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AUX REPRÉSENTANTS DU PEUPLE

EN MISSION À L'ARMÉE D'ITALIE le 12 août 1794.

Vous m'avez suspendu de mes fonctions, arrêté et déclaré

suspect.

Me voilà flétri, sans avoir été jugé, ou bien jugé, sans avoir

été entendu.

Dans un état révolutionnaire il y a deux classes, les suspects

et les patriotes.

Lorsque les premiers sont accusés, ils sont traités, par

forme de sûreté, de mesures générales.

L'oppression de la seconde classe est l'ébranlement de la

liberté publique. Le magistrat ne peut condamner qu' après

les plus mûres informations et que par une succession de

faits, celui qui ne laisse rien à l'arbitraire.

Déclarer un patriote suspect, c'est un jugement qui lui

arrache ce qu'il y de plus précieux, la confiance et 1' estime.

Dans quelle place veut-on me placer?

Depuis l'origine de la Révolution n'ai-je pas été toujours

attaché aux principes?

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