‹ Documents divers sur le Limousin;Chapitre 10 sur 100 · CHR<>K1QUE · texte numérisé non relu

CHR<>K1QUE

témoigner la joie et la satîsftu^tMm qu'ils peceraieDt ea apprenant que leur seigneur était honoré de ce tHra glorieux, s*étant mis sous les armes, firent deux compagnies, dont Tune était composée des bourgeois et Fautre des artisans, J*ai appris que cette réjouissance fut suivie d'un feu d'ar^ tifice qu*on fit, le soir, à la place publique.

En Tannée 1677, M. d*Urfé, évoque de Limoges, visitant le diocèse, passa à Brîgueil; il fut reçu dans une loge dressée à cet effet dans le carrefour au-dessous de la halle, où il fut complimenté par Louis Plaisance, curé dé Brigueil, et conduit sous un dais à Téglise où Ton chanta le Te Deum; après lequel cet évoque prêcha, puis donna la confirmation.

En Tannée 1679, au mois de décembre. Madame la maréchale d'Humière vint à Brigueil ; et le sujet de ce voyage était Thomicide commis en la personne de maître Joseph Roudareix, son procureur fiscal, qui fut tué sous la halle, d'un coup de pistolet, le 27 août 1677; et quoiqu'elle n'y séjournât qu'environ un mois et demi, elle ne laissa pas cependant que d'y réformer les abus, les désordres et les vexations qui s'y étaient glissés à cause de Téloignement des seigneurs, ce qui faisait que le crime était impuni et que l'innocence était bien souvent opprimée; mais afin que le châtiment exemplaire fut une marque de justice à la postérité, elle fit condamner et mettre à mort les coupables. Enfin, elle fit faire dans l'église les réparations dont il a été parlé ci-dessus. On remarque entre autres règles qu'elle établit celle par laquelle il ne fut plus permis d'inhumer les morts dans l'église de Brigueil (I). A son départ, elle fut

(1) L'habitude d'enterrer dans les églises les personnes qui y avaient droit de tombeau, ou celles qui payaient pour cela une certaine somme à ia fabrique, a existé dans le diocèse de Limoges jusqu'en 1776; à cette époque une défense fut faite à toutes les églises de continuer cet usage. La sépulture des paroissiens avait lieu dans la nef ou dans les chapelles, et celle des curés dans le sanctuaire des églises.

Malgré la défense faite par Madame la Maréchale, l'usage ne cessa pas entièrement. Les registres paroissiaux en font foi : Marguerite Vasiet, morte à Brigueil, à l'âge de 7i ans, fût inhumée dans l'église le 3 février 1741. Demoiselle Elisabeth Vasiet, flile dévote, morte à Brigueil, à l'âge de 90 ans, le 14 mai 1769, fut inhumée dans un des tombeaux de la fabrique situé devaut la chapelle de Saint-Etienne.

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haranguée par maître Etienne Vaslet, mon père, avocat en parlement. - -

En Tannée 1682, le 24 août, la jeunesse de Brigueil, qui était nouvellement sortie des écoles, voulut à Timitatton de toutes les villes du royaume, célébrer la naissance du duc de Bourgogne, et parmi les choses singulières qui furent faites pour cette solennité, elle y mêla la tragédie appelée le Cid, qui fut représentée au flambeau dans la grange nommée du Château, sur un théâtre orné de belles tapisseries^ Une foule extraordinaire de personnes y accourut de toutes parts, comme pour voir une chose nouvelle. On dit pourtant qu*il s*en était représentée une autre sous la balle, mais longtemps auparavant. La noblesse et même la plus distinguée du pays, y vint pareillement. Après que cela fut fini, les acteurs, accompagnés des hautbois et des violons^ furent à réglise, où Ton chanta le Te Deum; puis on fit un feu de joie à la place publique, ce qui se passa avec satisfaction générale de toute rassemblée.

