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TOMMASEO AU GOUVERNEMENT PROVISOIRE

Paus, i*r Mptembre 1848.

Voici encore quelques paroles que vous pourrez publier. Otezen quelque chose si vous le jugez à propos, mais n'y changez et n'y ajoutez rien. J'y reste exprès au-dessous des bonnes nouvelles du jour, afin que si les âmes venaient à se refroidir de nouveau ici, comme ça pourrait bien arriver dans ce temps misérable, il n'y ait pas de mécompte dangereux ! Bixio est venu me voir hier ; il m'assure que quant à la flotte elle viendra tout entière ;

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seulement elle ne fera d'actes d'hostilité que si elle y est proToquée. Pour ce qui concerne l'armée de terre, les désirs ont un peu devancé les faits ; Ghangamier serait, dit-on, envoyé d*abonl ; mais le commandement en chef serait réservé à Lamoricière ; ce dont Ghangamier, à ce qu'on dit, ne peut se consoler.

Guerrieri voulait faire lire à Bastide une lettre deCasati, dans laquelle celui-ci parle de se remettre avec le Piémont. Je Tai supplié de n'en rien faire en ce moment , parce que cela pourrait faire tort aux Lombards auprès de Bastide, qui déteste Sa Majesté> et pourrait lui devenir un prétexte pour éluder la guerre.

(Lettre incluse pour être publiée,)

Paris, 30 août 184S.

Rassurez-vous et rassurez notre bon peuple. La bienveillance avec laquelle le ministre Bastide a accueilli mes demandes, ses propres opinions politiques et religieuses, le sentiment élevé qu'il a de la* dignité de la France, ont déjà produit de bons résultats pour nous, et continueront à en produire. Même avant de publier mon opuscule : Appel à la France j je lui avais adressé une lettre dans laquelle je lui exposais nos besoins et nos droits. Le général Gavaignac, valeureux, probe et éclairé, comme il est, ne saurait s'y montrer opposé. Le zèle que montrent en notre faveur MM. Bixio, vice-président de l'assemblée, et Drouin de Lhuys, président du Gomité des affaires étrangères, nous a été et nous sera également utile. J'ai aussi à me louer du zèle de M. Frappoli, représentant du gouvernement lombard à Paris avant le 12 mai. Jusqu'à mon arrivée ici, et avant que les derniers événements de Venise fussent bien connus, on s'y occupait beaucoup moins de la Vénétie et des Vénitiens que de la Lomhardie. Venise comprend maintenant à quel point son existence est importante pour l'Italie entière ! J'avais déjà prévenu pir mes demandes le désir que vous exprimez au sujet de la cessation des actes d'hostilité et de l'envoi de nouveaux bâtiments de guerre français dans l'Adriatique.

Ne nous abandonnons pas à des espérances aveugles et inertes; mais, à force de sacrifices, de courage, de concorde, sachons conquérir l'estime des peuples et la hberté !

TOMMASHO.

A. MENGALDO A DANIEI. MAMN.

Paris, 31 août et i*' septembre 1848.

Trrc^cher ami.

Quoique arrivé le 22^ comme te l'aura sans doute mandé Tommasco, je t'écris ma première lettre officielle.

Le ministère l'ayant emporté dans l'assemblée, la confiance renaît visiblement et l'aspect des choses se modifie ; j'en ai eu la preuve dans l'audience qui m'a été accordée avant-hier par le général Cavaignac à sa réception du soir ; jusque-là il avait été excessivement réservé; mais cette fois-ci il m'interrogea avec un empressement manifeste sur les conditions de Venise, sur sa résolution de tenir ferme, sur ses approvisionnements, etc., etc. »

