Pierre de Blois, ep
5. « Satyra schismatici cuiusdam Guibertini contra Urbanum papam II. » (Pflugk-Harttung : lier Ilalicum, pp. 439-452).
prince des apôtres, se dirigea vers Urbain. Mais ayant appelé à la porte du palais, il reçut du portier cette réponse : Si quelqu'un veut entrer auprès du pape, qu'Aubin (que l'argent) l'introduise, et il avancera en toute sûreté. Un n/)mmé Garsias, qui était venu par hasard avec Tarchevêque de Tolède, entendit cette réponse et dit en souriant : Pourquoi donc cette annonce n'est-elle pas affichée à l'entrée du palais et sur les côtés des portes, afin que les étrangers qui veulent approcher du pape puissent la lire et prendre connaissance de la coutume romaine * ? »
La a coutume romaine » était encore bien éloignée du développement que la fiscalité pontificale acquit par la suite. Néanmoins, il était déjà admis qu'une redevance pécuniaire fut le symbole de la « liberté romaine ». Les profits matériels venaient appuyer l'autorité spirituelle de la papauté sur les communautés exemptes ; comme ce qui concernait la propriété domaniale, cette autorité était établie et rég-lée par l'acte de fondation de la Trinité.
De même, en efi'et, que le pape était réputé au temporel propriétaire direct de l'abbaye de Vendôme, de même au spirituel il avait été reconnu pour son supérieur immédiat, sonévêque, son pasteur unique, son ordinaire en quelque sorte. Tout ce qui concernait les intérêts religieux de la congrégation était l'afl'aire propre du Saint-Siège, la Trinité étant « dans la maison » du pape. Un terme désignait cette situation des congrégations exemptes et de ceux que TÉglise romaine se rattachait par des liens étroits et une autorité directe. Ils étaient dits appartenir « particulièrement'^ » au Saint-Siège.
Cluny ^^^diriQu^ii partiadièrement à Rome, w Toi, abbé de Cluny, tu es le fils propre et particulier du pontife romain, » écrit le moine Hugues à l'abbé •Pons^ Quand Urbain II visita la France, il déclara à Cluny que l'objet de son voyage avait surtout été de réjouir par sa présence un lieu et une congrégation qui lui étaient rattachés par une parenté aussi
1. Pflugk-Harttung: Iter Ilalicum, Mtscellanea, n. 45 (Satire auf Papst Urban II unddie rômische Kurie), p. 440.