Hildeb. 0pp. ^ éd. Beaugendre, col. 1334 (De Borna
3. V. la charte de fondation et les confirmations pontificales.
4. V. plus loin ce qui concerne la possession de Féglise Saint- Prisque.
Geoffroi a tant de fois traversé les Alpes, ç*a été moins par Teffet d'un zèle pur que par devoir et nécessité. Cette obligation était une des matières où il payait son indépendance envers le reste du clergé par sa servitude envers le pape. « La volonté du seigneur pape me force d'aller à Rome^ », écrit-il. Lorsque Geoffroi de Vendôme se dispensait de Taccomplissement de son devoir, il pouvait redouter le déplaisir pontifical : il s'excuse ainsi auprès de Pascal II : « Je prie et supplie très humblement votre sublimité de ne pas se montrer indignée contre ses serviteurs, parce qu'il y a longtemps que je ne vous ai visité, très cher seigneur*. » A la
vérité, d'un autre côté, il semble que l'abbé fût aussi peu libre d'entreprendre le voyage à son gré que de le refuser sur l'ordre du pape. N'ayant pu une fois effectuer son départ à l'époque fixée, il dut demander au Saint-Siège l'autorisation de faire son voyage ainsi rétardé. « Que mon bon seigneur m'ordonne d'aller auprès de lui*. » On voit par la lettre que l'abbé écrivit à cette occasion comment le pontife romain envoyait parfois un délégué chargé d^escorter le prélat invité à se rendre à Rome.
Le devoir pouvait sembler lourd à Geoffroi. Le seul climat italien était une épreuve pour les pèlerins du nord de la France. Quoique l'abbé de Vendôme aimât à se déclarer prêt à verser son sang par fidélité pour le Saint-Siège, il ne goûtait point la pensée de succomber à la fièvre entre Vendôme et Rome. « J'ai craint, dit-il, les chaleurs mortelles de l'Italie. Jésus-Christ nous commande de porter notre croix, non de creuser nous-même notre fosse*. » L'ordre formel du pape ne changeait point les sentiments prudents de Geoffroi. « Le concile, écrit-il en 1123, se tiendra à Crémone, non à Rome, comme nous l'avions entendu dire. Aussi mon esprit est violemment troublé : la volonté du pape m'obligeant à assister à cette réunion, d'une part ; de l'autre les rigueurs de la saison et les difficultés d'une aussi longue route m'en détournant. Je sais qu'il faudrait négliger ces obstacles