‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 477 sur 509 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

LBS VOYAGBS A ROME.

Rome, amoindrie et affaiblie, avait encore gardé à la fln du XI® siècle un merveilleux prestige sur les populations occidentales ; elle était toujours a la tête du monde entier* ». Les papes, par leurs efforts pour relever leur dignité et leur autorité, avaient servi la grandeur de leur ville, malgré les maux engendrés par la lutte qui résulta des prétentions pontificales. Saccagée parles Allemands et les Italiens, Rome n'en attirait pas moins à elle Taf&uence étrangère : « Tu n'es que ruines, Rome, et cependant rien ne t'égale encore^ », dit le poète Hildebert. Quand la société ecclésiastique était aussi importante qu'au XII® siècle, c'était une grande chose d'être centre du monde religieux. L'intervention croissante de la papauté dans les affaires de l'Église universelle établissait entre Rome et le reste de la chrétienté des relations toujours plus nombreuses.

Le voyage d'Italie était imposé à l'abbé de Vendôme'. En droit la consécration de ce prélat était réputée se faire à Rome. Le cens annuel du monastère devait être porté au Latran par l'abbé ou par son délégué. Enfin l'abbé de la Trinité était obligé de se rendre aux conciles réunis par le pape. N'eût-il eu d'autres occasions que celles-là de visiter la ville éternelle, il était presque assuré de la voir. Au reste l'abbé français n'était point entièrement étranger à Rome, puisqu'il y possédait une congrégation et une église \ Si donc

1. Pierre de Pise (dans Watterich : Vitae pontif. roman. , II, 8).

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