Je répondis que Venise tient et tiendra tout le temps nécessaire pour laisser arriver les secours implorés de la France; mais que tout délai pourrait rendre sa position plus critique et plus périlleuse. 11 dit alors : uMais au moment où je vous parle, « la flotte française devrait être devant Venise ! D'abord soyez « tranquilles ; la France a oflert a TAutriche sa médiation pour « un arrangement sur la base de r indépendance de T Italie; si c< elle refuse, nous occupons Venise et il y aura la guerre; pour « siir il y aura la guerre ! et ce n'est pas moi qui la lui dccla- « rerai, c'est toute la nation française, c'est l'assemblée nationale « à laquelle je m'adresserai en cas de refus. Vous m'avez bien « compris? C'est vous dire assrz clairement la situation des afa faires et les intentions de la France? Eh bien ! je vous autorise « à écrire tout ceci au gouvernement de Venise ; à donner à a ce que je viens de vous dire la plus grande publicité. Mrttrz-y « votre nom, vous ne serez pas démenti. »

Ce sont là les paroles à peu près ad litteram de Cavaignac ; il les a répétées assez haut à deux reprises, et paraissait désirer (ju'on les connût, car il mit quelque emphase dans sa manière de les prononcer. Aujourd'hui en effet tous les journaux de Paris en font mention d'une manière plus ou moins exacte; mais quant à

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mettre rarmée en mouvement, je D*en vois pas encore trace. Pourtant tout le monde $*émeut à l'idée d'une guerre en Italie ; tous voudraient y prendre part, et le commandement en chef dans cette guerre est Tobjet de toutes les ambitions.

J'ai dû interrompre ma lettre pour passer chez Bastide qui m'avait fait appeler, et j'y ai trouvé Cavaignac et lord Normanby. On m'a de nouveau adressé des questions pressantes sur la position de Venise: sur les dispositions du peuple; combien de temps la ville pourrait tenir, etc. J'ai répété tout ce que j'avais déjà dit à ce sujet, etc. Enfin, j'ai demandé une réponse positive et que je puisse t'écrire. Cavaignac me dit alors : Vous pouvez juger par l'intérêt avec lequel nous vous avons questionné sur rétat des choses, à quel point la cause de Venise et de Fltalie lient à cœur à la France ; vous savez aussi ce que je vous ai dit l'autre soir; ch bien, nous attendons d'un moment à l'autre d'Angleterre la décision sur la médiation offerte *. »

1 Un coup d'œil jeté sur ce qui se passait en ce moment dans les régions diplomatiques, fournira le commentaire nécessaire à cette conversation, si peu d*a<^ cord avec les événements qui suivirent. M. G. de Beaumunt, envoyé de France h Londres, chargé le même jour, ?9 août, de solliciter de lord Palmerston une dépêche pour appuyer à Vienne la prétendue sommation du cabinet français, après avoir rappelé la {généreuse détermination de Veni.-e de se défendre, résumait ainsi le.s Intentions réelles de son gouvernement : Que, si d*un côté il nait de là quelques complications nouvelles, d'un autre côté cette résistance peut aussi être <*onsidérée comme un contre-poids utile pour les négociations ; que par conséquent, le gouvernement français a pensé devoir encourager Vaititude toute patriotique de Venise, en évitant néanmoins de s'engas^er au delà de ce qu il pou vait lui convenir d*aller, et sans qu'en définitive ce fait dût rien changer aux solutions finales. {Corresp., t. Ill, p. 938.)

Nous nous abstenons de toute réflexion, mais nous devons constater à l'honneur de lord Palmerston que, du commencement à la fin, il tint envers Venise une conduite tout opposée. Lui, qui n'avait point promis l'affranchissement des nationalités, avait refusé, le 34 mai, d'adhérer au projet Hummelauer, par la simple raison : que cet arrangeaient ne pourrait être imposé aux Vénitiens que jinr ia force.

Voici maintenant la dé[K>che qu'il adress«iit, sur la demande de M. de Beaumont, au cabinet de Vienne, pour appuyer les sommations françaises :

LuBD Palmerston a lohd Ponsoxbt, ambassadeur d'Angleterre a Vienne.

