‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 5 sur 509 · Fuero General, III, iv · texte numérisé non relu

Fuero General, III, iv

ik.

INTRODUCTION XV

lionnée à Tétenducdes propriétés: par exemple, dans le cas où les (ils partagent l'héritage du père, ils doivent plusieurs péchas^. Notons encore que le villano ne peut entrer dans les ordres, parce qu'il frustrerait son seigneur de ce revenu. Il résulte des recherches de Yanguas que \esvillanos asaderos, qui n'avaient pour défoncer la terre qu'une bêche [azada] ne payaient que la moitié de la pécha ; les veuves bénéficiaient d'une réduction pareille ou même plus considérable. En Navarre, comme dans les pays de droit féodal, le sort du paysan était si intimement lié à celui de la terre, qu'il est le plus souvent impossible de distinguer les cens personnels des redevances réelles. La pécha était, si je ne me trompe, dans ce cas ; c'était un droit mi-personnel, mi-réel, que la famille des Navarrais servant à pied payait au seigneur pour sa terre '.

La valeur de la pécha variait suivant les communautés; un grand nombre de villages avaient obtenu des modérations qui s'appelaient/wero5.

C'est une fortune singulière que celle de ce mot, en qui se résument les aspirations patriotiques et la nationalité même de la Navarre, et qui a désigné jadis les dégrèvements permanents accordés aux localités.

Ces fiieros locaux furent très nombreux aux environs de 1200. Bien que l'on doive se garder soigneusement d'en exagérer la portée, le fait de ces concessions est Tun des plus considérables de l'histoire de Navarre à cette époque.

1. Fuero General, III, v, 16. — Par contre, il est des cas où le possesseur de deux domaines pecheros ne paie qu'une pécha. FuerOy III, IV, 11; III. V, 11, 12, 14, etc.

2. h'infanzon qui acquérait un fouds roturier perdait-il son immunité ? Yanguas pense que oui ; il ajoute que telle était peut-être la condition de ces individus appelés infanzones de abarca ; mais on me permettra de faire remarquer qu'il est bien improbable que ce soit le sens de ce terme, tandis que l'on comprend aisément qu'il ait pu désigner des nobles à pied. Au surplus, le For interdit aux infanzones proprement dits, aux cavaylleroSt l'acquisition de fonds soumis à la pécha*

XVl INTRODUCTION

Voici le fuero ociroyé, en 1192, aux habitants de la vallée d'Odieta \

[I]n nomine Domini Nostri Jhesu-Christi. Epo Sancius, per Dei gratiam rex Navarre, facio istam cartam de confirmamento de foro quod dono ad illos de valle Odieta. Notum sit itaque omnibus hominibus, tam presentibus quam futuris, quod placuit mihi et ideo libenti animo et spontanea voluntate conccdo et dono ad illos pro foro quod unusquisque illorum de valle de Odieta qui fossaderam * habcant ad dare per forum, det pro pecta unoquoque anno quinque solidos et VI arrobos de avena, ad festum sancte Marie de medio Augusto ; et unusquisque illorum de vale de Odieta qui mei villani proprii fuerint, qui cum jugo bestiarum teneat laborantiam, donet pro mea cena II solidos ; assadero det pro mea cena XII dcnarios : mulier vidua, sex denarios ; de mulieribus autem viduis stabilio quod ista mulier que est villana et tenuerit in sua casa hominem pro quo pectam habeat ad dare per forum, pectet tantum quomodo unus Homo de inter illos qui pectam habeat ad dare per forum : de illis autem viduis que non tenuerint in suas casas homines proquibus habeantad dare pectam integram per forum, mando quod II II vidue taies pectent tantum quomodo unus homo de inter illos qui pectam habeat ad dare per forum. Et unusquisque illorum de valle de Odieta qui sunt villanos solariegos' qui pectam habeant ad dare per forum donet pro pecta unoquoque anno^ ad festum sancte Marie de medio Augusto, II solidos VI dcnarios et III arrobos de avena. Et unusquisque illorum qui sunt solariegos, qui cum jugo bestiarum teneant laborantiam, pectet unoquoque anno pro mea cena XII denarios; assadero, VI denarios ; mulier vidua, III denarios. Kt omnes illi de Odieta, barones et mulieres, pectent unoquoque anno proassadura XXII solidos, et douent istos denarios et illos quos habent ad dare pro pecta supradicta pro mea cena ad festum sancte Marie de

1. Yaoguas a douné une analyse de ce privilège. Dicc, art. Odieta, t. II, p. 478.

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