En Tannée 1714, le lendemain de la fête de Saint-Martial, les garçons et les filles de Tâge de dix à quinze ans, déclamèrent des vers de piété sur un théâtre qui fut, à cet effet, dressé dans une grange, près du four, où il se rencontra un grand concours de peuple. Toute cette petite jeunesse, qui pouvait être au nombre de vingt ou environ, était magnifiquement habillée.

En 1719, le 19 janvier, madame la marquise de Mérinville (1), accompagnée de beaucoup de noblesse, pritsolen-

(i) La Marquise de Mérinville est Marie de Marsanges, fille de Guy de Marsanges. chevalier, baron de Montrocher, seigneur de la Forôt et de Marie Dreux de Monterollet^ qui avait épousé, par contrat du 17 janvier 1682, haut et puissant seigneur François des Monstlers, chevalier, marquis de Mérinville. Son fils qu'elle représentait à Brigueil était François-Louis-Marlial des Moubtiers, né au Fraisse le 9 décembre 1697, marquis de Mérinville, vicomte de Brigueil, etc., qui avait épousé, par contrat du 19 septembre 1718, Marguerite-Françoise de Jaucen de la Périère, dame vicomtesse de Brigueil, fille de Jean-Martial de Jaucen, écuyer, seigneur de Crosne et de Noisy-sur-Seine, vicomte de Brigueil et de Marguerite de la Live. Les armes de la famille des Monstiers sont : écartelé, aux i^^ et kfi (Vargeni à trois fcuces de gtieules; aux 9fi et 3» d*a%ur à deux léopards d'argent.

nellement possession de la terre de Brigueil au nom de M. le comte des Monstiers, son fils, et de Madame la corn-; tesse, son épouse, étant pourvue de leur procuration pour les représenter ce jour là. Toute la bourgeoisie étant montée à cheval, alla au-devant d'elle jusqu'au lieu de la Grange- Rouge ; la marquise y fut reçue avec toutes les soumissions et les bénédictions dont le peuple se put aviser. Elle logea dans la maison de maître Clément Vaslet, avocat en parlement; elle fut haranguée par maître Etienne Vaslet, avocat aussi en parlement; et la bourgeoisie de Tendroit eut l'honneur de faire la garde de nuit autour de la maison et dans la cour, où les seigneurs étaient logés.

En 1721, le 15 juillet, M. le comte des Monstiers et Madame la comtesse des Monstiers, son épouse, en grand cortège, accompagnés de M. le marquis et de Madame la marquise de Mérinville et de la plus illustre noblesse du pays, firent leur entrée publique à Brigueil, où ils furent reçus avec beaucoup de réjouissance et toute la magnificence due à des seigneurs aussi distingués. Les habitants s'étaient formés en trois compagnies, Tune de cavalerie où était la bourgeoisie au nombre de trente cinq, qui furent avec deux trompettes au-devant de ces messieurs, près du château du Fresse; la seconde d'artisans armés de mousquets; la troisième de paysans armés de fusils. Deux compagnies se trouvèrent au-delà de la forôt, vis-à-vis du village des Assis, où on leur fit une saluée de mousqueterie. Les fanfares des trompettes, mêlées au bruit des tambours et à l'harmonie des violons et des hautbois, firent là un agréable concert ; ensuite chacun prit son rang et on les conduisit avec un bel ordre jusqu'à Brigueil, à l'entrée duquel la cavalerie mit Tépée à la main; ils furent mettre pied à terre à la porte de l'Eglise, ety étant entrés l'on chanta le Te Deum. Ces préalables du cérémonial ayant été remplis, nos seigneurs furent harangués par maître Etienne Vaslet qui porta la parole au nom de tous les habitants. Ils logèrent chez M. Pierre de Bernon, sieur de Marand, le juge. Cette partie de lacérémonie étant achevée, toute cette illustre assemblée se rendit à la place publique où fut fait un feu de joie, qui dura jus-