Foreign-Office, 31 août 1848.

MlLDRD,

« Je transmets à V. E. pour votre information particulière, copie d'une dépêche qui m'a été adressée par M. de Beaumont, ambassadeur de France à notre cour,

DICTATrRE. 4M

Je me résume ; la France et TAnglelen^e, autant du moins qu'on peut en juger par les apparences, veulent forcer T Autriche h en venir à un arrangement. Le bruit de guerre est devenu général ici. L'urgence d'un prompt secours est connue, et j'espère (|u'au moment où tu recevras cette lettre, il sera arrivé devant

réclamant la coopération du gouvernement de S. M. pour demander à Vienne, 1 1 suspension immédiate de toute attaque contre la \ille de Venise, etc.

« V. iC bornera ses communications officielles à ce qui concerne cette demande.

« Mais, dans une conversation confidentielle que vous pourrez avoir a ce sujei avec M. de Wessenberg, vous ne manquerez pas de vous servir de ce qui fait lu substance de la lettre de M. de Beaumont, et vous engagerez M. le baron de Wes* senbergà réfléchir sérieusement sur la position extrêmement délicate, dans laquelle le gouvernement français se trouve placé par rapport à toute cette affaire italienne.

« Le gouvernement français est sincèrement dédireui de maintenir la pali ( le gouvernement de S. M. en est fermement convaincu), et ne désire nullement d'intervenir en Italie par les armes. Mais ce serait une erreur fatale pour le gouvernement autrichien de s'imaginer que la France n'est point en état d'intervenir par les armes si elle voulait le faire,

• Des soldats : la France en a plus qu'il ne lui en faut pour une semblable entreprise, tout en conservant amplement les forces néi*essaires pour maintenir l'ordre et la tranquillité à l'intérieur.

« De Targent : la France en trouvera toujours, dès qu'il s'agira de faire la guerre pour délivrer l'Italie de la domination autrichienne.

« Bien que l'opinion publique en France soutienne aujourd'hui le gouvernement dans son intention hautement avouée, d'essayer d'abord les voies des négociations de préférence à un appel aux armes, néanmoins, si ce gouvernement venait à changer de ton, et déclarait : quelles négociations avant échoué, l'Intervention année est devenue nécessaire pour TalTlrancbissement de l'Italie et pour l'honneur «le la France, il n'y a pas le moindre doute qu'une immense acclamation répondrait à cet appel aux passions populaires , et que ce gouvernement , qui n'est ivmtenu dans sa voie actuelle que par la froide raison de la nation, serait applaudi avec enttiousiasine s'il changeait de politique. >

J'ai , etc . Siffné : Palherston.

{Corre-ifi. ow Me affairs of Italy ^ t. Ill, p. 241.)

Otte dépêche n'arriva à Vienne que deux jours après que M. de Wes!<<>nl)erg eut remis sa réponse à M. de (Ji('<our; mais, lors même qu'elle fût arrivée à temps, elle ne {Miuvait produire aucun effet; cjir l'Angleterre elle-même ne ra|>puyant d'aucune menace même éventuelle de guerre, et, quant ù la France, l'opinion du ministre autrichien était désormais trop bien arrêtée, telle qu'elle se trouve résumée dans une dépêche de lord Ponsonby du 27 août : « Le baron de Wessenlierg est persuadé que le général C^vaignac a le plus grand désir d'éviter l'intervention et qu'il est assez fort pour l'empêcher. » {Conesp., t. Ill, p. 2C1.)

Le ton de la peu énergique mise en demeure présentée le 1'^ septembre par

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Venise. Que Dieu vous prête la force de résister jusque-là, et de pouvoir surmonter les mille et mille diflicultés qui me préoccupent nuit et jour.

Je Y0U8 salue cordialement, Mergaldo.

