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ADRESSE

PRÉSEM-ÉE PAR LES REPRÈSENTAirTS DES GOUVERNEMENTS DE MILA^ H DE VENISE AU GÉNÉRAL GAVAIGNAC, LE 8 AOUT i 848.

(Pièce incltise dans la lettre précédente*)

Messieurs^

Nous venons de recevoir des nouvelles de Milan, à la date du 4 août. On se prépare à une défense désespérée. La proclamatioa du général Radetzki ne prouve que trop le sort qui est résené aux Lombards* Ils mourront aux cris de : Vive l'Italie ! et les yeux tournés vers cette France dont ils attendent avec une trao^ quille foi le noble secours; car ils ne peuvent confondre le souvenir de la France de Louis-Philippe avec les sentiments de la France républicaine.

Messieui*s, pourriez-vous assister encore dh témoins indifférents au spectacle du martyre d*un peuple si noble, si malheu* reux, qui vous appelle comme des frères, qui tous a donné tant de gages de sympathie dans les époques les plus glorieuses de votre histoire; dont la reconnaissance tous serait acquise pour toujours? Chaque moment perdu peut décider de la vie de milliers de victimes ; chaque moment perdu pour la liberté de l'Italie, sera gagné par le despotisme en Europe ! Si la France devait hésiter encore, mieux valait, pour elle-même, pour nous, pour tout le monde, qu'on n'eût jamais prononcé ces magnifiques paroles do nationalité et de progrès humain I Son hésitation serait un scandale de plus qui ne perdrait pas la cause de la liberté, mais qui donnerait lieu àbien des défaillances et à bien des récriminations!

Messieurs, c'est une grande responsabilité qui pèse sur vous en ce moment ! On parle de rAnglcterre, et l'on ne veut pas voir qu'elle négocie avec l'Autriche, sans la France et contre la France ^? On parle des finances, et on semble ignorer que le royaume Lombardo-Vénitien était une mine inépuisable pour r Autriche, et qu'il le serait de même pour la cause de la liberté ! On parle de guerre européenne, et l'on oublie que la guerre existe entre deux principes irréconciliables! Mais, de justice, de vérité, de la nouvelle Europe, qui seule peut devenir l'amie de la France nouvelle, on n'en parle pas!

Non, vous ne ferez pas de la petite politique, vous ne ferez |Kis de la vieille diplomatie ! Vous ne parlerez pas de votre con- (crt avec des cabinets, lorsque le concert de tous les peuples libres et généreux vous est acquis!

Ne permettez pas que dans l'ivresse de la douleur on puisse s*écrier avec une sorte de raison : Malheur aux peuples qui ont foi dans les promesses de la France !

A. GcERRlElll, Membre du Gouveraement pruvisuire de la Lonibardie. ** ' I Eino} es du Gouveraement de Venise.

ToM. Gar, |

Trivi Lzi — LisGo — Carcano — Mora Forbsti — Vbrdi — Frappoli — Dk Philippi.

* Même remarque que plus haut.

M. PIERRE PALEOCAPA* A M. BÔIS-LE-COMTE,

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