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qu*à huit heures du soir; puis les seigneurs et dames furent conduits à leur hôtel, au bruit des trompettes et des tambours. On y fît plusieurs décharges de mousqueterie ; et Ton peut assurer que, dans cette occasion si intéressante, chacun s'efforça également de leur montrer le plus de zèle, dé respect, de soumission et de dévouement de fidèles sujets, devoirs qui ont toujours caractérisé les habilants de Brigueil envers les seigneurs. Il y eut un magnifique souper de quarante couverts et dix services bien remplis, où étaient plusieurs bourgeois. A la bonne chère succéda un bal solennel, des concerts et des divertissements les plus agréables. On fit, le second jour, du côté de la forêt, une partie de chasse où se trouvaient les dames. Le troisième ils partirent de Brigueil dans le même ordre qu'ils y étaient entrés, excepté qu'ils ne furent conduits jusqu'à la forêt que par deux compagnies, c'est-à-dire celle de cavalerie et celle des artisans. Il me reste encore à parler pour bien remplir mon cadre, des juges, des curés, des seigneurs et de la communauté des Filles de la Croix. Cette communauté des Filles de la Croix n'a été établie à Brigueil par lettres patentes du roi, qu'en 1717; mais on peut dire que son origine est d'environ vingt-cinq ans plus ancienne; elle doit son établissement aux dames Louise d'Hugonneau et Catherine Vaslet, ma tante (I), dont la mémoire à jamais doit être sainte et en bénédiction particulièrement parmi les filles qui composent maintenant cette société, pour avoir contribué par ses soins à leur bonne éducation pendant le temps qu'elles ont été sous sa discipline. Après avoir donné des marques de sa patience dans les douleurs d'une longue maladie, après avoir fait son testament, par lequel elle donna à la communauté tout ce que ses facultés lui purent permettre, elle mourut au mois d'octobre de l'année 1718, la quarante-cinquième de sa vie. J'établirais volontiers son mérite et les mortifications qu'elle a pratiquées, si par retenue de famille je ne me

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(1) A la fia du siècle dernier Tabbé Nadaud écrivait dans le Pouillé à l'article BrigneU : Sœurs de la Congrégation de la Croix, sorties de celles de Paris, fondées par Louise Hugonneau. Sont dix.

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croyais pas obligé au silence. Les biens de dame Louise d'Hugonneau aidèrent à former le fondement de la commanauté. Cette digne fille, sortie d'une bonne famille de Brigueil égar lement, fut» dès les premières années de sa jeunesse, pousr sée par un véritable zèle et animée des grâces du ciel» Elle renonça au monde pour se dévouer entièrement au servioe de Dieu et du public, en tenant une école où Ton enseigne les jeunes filles à lire et à écrire, et où en même temps on leur inspire avec beaucoup de soins les règles d'une bonne conduite. Il faut dire avec raison que Téta blissegient des filles de la Croix est fort avantageux pour Brigueil, soit que l'on regarde rinstruction des jeunes filles, soit que Ton considère rhôpital dont la communauté est chargée du soin et de Tadministration. Cet hôpital est une maison comme les autres de ce nom, fondée et dotée par la libéralité de quelques per-* sonnes pieuses et charitables pour servir d'asile et de refuge aux pauvres infirmes de la commune; il y a environ trente ans que le premier don a été fait pour son établissement. A tout cela il faut ajouter que cette communauté recevra des augmentations considérables, ou toutes les apparences sont menteuses et tous les bons présages sont faux. La bonne éducation et le zèle ardent des filles qui s'y sont sacrifiées et qui n'ont d'autre but que celui de remplir les devoirs de leur vocation toute sainte, en font foi journellement. Une singularité remarquable est qu'on a vu dans Brigueil cinq filles le même jour se ranger sous l'étendard de la croix et entrer avec joie dans cette voie 'étroite et laborieuse qui ne se termine que dans le ciel, c'est-à-dire l'une faire profession, et les autres quatre, d'un même &ge et portant le nom de Marie, prendre l'habit. Cette cérémonie, dont la mémoire doit être toujours conservée à Brigueil, à cause des singularités qui s'y rencontrent, se fit le mardi de la Pentecôte, 6 juin de l'année 1724, ans l'église avec grande solennité, et elle fut môme honorée de la présenoe de nos seigneurs. J'estime qu'il ne serait pas juste, en parlant de la communauté, de refuser l'éloge que mérite le sieur de Mallevaud, curé de Brigueil, pour avoir donné tous ses soins à cet établissement, d'autant mieux qu'il s'est disposé de

