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AXBASSADEUB DE FRANCE A BOUE

VcMttE, 14 août 1848.

Monsieur l'Ambassadeur,

La ville de Venise se trouve pressée par un péril imminent. Notre nationalité, Tindépendance reconquise par nous le 22 mars sont gravement menacées ! Vous connaissez sans doute les malheurs des armes italiennes. Bloqués depuis près de deux mois par la voie de terre» nous allons Fétre maintenant aussi du côté de la mer, puisque l'escadre sarde qui nous protégeait va retourner dans ses ports, et que la uôtre, dépourvue de bâtiments à vapeur, ne pourra tenir tête à celle de TAutriche qui jusqu'à présent était restée renfermée dans Trieste.

Deux pressantes dépêches ont été adressées les 4 et 11 août par le gouvernement de Venise au gouvernement de la République française, pour réclamer l'assistance du libre peuple de France dans cette lutte de Tindépendance et de la nationalité italiennes. Mais tout en attendant, pleins d'espoir, ce puissant secours, sur la foi des paroles prononcées à la tribune par le ministre Bastide, nons nous adressons à vous. Monsieur l'Ambassadeur, pour que vous vouliez bien, avec les moyens dont tous pouvez disposer, nous venir promptement en aide. Le secours le plus efficace que vous puissiez nous prêter serait d'obtenir l'envoi immédiat dans notre golfe de quelques bâtimentsdeguenre français, afin que, réunis aux deux pyroscaphes ^i y sont déjà, ils se trouvent prêts à nous défendre dès que Tasfiistance que nous avons implorée viendra à nous être accordée.

Représentant d'un peuple libre, vous accueillerez avec bienveillance, nous en sommes certains, la prière du peuple de Venise. Nous vous l'adressons avec les plus vives instances en ce moment solennel où nos imprescriptibles droits sont si graTement menacés !

Le général Pepe joint ses instances aux nôtres dans une lettre j que nous avons l'honneur de vous envoyer ci-incluse.

I Le gouveraement provisoire de Venise.

Signés : Manin. — Graziani. — Cavedalis.

RÉPONSE DE M. D'HARCOURT, ambassadeur de France a romc.

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