M. de La Cour, confirma encore le ministre autrichien dans son opinion. Auasi a réponse ne fut-elle pas un refus, mais une dérision; en voici la substance :

m Vienne, 3 septembre. — Le gouvernement impérial accueille FolTre de mêdAa- ■ tion, se réservant de convenir avec les puissances médiatrices des conventions « qui devront servir de base à cette négociation. ■ {Corresp.^ t. 111, p. 320.)

Le gouvernement français, bien qu'il eût déclaré que le moindre attermoiement l'obligerait à agir sans délai, accueillit avec empressement cette étrange acceptation qui lui permettait en tout cas de se retrancher désormais derrière le prétexte des n^ociations pendantes.

Mais lord Palmerston, en apprenant le singulier dénouement des sommations françaises, refusa de participer à une médiation désormais sans bases ; en sorte que l'action commune de la France et de l'Angleterre cessa au moment même où elle semblait devoir commencer. Cette situation, ignorée du publie, dura pendant tout le courant du mois de septembre.

C'est au moment même où ces notes furent échangées à Vienne (l«r et 3 septembre), qu'eut lieu à Paris l'incident singulier d'un ordre expédié à Toulon, et presque aussitôt retiré, d'embarquer 3,000 hommes de troupes pour Venise, non pour la défendre, mais pour Tenipécher de succomber avant le temps. Lord Normanby fit observer justement qu'après avoir envoyé une injonction à Vienne, il convenait d'attendre les trois ou quatre jours strictement nécessaires pour avoir la réponse, avant de faire une autre démarche, et de ne pas irriter inutilement par des injonctions coup sur coup : attendu que dans une réponse deux points avaient une importance au moins égale : lo quel jour elle viendrait; 7^ quelle elle serait? {Corresf).f t. Ill, p. 285.) Mais le second point n'en avait évidemment pas aux veux du ministère français, car l'envoi des troupes, d'abord suspendu, fut définitivement abandonné après réception de la réponse qu'on a lue, et à laquelle 31. de Wessenberg ajouta même, deux jours plus tard, le refus péremptoire de cesser les hostilités contre Venise, en disant : « Le gouvernement français appréciera la dif- « férence qui existe entre une puissance belligérante comme S. M. sarde et ime « ville insurgée : on conclut avec l'une un armistice, on pacifie l'autre, * ^Corresp., t. m, p. 348.)

Le gouvernement français se soumit de nouveau, y mettant toutefois pour seule condition, qu'on s'arrangeât de façon à ne pas faire succomber Venise à une attaque ouverte ou à un blocus tr(fp rigoureux, pendant les prétendues négociations; car cela eût mis fin au\ équivoques et soulevé toute la France.

Il ne faut jamais oublier, en effet, que le peuple en France ne soupçonnait point le fond de cette politique ; qu'il en voyait les effets et s'en plaignait , mais que, comme toujours, il les attribuait à la pression de l'Angleterre. *

TOMMASKO AU GOUVERNKMKNT DE VENISE.

Paris, 3 f août 1848.

A sa dernière réception, Cavaignac, comme tous l'avez aj»pris, a donné à Mcngaido des assurances consolantes ))our Venise et Ta autorisé (à ce qu'affirme Mengaldo, et je le crois) à les répéter; peut-être Cavaignac a-t-il seulement entendu dire par là à les faire connaître à Venise^ etc. Mengaido ajoute : que ce n'est pas lui qui a fait publier les paroles de Cavaignac dans V Estafette d'hier soir ; il se pourrait néanmoins que quelqu'un à qui il en a parlé l'ait fait et nous ait ainsi causé beaucoup de mal ; car ce matin le National (souvent organe de certains membres du cabinet) parle assez dédaigneusement des bavardages et des espérances des Italiens, etc., etc...

Maintenant écoutez ma propre histoire.