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tmitribuer mettre à son augmentation par des libéralités (I). Il Vécut toujours dans restime que lui mérita une probité sérère, et vaqua continuellement, «mix exercices de la cha* rilé. Toute la paroisse témoigna d'un eslréme regret à la Inort de cet excellât pasteur, et les tariM» et les sanglots qui retentirent de tous c6tés dans Téglise le jour de ses funérailles suffisent pour rendre un témoignage certain de cette vérité.

Telle est Torigine et tels sont les progrès de rétablisse* ment de cette communauté bien louable et dont les filles, remplies de piété, se vouèrent dès le principe au service des malades, au soulagement des pauvres, à Tassistance des mourants, à Tentretien de Fornement des autels et à Tinstruction des jeunes filles. L'on peut dire, sans excès de présage, que si son commencement a eu de bons principes, wn progrès sera suivi d'événements salutaires.

Suivant Tordre que je me suis prescrit, il faut parler des curés de Brigueil qui portent aussi le titre et la qualité d'archiprétres de Saint-Junien (2). C'est une charge qui les oblige d'aller tous les ans visiter les paroisses, et de rendre un compte exact à Monseigneur l'évéque des devoirs et des abus qu'il y ont reconnu, afin d'y rendre l'ordre, en y

(1) Voir, an peu pins loiu, ce qui se rapporte à ce ctoré.

(2) Le Pauillé de Tabbé Nadaad donne les renseignements suivants : BrigaeiM*ainé ainsi surnommé dès 1155, on l'asne, on Tancien. Brigolium, Brigolhes eu 1094.

Un arcbiprétré appelé de Saint-Junien en 1094, était annexée cette cnre dès 1^. Les Pouillés de I6i6 et 1648 disent qu'il faut être ctianoine, ou l'être drée nd effectua, et que le titulaire, personat ou office, tient la seconde place au chœur dans Téglise collégiale de Saint-Junien-snr-Vienne. L'arcliiprôtre y prit possession en 1571-1619. Mais ce droit n'a pas été conservé.

Pierre Coral, apud Estiennot, fragm. bist. T. n. p. 3, dit qu'Arvoras, Msorier de Saint-Martin de Tours, donna cette église et le château au mo* Basl^ de Saint-Martin les Limoges, vers Tan 1000.

La cure, qui avait 2.900 communiants [en ajoutant à ce chiffre un tiers pour les enfants non communiants, on trouve environ 3,070 habitants], était le siège de l'archiprétré de Saint-Junien. Sa fête patronnale était celle de Saint Martial de Limoges. Ce n'était pas le chapitre de Saint-Junien, qui nommait les titulaires de cette cure, mais Tévéqne de Limoges. On trouve des nominations laites par lui en 1515, 1516, 1531, 1559, 1571, 1573, 1574, mê, 17K» 1747.

