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I. te

402 Ul'ATHIÈME ÉPOQUE.

vaient que Venise n'était pas une -ville turque. « Nous ferons tout pour maintenir honorablement lapaix^ mais au besoin nous ne reculerons pas devant la guerre. La paix^ sauf toujours le grand adverbe : honorablement *. »

Jeluidis queFapparition du drapeau français sufGrait pour faire soulever de nouveau l'Italie entière : à cela il répondit exactement comme aurait pu faire un militaire d'armée royale : « Qu^il avait plus de foi dans les forces régulières. » a L'insurrection y dis-je, vaut toujours mieux que des protocoles ; » il se tut.

Cavaignac a parlé d'une façon moins nette h la chambre ; ils sont effrayés des dangers intérieurs et. en faisant voir leur frayeur, ils augmentent le péril, etc., etc.

25 août.

J'ai vu le baron Rothschild qui offre de négocier toutes les autres traites que vous pourriez avoir, et propose ses service's pour toute opération de crédit. 11 dit : a Que quant à la France, elle ne fera certainement pas la guerre ; mais que l'Autriche en dernière analyse, se laisserait contenter par de l'argent, et que nous pourrions nous entendre avec elle mieux qu'avec tout autre; qu'on pourrait faire de Venise une ville libre, et du reste un royaume comme la Hongrie avec un prince Autrichien à sa tête, etc., etc. »

Tout cela fut dit d'une manière tant soit peu embrouillée, mais la personne qui m'avait introduit, m'assure que c'était bieu là le sens de ses paroles. 11 m'offrit aussi de me faire rencontrer chez lui la personne qui remplit les fonctions d'envoyé d'Autriche à Paris ; mais je l'ai remercié.

On dit que l'Autriche refuse la médiation de la Franco, Si cela est vrai, et qu'il ne s'ensuive pas la guerre, la France se trouve replacée dans la situation de 1841 !

Quant à Bastide, sa réputation d'honnête homme est bion établie. Pour ce qui nous concerne, il est tantôt de feu et tantùl de glace. Il oublie ce qu'il vient de dire de propos délibéré. Hier, il disait d'un air tout pensif : « Nous ne pourrons jamais nou^

I Les paroles souUgDéea sunt en français dans Toriginal.

en tirer sans quelques coups de canon. » Mais ils n'en ont aucune envie, et Cavaignac qui a dit à Tun des nôtres : « Il y a des choses impossibles dans ce monde, et parmi ces choses impossibles il y a celle-ci : que TAutriche reste en Italie. )> Eh bien ! le même Cavaignac a tenu ensuite un langage tout à fait diffé* rent, ils se sentent embarrassés devant les réclamations de tous ces envoyés italiens, qui viennent leur rappeler les promessc's de la France : embarrassés et ennuyés. Quant à moi, avant de voir du monde, j'ai voulu terminer un petit écrit qui pose la question avec l'ampleur qu'elle comporte; car Italiens et Français la rapetissent à Penvi. 11 parait qu'on s'était beaucoup moins occupé ici de la Vénétie jusqu'à présent que de la Lombardie, mais mon arrivée et la résistance de Venise ont fait changer les choses de face; les propos de Rothschild en sont même un symptôme. Résistez, résistez, résistiez I

26 août.

Avant-hier on a expédié à WenneVinjonction d'accepter la médiation anglo-française; mais en termes beaucoup moins résolus qu'on n'en avait montré l'intention d'abord; ils varient d'un jour à l'autre I Quant à Tintervention armée, à moins que tout ne change, il nous faut y renoncer. On semblerait assez disposé à faire de Venise une ville anséatique ; mais lui enlever la terre ferme, ce serait la sacrifier entièrement à Trieste, et vouloir faire regretter à plus d'un les Autrichiens !

Adieu de cœur,

TOMMASEO

LE CONSUL VASSELR A M. BASTIDE

(extkait.)

Vkmse, m août 1848.

Malgré tous les impôts décrétés, Venise manque d'argent ; pourtant les habitants ne se découragent pas, tant l'amour de la liberté les a enflammés. Ils voudraient trouver cinq ou six millions à emprunter, et donneraient en garantie tous leui*s objets

d'art que bien certainement ils n'abandonneront pas, car c*est l'histoire de leur grandeur et de leur indépendance passées. On doit avouer que les efforts extraordinaires faits par les Vénitiens pour ne pas retomber dans Tesclavage et la confiance quails ont toujours eue dans le gouvernement de la France, méritent bien que toute sollicitude leur soit accordée. Depuis les revers qui ont accablé Tltalie, Venise a acquis des droits aux sympathies de toutes les âmes généreuses, de toutes celles qui sont à même de comprendre les sentiments qui animent cette brave population !...

Vasseur.

M. U. ABEKCnOMBY (ministre d'Angleterre, a Turin) A MM. LES MEM- BRES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE.

Tlrin, 71 août 1848.

ExCfcLLENCES,

Je m'empresse d'accuser réception aujourd'hui même de la dépêche que Vos Excellences m'ont fait l'honneur de m'adresser, en date du 21 courant^ et qui m'a été remise parle sieur Monde, couiTier de Vos Excellences.

L'armistice du 9 août, conclu à Milan entre le général Salasco et le général de Hess, ayant été accepté par les deux gouvernements médiateurs comme un fait accompli (parce que l'armistice avait déjà reyu un commencement d'exécution avant même que l'offre de la médiation commune de l'Angleterre et de la France fût parvenue au gouvernement de S. M. le roi Charles- Albert), c'est avec le plus vif regret que je dois témoigner à Vos Excellences l'impossibilité dans laquelle je me trouve de céder au désir exprimé par la dépèche de Vos Excellences, en faisant une démarche qui pourrait avoir pour effet d'établir une différence dans l'application de l'armistice entre Venise et le reste du territoire évacué. Je me hàtc i)ourtant d'assurer Vos Excellences que je ne manquerai pas de |K)rter innnédiatement à la connaissance de ma cour, copie de leur dépèche; et je m'empresserai, dès que je

DICTATIRK. iOfi

recevrai la réponse de mon gouvernement, d'agir selon les instructions qui m'y seront données.

Veuillez bien, Excellences, agréer l'assurance de mes sentiments distingués et de ma plus haute considération.

Signé : R. Abercromby.

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