Je ne sais sur quel fondement, M. Mauguin avait prétendu que Cavaignac m'avait bien accueilli comme Tommaseo, mais non comme envoyé de Vefiisej et : « qu'il ne me recevait pas comme tel. » Pour démentir cette assertion, Cavaignac m'adressa hier une invitation officielle de me rendre auprès de lui ce matin à 9 heures. J'y vais ; après avoir attendu à peu près une demiheure que les personnes venues avant moi fussent sorties, survient la princesse Belgiojoso , qui , en sa qualité de femme , passe naturellement avant moi ; mais voilà qu'en sortant, elle vient me dire a que le général est furieux de la divulgation de ses paroles, qui ne sont pas même i*endues exactement, qu'il ne veut plus entendre parler de Venise, ni écouter des excuses, ni distinguer entre Mengaido et moi, etc. »

Ainsi donc, après avoir reçu une invitation officielle, adresikW à Venvoyé de la République de Vetiise, et une heure d*anti^ chambre, la première que j'aie faite dans ma vie, je suis renvoyé

414 yiATKlEME EPOyLE.

sans audience. Ce que je sais, c'est que raflVont est immérité et qu'il sera réparé; néanmoins je ne puis que répéter en cette occasion tout ce que je vous avais déjà écrit précédemment, etc. *.

ToMMASBO.

> Une lettre de M. Bastide répara en effet, autant que possible, Faffront gratuit fait à l'envoyé vénitien. On comprend que le général Cavaignac, tiraillé entre le désir de contenter son propre parti et le désir de ne pas mécontenter la dipW matie allemande, se soit trouvé entrainé à un système d'expédients et de saMerfuges. Qu'ainsi, après a>oir assigné une audience officielle à Venvoifé de Vcm^c, il ait ensuite saisi un prétexte quelconque pour l'éluder, etc., etc.

Cette situation donnée, les incidents de ce genre étaient inévitables; U serait pénible et inutile de les énumérer tous; mais nous n'avons pu supprimer cdui-d, car il a été souvent rapporté d'une manière erronée, et nous devons ajouter, indigne du noble caractère de Tommaseo, même par des auteurs d'allleors bienveillants, mais qui ne pouvaient connaître le fond de cette affaire.

C'était un devoir d'autant plus strict de rétablir la vérité que Tommaseo, par im sentiment de patriotique abnégation, n'a Jamais voulu <^poser que le si* lence à des récits quMl lui eût été bien facile de démentir.

blCTATLHt:. Uo

GOIIVERNEMKNT PROVISOIRE DE VENISE

EMPRl'NT DE DIX MILLIONS DE LIVRES ITALIENNES.

Venise, 2 septembre 1818.

Une emprunt national italien de dix millions de livres italiennes est ouvert. Cette somme est destinée a soutenir Finsurrection dans les provinces Lombarde-Vénitiennes^ à défendre Venise, et^ en maintenant Tindépendance de cette ville, à préserver rhonneur et la liberté de toute Tltalie. La dette est acceptée et garantie par toutes les provinces Lombardo-Vénitieunes :

Le triumvirat, élu avec des pouvoirs dictatoriaux par Fassem* blée du i 3 août, s*engage pour Venise ; le citoyen César Corrcnti s'engage pour la I^ombardie. En vertu d^une commission en date du 8 août, il est le représentant à Venise du comité de défense de la Lombardie, qui alors concentrait tous les pouvoirs du gou* vernement lombard, lequel avait déclaré le 18 juillet qu'il prenait à sa chaîne et qu'il garantissait, concurremment avec Venise, toutes les dettes qu'il serait nécessaire de contracter pour la guerre de rindé[K;ndance italienne.

Cet emprunt est divisé en vingt mille actions de cinq cents livres italiennes chacune portant intérêt au taux de cinq |)our cent. Toute personne qui souscrira pour dix actions en recevra une en outre gratis ; celles qui souscriront ]K)ur vingt actions en recevront deux gratis, et ainsi de suite proportionnellement.

