‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 473 sur 509 · Iv. Carn. ep., loc cit · texte numérisé non relu

Iv. Carn. ep., loc cit

2. G. Vind. ep., III, 36 : « Appelle Romam, cujus fultus auctoritate nullius formido injuriam. »

venu à Rome, mais encore n'avait pas expliqué son absence par une excuse raisonnable* ». Les papes n*étaient donc pas toujours dominés dans leurs jugements par les revendications et les intérêts de la foule de leurs auxiliaires. Néanmoins les monastères immunitaires, en relations suivies avec la cour de Rome, appuyant ses ambitions, avaient la part belle dans les appels. Aider la papauté à empiéter sur les juridictions ordinaires, c'était pour eux s'assurer de nombreux succès.

On peut dire que l'empressement des papes à attirer à leur connaissance le plus de causes qu'ils pouvaient, n'était égalé que par leur incapacité d'en juger sainement. Ce qui était vrai de l'intervention des légats dans les provinces Tétait pareillement de l'action de la papauté à Rome. La meilleure volonté du monde était impuissante à empêcberles souverains pontifes de s'en remettre aux déclarations de ceux qui les entouraient de plus près, ou dont le mérite leur semblait le plus assuré; l'avantage était grand pour les congrégations affranchies. De là, la longueur des procès, les décisions contradictoires rendues par les papes qui se succèdent ou même par un seul pontife ; les déclarations fréquentes, et émanant parfois du Saint-Siège lui-même, que la justice apostolique s'est laissé surprendre. Ce résultat des appels à un juge étranger et éloigné se constate dans l'histoire de l'abbaye de Vendôme à cette époque; les phases du litige, déjà plusieurs fois signalé, entre Saint-Aubin et la Trinité en sont une preuve.

Le premier objet de la contestation fut la possession de Saint-Clément de Craon. L'affaire datait du temps de Geoffroi Martel, comte d'Anjou, qui s'en occupa vers 1058; elle fut portée devant son successeur peu après, puis déférée par l'abbaye de Saint-Aubin au jugement du pape Nicolas en 1061. Les Vendômois réussirent à faire approuver leurs droits sur Saint-Clément dans ces occasions. Les Angevins ne se découragèrent point ; ils voulurent exposer leurs revendications au légat Etienne lors du concile de Bordeaux, mais ce dignitaire jugea que l'affaire ayant été tranchée par le pape, ne pouvait être portée ailleurs qu'à Rome. Néanmoins le légat Giraud,

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