appliquant le remède néces^saire. On ne peul remonter que jusqu'à cinq, dont voici l'origine et le nom, selon Tordre de leur succession. Le premier est maître Maurice Boutant t on ne connaît point sa naissance. Le second est maître Catherine Hudé sorti d'Asé, qui est un bourg en Touraine, lequel appartenait pour lors au seigneur de BrigueîL Le troisième est maître Louis Plaisance, qui était aussi du susdit bourg dWsé. Le quatrième est un autre Louis Plaisance, né à Brigueil. II semble qu*en parlant de ces deux Plaisance, Fonde et le neveu, on ne doive pas omettre une chose qui se passa à leur sujet et qui donna au monde un grand exemple de Finconstance de la fortune. Le récit en ^era peut-être utile et instructif pour quelques-uns. Louis Plaisance, après avoir desservi la cure de Brigueil pendant Fespace de plusieurs années, fut attaqué d'une maladie dont il n*espérait pas apparemment se relever, tellement qu^ayant résigné sa cure en faveur de son neveu, il recouvra ensuite sa première santé et non son bénéfice. Il ne laissait pas cependant de conserver un rang honorable dans Féglise, puisqu'il jouissait des mêmes prééminences qu'auparavant. Ainsi sa condition n*aurait pas été trop fâcheuse si le ciel, qui dispose de tout, n'en eût disposé autrement. Il arriva que peu de temps après, Louis Plaisance, qui était le résignataire, mourut; l'oncle lui survécut plusieurs années pour voir le bénéfice, dont il s'était démis en faveur de ce neveu qui n'était plus possédé que par un étranger. Mais en cette vie, qui peut être heureux sans le mélange de quelque infortune? Telle fut la fin de ce Plaisance, qui devrait servir d'exemple à tous les bénéficiers, et leur faire craindre de survivre à leur infortune. Enfin, le cinquième est maître Jean de Mallevaud, natif de la ville de Bellac, lequel conduisit son troupeau avec tant de zèle et de charité qu'on en peut souhaiter en la personne d'un pasteur vigilant qui donna, en toute rencontre, des marques de sa piété, de son application à tout ce qui regarde l'honneur du sacerdoce, du bon ordre et de la discipline dans sa paroisse (1).

(1) Jean Mallevaud, docteur eu théologie, archi prêtre de Saint-Junlen, était

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Venons maintenant aux juges, dont voici le nom de six tous gradués : le premier est maître Etienne Bonnet; le second, Pierre de Bernon; le troisième, Jean Robin, lequel était du bourg d'Asé; le quatrième, Joseph Fougère, natif de la ville de Pralif, en Touraine, dont M. le maréchal d'Humières était alors seigneur. Celui-ci, après six années d'exercice ou environ, se retira à Paris, d'où il envoya pour présent, en Tannée 1712, le tabernacle qui est aujourd'hui dans l'église; le cinquième est maître Etienne de Bernon (1), lequel a occupé cette charge pendant vingt-sept ans, et le sixième est Pierre de Bernon, qui est le troisième juge de ce nom, puisque son père et son aïeul exercèrent cette même judicature, dont il soutient maintenant la dignité avec non moins de suffisance que de probité (2).

Enfin îl ne me reste plus qu'à parler des seigneurs qui ont possédé la terre de Brigueil depuis cent soixante ans, en ça ou environ. Leurs noms sont messire François de

curé de Brigiieil ea 1609 et en 1725. — La, famille Mallevaud, qui habitait aussi Le Dorai, porte pour armes : d'argent à trois vires d'azur, au bâton de même péri en pal au centre de Vécu CXobiliaire du Limousin).

t' Messire Jeau-Baplistc de Cosuac, écuyer, prêtre, bachelier eu théologie, curé de Brigueil-i'Aiiié, et par la miséricorde de Dieu, archiprétre de Sainl- Junien, » 1731, 1732. (Fouillé, manuscrit de Nadaud. — PréfaceJ

Eu 1760, M. de la Place est nommé curé de Brigucil-rAiné (Fouillé de Mgr d'Argenlré). C'est probablemeut le même qui, sous le nom de Joseph Desplaces, curé de Brigueil -FAiné, se fait représenter .\ l'Assemblée du Poitou en 1789, par Julien-Louis Boret, chanoine de Notre-Dame de Montmorillou.

(1) Etienne Bernon, sénéchal de Brigueil pour la maison de Mérinville, seigneur de cette vicomte eu 1715, portait de gueules à quatre roses posées en pairie d'or. (Napoléon-Wyse. — Notice, page 147.)

