandes abbayes du « patrimoine » du prince des apôtres payaient toutes cette redevance annuelle ou régulière : Vézelajr donnait une livre d'argent par an, Cluny, la somme de dix sous tous les cinq ans'. La Trinité, fondée plus tard et très prospère, dès son origine fut taxée à douze sous angevins par an : ce cens devait être porté de Vendôme à Rome, soit par l'abbé, soit par un délégué, et acquitté régulièrement au palais du Latran*. Au reste, quoique fixé d'avance, le montant de la redevance n'était imposé que comme minimum, les moines étant toujours maîtres de dépasser la somme de douze sous dans leurs envois. La charte de fondation l'indiquait bien : « L'abbé, disait-elle, ne négligera pas d'acquitter à Rome un cens d'au moins douze sous pour l'entretien des luminaires devant le vénérable corps du bienheureux Pierre, si toutefois il ne fait pas une plus grande largesse*. » Une latitude de cette sorte était un appel à la générosité des exempts.

Geoffroi montra qu'il pensait appartenir à l'alleu pontifical de pourvoir aux nécessités du Saint-Siège. Il ne s'en tint pas à la somme fixée et ce fut au grand profit de la cour du pape. « Au temps de mes prédécesseurs, écrivit l'abbé à Pascal II et à Calixte II, l'Eglise romaine pouvait à peine obtenir de nous le cens annuel de douze sous qui vous est dû. Je ne veux point me vanter, au contraire je le dirai comme action de grâces, mais je puis rappeler qu'avant votre avènement et de votre temps ma pauvreté a dépensé au service de l'Église de Rome plus de douze mille sous, valant cent marcs d'argent. Je l'ai fait par la seule aflection que je porte au

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