‹ Documents divers sur le Limousin;Chapitre 8 sur 100 · GÉNÉALOGIE · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE

Mon bis-ayeul, nommé Théodoric, estoit né d'une ville nommé Yverte, en Germanie, au diocèse de Agripine que l'on dit à présent Coulongne, sur la rivière du Rhin, lequel possedoit en ce terroir un beau lieu appelé de Pirqués, dont qu'il lui estoit adapté par son cognon^ comme font aucuns nobles qui prennent leur cognon de leur seigneurie, qui fut conjoint par mariage aus une honorable dame nommée Margueritte Itangual, issue d'une noble et généreuse lignée d'antiquitté; desquelz par vray et légitime mariage issurent deux enfans : l'un nommé Jean et l'autre Euvard [Evrard],

qui fut mon ayeul. Jean, aus la compagnie d*un grand seigneur du pays, 8*en vint en Flandre, et fut marié aus une dame de la citté de Tournay. Mon ayeul se retira à Pariî, auquel lieu il versa aux études par aucunes années durant le règne du Roy Charles septième, qui estoit du temps que Jeanne la Pucelle, par vertu et puissance divine, repuisa les Anglois du royaume de France (i); et après le deceds d'iceluy Charles et que le Roy Loys unzième, son fils, se fust saisy du royaume, mon dit ayeul fut reçu au service de Jaques d'Armagnat (2), duc de Nemours, compte de notre région Marchique, Pair de France, au moyen de son industrie et experiances en Tart d'allimerit [d'enluminerie] , auquel art [et] autres louables exercises il était grandement de méritte, tant pour tirer à la main histoires de diverses façons, portraits aux vifs

(Le manuscrit cy-dessus est finy, le surplus ayant esté déchiré et rompu. Il est sans difficulté qu'il a esté écrit entour Tannée 1560. J'ai le testament dudit Evrard d'Espingues qui la fait en 1 194, dans la liasse de la généalogie des Evrard (3).

Suivent les deux mentions que voici :

(i) De 1421 â 1431.

(2) Jacques d'Armagnac fut comte de la Marche de 1471 à 1477.

(3) M. P. de Cessac a publié le commencement d'une requête présentée par la veuve d'Evrard au comte de la Marcbc, peu après 1494. Cette pièce achetée par Bosvieux, en 1861, à Clermont-Ferrand, manque dans son fonds déposé aux archives de Limoges. On n'y trouve que la transcription des premières lignes. La veuve de l'enlumineur s'adresse à

< Très Haut et très puissant prince et mon très redobté [seigneur], monseigneur le duc de Bourbon et d'Auvernhe, conte de Clermout et de la Marche.

c Supplie très humblement vostre humble et très obéissante subjecte et

servante Gabrielle de Montb pauvre gentilfemroe vefve de feu Eurard

Despingues, habitant et demourant en vostre ville d'Ahun [en] vostre coûté de la Marche, en vous humblement expousant que peust avoir cinq à six mois que soud. feu mary est allé de vie à trépas et soit ainsi que feuMons'*le duc de Nemours, que Dieu absoille, eust donné et octroyé aud. feu Eurard et à lad. suppliante sa femme pour aucuns bons et agréables services qu'il luy laisoit chascun Jour de son mestier de enlumineur et qu'il e^peroit qu'il feroit le temps advenir, luy donna et aultroya en contratz de mariage la some de quarante L. T. et vingt sesthiers seigle et quatre sesthiers froment mesure de

Pour se conformer à Tédit donné à Marly au mois de mai 1765, concernant les maires et échevins, et en conséquence des ordres de M, Joly de Fleury, procureur général au parlement, adressés à M. Moreau, procureur du roi en cette ville, moi, Ranon de Lavergne, présidant en ce siège, ai, suivant qu'il m'est ordonné par ledit édit, divisé la ville d'Ahun en trois quartiers pour ensuite chaque quartier s'assembler séparément devant moi au Palais et nommer quatre députés par quartier; les douze députés après quoi assemblés, choisir six notables dans la ville qui à une autre assemblée délibéreront, choisiront et nommeront à la pluralité des voix six échevins, ne devant point y avoir de maire, attendu qu'il n'y a point en cette ville deux mille habitans.

. Le premier quartier appelé de la Grand'Rue ;

Le deuxième quartier appelé des Sœurs de la Croix;

Le troisième quartier appelé du Chateau-Rocher;

Le quartier de la Grand'Rue s'assembla devant moi au Palais le 13 septembre 1765, et nomma pour députés dudit quartier, à huit heures du matin, au son de la cloche :

M. de Fournoue, sieur de Villard, écuyer;

M. Jeoffroi deMontreuil, lieutenant particulier;

M. Villatte, ex-chirurgien;

M. Jean Jacquet, aubergiste ;

Le quartier des Sœurs de la Croix (1) s'assembla le même

Yostre ville d'AhuD et iceux prendre et percevoir cbascung an snr son Thrésorier de la Marche : de laquelle some susd. lad. suppliante et sond. feu

mary ont esté payés et en ont joy » Ici «'arrête la transcription de

Bosvieux.

