Cf. bulle de Calixte II (Migne, CLXIII
3. Charte de fondation : « ... Et si majorera caritatem non fecerit, censura saltera duodecim solidorum ad concinanda luminaria ante venerabile corpus beatissimi Petri, ibi persolvere non negligat. »
Saint-Siège et non pas par obligation V » Dans une lettre à Honorius II, écrite peu après l'avènement de ce pontife, Geoffroi s'excuse sur sa santé de ne pouvoir se rendre à Rome et annonce qu'il envoie quelques « marques d'amitié', » entendant peut-être par là une somme d'argent pour figurer la redevance annuelle'.
Ainsi les droits du Saint-Siège sur les abbayes comme celle de Vendôme avait un côté matériel important. Sans doute la souveraineté pontificale sur les biens des monastères exempts étaient surtout théorique. Le pape n'avait nullement avec ces propriétés les rapports qu'il avait eus avec les anciens patrimoines de l'Eglise romaine. Mais même en ce qui touchait la prospérité temporelle, la fiction de possession au profit de S. Pierre était avantageuse au Saint-Siège; le trésor pontifical se développait avec l'immunité des congrégations. La modicité de la rétribution imposée en reconnaissance de la domination romaine encourageait les monastères à se soustraire aux liens de la hiérarchie ordinaire-, « pour une once d'or par an, on obtient un plein affranchissement^ ». Une fois exemptes, les congrégations prospères ne manqueraient point de marquer leur reconnaissance à Rome par de plus grandes libéralités. L'argent affluait dans la ville de S. Pierre et les ennemis du pape prétendaient en apercevoir déjà les effets. Un écrit fort curieux d'un partisan de l'antipape Guibert'' prête à Urbain II et à son entourage une rapacité insatiable. L'auteur met en scène l'archevêque de Tolède qui, malgré ses vices, n'a encore pu obtenir du pape la légation d'Aquitaine; ce que veut Urbain, ce sont les reliques de S. Aubin et de S. Rufin, le satiriste désignant ainsi l'argent et Tor, le métal blanc et le métal rouge. « Muni donc de ces reliques absolument nécessaires, Tarchevéque entra dans la ville de Rome, et après avoir prié dans l'Église de S. Pierre