DE VENISE
Rom, 17 août 1848.
Messieurs,
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fail Thonneur de m'écrire en date du 14 de ce mois, et suis aussi vivement ému que vous de la position difficile dans laquelle vous êtes placés en ce moment. Personne ne fait des vœux plus ardents que moi pour la cause italienne, et c'est, à vrai dire, le principal motif qui m'a conduit en ces lieux.
En ce qui concerne Venise^ et avant même qu'il fût question d'intervention J'avais déjà écrit depuis longtemps à mon gouvernement pour lui signaler cette position comme très-importante, et pour l'engager à y envoyer des bâtiments de guerre» soit pour dominer l'Adriatique, soit pour en faire le point de départ de toutes les opérations que l'on pourrait diriger sur le continent. 11 n'a donc pas tenu à moi qu'on n'ait déjà réalisé vos désirs.
Aujourd'hui je ne puis, de mon chef, disposer d'aucun bâtiment de guerre, il n'y en a pas même en ce moment dans le port de Civita-Vecchia ; mais je vais écrire sur-le-champ à M. le commandant de l'escadre française dans la Méditerranée pour lui exposer la situation difficile de la ville de Venise qu'il doit bien connaître du reste déjà, et le prier d'obtempérer à votre désir.
Je souhaite vivement que la république française puisse vous faire sortir victorieusement de la crise que vous avez à supporter en ce moment ; mais vous devez vous dire aussi que votre sort dépend surtout de vous, car un peuple qui le veut résolument ne peut pas être conquis.
Veuillez agréer, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.
L'ambassadeur de la République française.
Signé : Harcocrt.