‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 474 sur 509 · Rec. Hist.Fr., XIV · texte numérisé non relu

Rec. Hist.Fr., XIV

évêque d'Ostie, s'en occupa encore à Paris et à Chartres, en 1072; aidé par l'évoque de Chartres, il donna quelque satisfaction aux réclamations des moines de Saint-Âubin et déclara que l'abbé de Vendôme accorderait deux cents livres angevines de dédommagement à ses adversaires pour jouir paisiblement de Saint-Clément de Craon. Cet accord ne fut point regardé comme satisfaisant par la congrégation de Saint- Aubin et en 1092 le pape, de nouveau sollicité, dut enjoindre à son légat Amat de régler le différend. Si Ton en croit le récit des moines angevins, le légat montra la plus grande partialité pour la congrégation de la Trinité ; parmi les religieux qui la représentaient au concile de Bordeaux, où se discutait la cause, on trouve un Geoffroi; peutêtre était-ce le futur abbé de Vendôme. La sentence d'Amat consacrant le droit des Vendômois, leurs adversaires protestèrent contre cette décision. L'affaire restant donc aussi indéterminée qu'auparavant, Urbain II appela les deux parties devant lui, après quelques nouvelles tentatives infructueuses de conciliation ; prenant un moyen terme, il laissa Saint- Clément à ses détenteurs, les moines de la Trinité, mais à la condition qu'ils en payassent la propriété par la cession d'une de leurs églises aux religieux de Saint- Aubin. Cette décision ne s'accordait point avec les sentences antérieures du Saint- Siège et de ses légats; en donnant au monastère d'Angers l'équivalent de la renonciation qui lui était imposée, elle admettait que les réclamations des adversaires de la Trinité n'étaient point sans fondement; les premiers jugements ne l'avaient pas reconnu. Aussi Geoffroi de Vendôme, devenu abbé, repoussa la sentence d'Urbain II ; il en appela à Pascal II déclarant qu'on (( avait trompé le seigneur pape Urbain de vénérable mémoire* ». Cette fois le pape ne fit que confirmer la décision de son prédécesseur, et décréta que si l'abbé de Vendôme cherchait à faire de nouvelles difficultés, ses réclamations seraient non avenues. C'est ainsi que la Trinité paya la possession de Saint-Clément de Craon par la concession d'une autre église, et que se termina un procès qui avait duré environ soixante ans, de 1058 à 1115. On y avait vu le Saint-

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