‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 468 sur 509 · V. la lettre 195 d'Ives et la lettre II, 11, de Geoffroi · texte numérisé non relu

V. la lettre 195 d'Ives et la lettre II, 11, de Geoffroi

opprimé, manquera encore moins à ceux qui sont ses gens* ». Geoffroi, « le moindre des serviteurs de TÉglise* », espérait de son dévouement au Saint-Siège la considération de l'Église entière"*. « Alleu de l'Église romaine, notre monastère recevait jadis les marques d'honneur et d'estime que lui portaient des évêques et des archevêques par amour et respect pour cette même Église*. «L'abbé et sa congrégation étaient intéressés à l'accroissement indéfini de l'autorité pontificale, non à lui poser des bornes infranchissables.

§ 2. V appel au Saint-Siège.

Les deux caractères de la congrégation de Vendôme, partie de l'Eglise universelle et dépendance particulière de l'Eglise de Rome, ne se sont jamais plus confondus que dans la pratique de l'appel au Saint-Siège.

L'appel était par nature une mesure extraordinaire ; ses règles ont souvent été exposées par les canonistes, et on peut voir par Ives de Chartres les formalités qui accompagnaient l'exercice de cette institution'. Malgré l'usage fréquent qu'on faisait de l'appel à Rome dès le commencement du xii° siècle, on ne pouvait dire que la suspension au moins temporaire des décisions de la justice ecclésiastique ordinaire ne fût une exception ; on recherchait volontiers l'appel ; on ne considérait pas que ce fut la solution normale et obligée des difi*érends religieux. Voilà ce qui était vrai du clergé soumis aux règles de la hiérarchie ordinaire. Mais les congrégations exemptes étaient autrement placées.

Les moines afl'ranchis ne relevant que du pape, il résultait qu'en invoquant le tribunal pontifical, ils se présentaient au jugement de leur supérieur hiérarchique naturel. L'appel à Rome semblait le seul mojen qu'ils eussent d'obtenir justice. La théorie d'afl'ranchissement faisait que ce qui était excep-

1. lï, 7, 9 : « ... oppressis omnibus et maxime domesticis suis, subvenire consuevit. »

3. 1, 8 : « Ut qui Romanam Ecclesiam diligant, et me diligant, » etc.

4. I, 15 : Lettre de la congrégation de Vendôme à Honorius II.

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