(2) Si Pierre Vaslet avait donné le nom des notaires royaux de Brigueil. il aurait pu citer Denis Panis, qui mourut en 1570, et auquel succéda Jehan de la Jarrodie, nommé par Marie Stuart, « Royne d'Escosse, douairière de France, comtesse du Poitou,» le 4 janvier 1571. Cette nomination est publiée daus le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, XXXVUI, 418.

Plus tard on trouve Antoiue Yaslet, notaire royal à Brigueil, avant 1725. Martial Vaslet, notaire royal, mort à Brigueil, à Tâge de 40 ans, le 25 août 1729. Etienne Vaslet, notaire royal et procureur, mort à Brigueil à Tâgede 64 ans, le 7 pluviôse 1793.

Reillac (1), messire Bertrand de Reillac, qui ne laissa que deux filles : Françoise et Jaquette. L'aînée fut mariée à messire Christoffe des Monstiers, seigneur de Mérinville, qui est un des ancêtres de monseigneur le comte des Monstiers. Jaquette de Reillac» la seconde fille, épousa messire Louis de Crevant (2), seigneur de Singé, k qui la terre de Brigueil échut en partage, ou à ses enfants: messire Louis de Crevant, seigneur dWsilac et de Brigueil : autre messire Louis de Crevant, qu'on nommait le vicomte; messire Louis de Crevant, quatrième du nom,ducd*Humières grand-maltre d^artilierie, pair et maréchal de France. II laissa trois filles, dont Taince fut mariée à messire Charles d'OIefort, marquis de Surville, par qui la seigneurie de Brigueil fut possédée quelque temps. Une autre fille fut épouse de M. le duc d'Aumon, qui possède aussi, en qualité de seigneur, la terre de Brigueil, lequel la transporta à messire Jean-Martial de Jossen, écuyer, seigneur de Crône, de Noisl-sur-Seine, conseiller et secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances. I^ terre et seigneurie est à présent possédée par messire François-Louis>Martial des Monstiers, chevalier, seigneur de Château-Brun, baron de Monrocher, vicomte de Brigueil et capitaine de gendarmes de la reine, et par dame Marguerite de Jossen, son épouse. Il faut croire que leur domination, qui a eu de si heureux commencements, sera une domination de justice et de paix que Dieu continuera de combler de ses bénédictions.

La profonde antiquité de Brigueil aurait exigé de faire remonter bien plus loin la liste des personnages dont il se glorifie. Les chartes de pays voisins auraient peut-être pu fournir des documents à cet égard; c'est ainsi qu'en une d'elles on trouve que vers, 1091, Ramnulphe de Brigueil, abbé

(1) La famille de Reilbac porte : Paie d'argent et de gueule$ de dix pièces, (Nobiliaire da Limousin.) BertraDd de Reiihac, vicomte de Mérinville, barou de RoDgemont et de Brigneil, vivait en 1517. {Bulletin de la Société archéologique du Limousin. XXXVl, 492.)

(i) l4i Camille de Crevant porte : écartelé d'argent et d'azur. (Nobiliaire da LimoQsin.)

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du Dorât, était cinquième prévost de l'abbaye de Saint- Junien, titre fort important à cette époque et qui était comme lé marche-pied pour s'élever à Tévêché de Limoges ; mais mon but n'a été q^e de faire l'histoire qui m'était connue ou qui m'est parvenue par tradition de mes ancêtres.

H me semble à propos et même nécessaire de dire maintenant que c'est sans sujet et très injustement que l'on qualifie Brigueil du sobriquet d'Am;, car il s'y est toujours vu des gens fort studieuse, et quoique ce soit un petit endroit, il en est sorti, de notre temps, jusqu'à seize prêtres, dont la plupart étant fort savants et gens de mérite, ont été pourvus de bénéfices considérables. Il en est aussi sorti quatre religieux, trois médecins, et on y a vu depuis longtemps six gradués en droit; ce même nombre y est encore aujourd'hui, et il y a même un élu de l'élection de Confolens, qui est maître Jean Hugonneau, sieur de Boyat (1).

(i) Boyat est un village de la commaue de Brigueil.

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