Evidemment dans cette requête dont la Un comme la date manquent,

Gabrielle de Montb demandait qu'on lui continua la rente payée chaque

année par le trésorier de la Marche. Sa requête fut admise, car dans Tinventaire des papiers déposés à la municipalité d'Ahun le S9 juillet 1790, par Ranon du Mas-du-Theil, procureur du Roi, est indiquée une liasse de « papiers qoi font voir que les comtes de la Marche payaient une pension aux Evrard. » Cette liasse, comme la plupart des autres pièces portées à l'inventaire, a disparu des archives mimicipales d'Ahun. (P. de Gessac. — Mém, de la Société des $cience$ de la Creu$e^ YI, p. 63.)

(1) Les Sœnrs de l'instruction chrétienne, dites Sœurs de la Croix, sous le nom desquelles ou désigne ce quartier, furent établies à Ahun en 1713. Elles venaient de Limoges, où existe leur maison-mère.

44 CHRONIQUE D'CVRARD.

jour, à dix heures du matin, et nomma pour députés dudit quartier :

M. Felder, contrôleur-général au bureau des finances d'Auvergne ;

M. Guisard, procureur en ce siège ;

M. Roux, négociant;

M. Souton, marchand;

Le quartier du Château-Rocher s'assembla le même jour, à une heure après-midi, et nomma pour députés dudit quarti^^r :

M. Villate, prêtre vicaire, de cette ville;

M. Boery de Barre, lieutenant de grenadiers;

M. Décolange, bourgeois ;

M. Choraanet, marchand;

Les douze députés, nommés par les trois quartiers, s'assemblèrent par devant moi au son de la cloche, le dix-huit septembre et choisirent six notables qui sont :

M. Boery, prieur de Roche;

M. Felder, contrôleur-général;

M. Fumade, docteur en médecine;

M. Guisard, procureur:

M. Décolange, bourgeois ;

M. Chomanet, marchand;

Le vingt-neuf septembre, à neuf heures du matin, les six notables s'assemblèrent au Palais pardevant moi poiir procéder à l'élection de deux échevins, et il fut nommé à la pluralité des voix ;

1®' échevin, M. Geoffroi de Montreuil, lieutenant;

2* échevin, M. Aubreton avocat.

En conséquence de ladite élection, je lis prêter le serment aux deux échevins qui furent accompagnés chez eux par les notables précédés des drapeaux, tambours et fifres, après quoi il y eut grand diner et le soir feu d'artifice, et Ton sonna toutes les cloches.

L'église paroissiale de Saint-Sylvain de cette ville d'Ahun, menaçant une ruine prochaine, il tut décidé après avoir observé toutes les formalités requises en pareille circons-

tance^ il fut décidé, dis-je, que l'on ne pourrait se dispenser d'en construire une neuve qui, en conséquence, a été commencée en 1777 et finie en 1781; le plan de la dite église est de Brousseau, architecte à Limoges (1), et l'entrepreneur a été un nommé Jean Guy du bourg de Saint-Médard.

L'adjudication a été la somme de 21,500 francs, plus une deuxième adjudication pour la sacristie et autres réparations de la somme de 1,200 francs, plus une autre adjudi-cation en 1785, à un nommé Simonet de cette ville pour les réparations du cimetière, joignant l'église du côté du nord et levant, ladite adjudication de la somme de 2,500 francs. Lors de ladite a4)<^<^^i^i^ ^^ cimetière, M. Durâteau (2) était ouréd'Ahun. M. de Combredet de Châtelu, président^ et moi Etienne Ranon du' MasduteiU procureur du roi.

(1) Brousseau était élève de l'arohitMte Louis (t7a{^18i2) dont le chefd'œuvre est ie grand théâtre de Bordeaux. Notre contrée possède plusieurs de ses œuvres qui sont fort estimées et qui ont une grande ressemhlanee entre elles. C'est, à Limoges, VËvêché et la maison Naurtssard (aujourd'hui la Banque de France), le château de la Cosse, commune de Yeyrac, celui de La Yergne (commune dd ftaint-Priest-Ligoiire), celui de Thouron et celui de Brignac.

(2) Henri-Etienne Tbumyol du Râteau, écuyer, seigneur de Corse, curé de Saint-Sylvain d'Ahun, était fils de Guillaume, avocat du roi et doyen des conseillers en la sénéchaussée et siège présidial de la Marche. (Nobiliaire Umou$in^ IV, 605.)

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