L'intérêt à cinq pour cent par an sera payé tous' les six mois, et, dans ce bul, les coupons nécessaires seront fixés aux actions.

Le premier |)ayement de semestre sera fait le 30 juin 1849, par la banque eentixilede Venist», et, dans les principales villes d'Italie, par les maisons de banque ci-après désignées, etc., etc.

Ijc capital de cet emprunt sera remboursé en cinq annuités, dont chacune de deux millions.

iHipremièn; annuité sera p;i\éeà Venise le31 décembre iHîii. Le 30 novembre de chaque année le» quatre mille actions à remlH)urser au mois de décembre suivant, seront tirées au sort dati>

la Loggia de Sao-Marco, en présence du patriarche de Venise, de la municipalité et du président de la banque, et leurs numé* ros seront insérés dans la Gazette officielle.

Les parts respectives de cette dette seront plus tard réparties entre les diverses provinces.

Le pakds ducal de Venise avec tous les chefs-dasuvre et toutes les peintures qui V ornent ^ ainsi que F édifice des Procuratie Nuove, sont assignés comme gages de l'emprunt. Ils sont spécialement engagés par le gouvemefnent de Venise aux sous-cripteurs. Cet engagement sera enregistré dans le Conservatorato de Venise^ et (original déposé aux Archives.

Quatre commissaires ont été choisis par le gouvernement pour réunir les vingt mille actions qui forment l'emprunt total ; ce sont : MM. le comte Giuseppe Giovanelli, le comte Giustîniani, le comte Freschi et Todros. Ces commissaires recevront le montant dès actions en numéraire, et délivreront en échange des certificats temporaires signés par les trois membres du gouvernement de Venise et par M. Correnti, et portant le sceau du gouvernement, etc., etc.

Sur un registre ouvert dans ce but, seront inscrits les noms des souscripteurs, et celui de la ville à laquelle ils appartiennent, afin que la mémoire des dignes Italiens, qui auront coopéré d'une manière si efficace à Tindépendance de la patrie, puisse être perpétuée.

Il est fait appel au patriotisme des éditeurs de journaux afin qu'ils publient ce plan et ouvrent dans leurs bureaux des registres, avant même l'arrivée des commissaires, pour accélérer et faciliter le but de la mission.

Signé : Mamx, Grazum, Cavedalis.

DANIEL MANIN A M. PANATTONI , député au parlbmemt toscan,

A rLOBENCB.

Vb!ii8e, 3 septembre 1848.

Très-cher ami,

Pense-t-oD que la résistance prolongée de Venise soit une chose utile à l'indépendance de Tltalie? Si on le pense, il faut que peuples et gouvernements italiens viennent promptement et efGcacement à son secours dans ce qui lui est le plus nécessaire et le plus urgent. Le plus nécessaire et le plus urgent pour Venise est de Targent. Si Venise a de l'argent promptement, beaucoup, elle pourra résister longtemps ; sinon, non ! Il faut donc que tous ceux qui veulent que Venise résiste lui procurent de l'argent promptement et beaucoup. Aussi en avons-nous demandé à toute l'Italie, et lui en demandons-nous encore ! Que votre voix éloquente, qui plaide si énergiquement la sainte cause de l'Italie dans le parlement toscan, se fasse entendre en faveur de Venise. Ce serait une honte pour l'Italie de laisser périr, faute d'argent, ce dernier boulevard de sa liberté! mais cela, par le grand Dieu, ne sera pas ! Les fautes passées doivent avoir démontré à tous la nécessité de s'entr'aider ; elles doivent avoir appris à tous ce qu'il en coûte de vouloir faire cause à part !

Que la glorieuse Toscane donne l'exemple ! vous, soyez-en le

promoteur. Aimez- moi, et croyez-moi votre ami,

Mamn.

4tS QUATRIÈME ÉPOQUE.

MANIN A N. TOMMASEO^ envoyé extraordinaire de vrnise Aupais

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