‹ Documents, discours, lettresChapitre 259 sur 268 · Sainte-Hélène, 26 mars 1 81 7 ; O'Meara · texte numérisé non relu

Sainte-Hélène, 26 mars 1 81 7 ; O'Meara

«Oi J'eusse envoyé un ambassadeur en Chine, a-t-il repris, je lui aurais ordonné de se faire instruire des cérémonies pratiquées devant l'empereur par les premiers mandarins, et si on l'exigeait, de s'y conformer, mais rien de plus. Peut-être allezvous perdre l'amitié de la nation et de grands avantages commerciaux par cette sottise.» J'ai fait observer à Napoléon que nous pourrions aisément forcer les Chinois à nous accorder des termes favorables, au moyen de quelques vaisseaux de guerre ; que, par exemple, nous pourrionsies priver tout-à-fait de sel, au moyen d'un petit nombre de croiseurs stationnés

convenablement. Napoléon a répondu : «Ce serait bien la plus grande sottise que vous eussiez commise depuis nombre d'années, que de faire la guerre à un empire aussi immense que celui de la Chine, et qui possède tant de ressources. Sans doute vous réussiriez d'abord, vous vous empareriez de leurs vaisseaux, et détruiriez leur commerce, mais vous leur feriez connaître leur propre force. Ils seraient forcés de prendre des mesures pour se défendre contre vous. Ils réfléchiraient et diraient: Il faut nous efforcer d'égaler cette nation. Pourquoi souffririons-nous qu'un peuple aussi éloigné fît ce qu'il lui plût contre nous? Construisons des vaisseaux, mettons-y des canons, et rendons-nous leurs égaux. Ils feraient venir, a ajouté l'empereur, des artisans et des constructeurs de France, d'Amérique, et même de Londres. Ils construiraient une flotte, et, par la suite, ils vous battraient.»

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