III
5. Les exemples de cette conduite se trouvent dans toute sa correspondance : plusieurs ont été rapportés dans l'histoire des relations de Tabbé avec l'épiscopat.
curieux est qu'il n'attend pas toujours pour cela le résultat de la sentence de l'ordinaire. Attaquant la manière dont révoque de Saintes a agi en une occasion, il lui fixe les conditions dans lesquelles il faudra que justice soit rendue aux Vendôraois : puis, sans savoir si ces propositions seront ou non acceptées par Ranulf, Tabbé conclut : « Ces dispositions ne doivent pas vous déplaire ; au cas où vous ne les agréeriez pas, j'en appelle au pape. Me reposant sur la grâce et sur Tautorité pontificales, je ne crains aucun ennemi. Salut dans le Seigneur, saint père *. » En fait, Tusage des appels en cour de Rome était pratiqué par Geoffroi à peu près de même manière que par les prélats nombreux qui cherchaient moins à intéresser le pape dans leurs affaires qu'à traîner les choses en longueur et à se soustraire aux suites d'un jugement défavorable. On avait donné un nom particulier à cette sorte d'appels, c'étaient les appellationes moratoriae^. Geoffroi n'échappa pas au reproche d'avoir recherché cet objet par sa grande facilité à s'adresser à Rome. Ives de Chartres, dans la sentence qu'il rendit sur la possession d'Oucques, dit que sa décision ayant déplu à l'abbé de Vendôme, celuici en appela au siège apostolique, « non qu'il eût confiance en la justice de sa cause, mais pour amener un délai dans l'exécution du jugement'. »
La confusion que la situation des exempts établissait dans le recours au pape, tellement qu'on ne savait si c'était un procédé ordinaire ou extraordinaire, et la cour apostolique un tribunal de réformation ou non, ne produisait pas seulement une très grande fréquence dans l'appel, mais une négligence des formes qui devaient en régler l'usage. L'évèque de Chartres a encore signalé cette sorte d'irrégularité chez l'abbé de Vendôme. « Geoffroi, dit Ives, a invoqué le pape en violant toutes les lois établies ; il ne s'est point adressé à nous pour que nous fissions part du sujet à celui qui devait prendre connaissance de la cause en appel ; il n'a observé ni le temps ni la marche à suivre, ni l'ordre des formahtés qu'on impose