LE CARDINALAT DE SAINTE-PRISQUE
Une dignité singulière possédée par les abbés exempts de Vendôme, c'était le cardinalat de Sainte-Prisque.
Elle leur avait été concédée en 1063 par Alexandre II. « Nous concédons aux abbés de la Trinité, disait la charte pontificale, Téglise de Sainte-Prisque et nous décidons par la volonté du Saint-Esprit, que personne, ecclésiastique ou laïque, ne pourra leur enlever cette église de Sainte-Prisque ou la dignité qui y est attachée ^ » Ce titre était celui de la prêtrise cardinalice. La Vie d'Arnoul, moine vendômois, établi à Sainte-Prisque et devenu plus tard évéque de Gap par la faveur d'Alexandre II, décrit ainsi la situation de Téglise : « Il y a près Téglise des bienheureux Pierre et Paul un édifice dédié à Dieu et à Sainte-Prisque, vierge et martyre, sur le mont Aventin ; il avait été donné au monastère de la sainte et indivise Trinité ^ » Trois ans plus tard, le pape donna encore aux Vendômois un monastère contigu à l'église de Sainte-Prisque, et qui dépendait de l'abbaye de Saint-Paul, à condition que l'abbé de la Trinité y entretiendrait douze moines pour le service divin \ C'est ainsi que se constitua une dépendance romaine de Vendôme. 11 est malaisé au demeurant de déterminer si le pape avait quelque projet particulier en gratifiant la congrégation exempte de ce don.
Cette possession n'influa guère sur les destinées de l'abbaye de Vendôme. Tant que les papes restèrent maîtres paisibles de leur cité, la petite colonie française recrutée parmi les