‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 133 sur 144 · M. CLINTON DAWKINS A LORD PALMERSTON · texte numérisé non relu

M. CLINTON DAWKINS A LORD PALMERSTON

Venise, 18 septembre 1848.

MaoRD,

J'ai l'honneur, en me référant à ma dépêche d'hier, d'informer V. S. que le gouvernement provisoire de Venise a donné ordre hier de préparer le logement de 5,000 hommes de troupes françaises ^.

J'ai l'honneur,

Clinton Dawkins.

* Voyez page 412 de cet oorrage, au sujet de l'euToi un moment projeté de ces tioupes.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE

(19 septembre i84S.)

Sur la proposition du Gouveraeinent, et aGn de pourvoir aux grands besoins de la patrie, plusieurs dignes citoyens ont consenti à un prêt volontaire de trois millions de livres , dont partie en numéraire, partie en valeurs de commerce.

Le Gouvernement ayant décidé, afin de réaliser promptement ces valeurs, de les faire accepter par la Banque nationale, et dVn toucher le montant en billets spéciaux dont il a autorisé en même temps rémission, etc.

Décrète :

Auront cours obligatoire, sous la dénomination de monnaie patriotique [moneta patriotica\ les billets à émettre par la Banque, conformément au décret de ce jour, etc.

Mamn. — Graziani. — Cavbdalis *.

> Le même J our, Tommaseo ignorant le nouveau sacrifice que s'imposait le patriotisme des Vénitiens, écrivit au libraire Vieusseux à Florence, la belle lettre qu'on va lire :

« Paris, 10 septembre. - Mon cher Vieusseux, Venise et l'Italie vous doivent une grande reconnaissance de vos efforts en faveur de Venise ; J'espère que tous les Italiens, chacun selon ses forces, voudront imiter votre noble exemple. L emprunt que Venise demande à contracter pour des besoins si urgents et si honorables, offrant en garantie tous ses chefs^'œuvre d'art, doit exciter la commisération et le respect de quiconque a du cœur.

« Que dirait l'étranger si les Italiens pouvaient refuser de concourir, même par un peu d'argent, à assurer l'Indépendance de leurs frères? si même dans cette occasion ils ne savaient point montrer de concorde, ni combattre l'ennemi avec de pareilles armes ? Que chaque ville italienne réunisse la valeur d'un seul des tableaux de l'école vénitienne, et l'emprunt est fait. Adresse! en mon nom cet appel à toutes et à chacune des villes d'Italie.

« Quel beau spectacle de voir ce peuple courageux se servir de sa gloire passée pour assurer sa dignité à venir ; voir la pure beauté senir de garantie pour la pure liberté I

« Le temps presse; chaque heure d'attente est pour Venise une heure d'angoisse ; ce pauvre peuple a donné à sa pairie tout ce qu'il avait : 11 a mis à porter son argenterie à la monnaie, le même empressement 'que d'autres mettent à aller recevoir une riche récompense; mais cette récompense, il l'aura dans sa conscience, il l'aura dans l'estime du monde qui apprend à le connaître.

« Italiens ! Venise en se défendant défend votre honneur ; si ce n'est d'elle , ayez pitié de TOUS-mêmes. »

N. TOMHASEO.

MâNIN â TOMHASEO.

Ve!<i8e, 19 septembre IS4S.

Nous avons reçu hier tos estimées lettres des 7 et 8 courant. M. Pasini, dont nous voyons avec plaisir que vous approuvez le choix, est chargé de se rendre partout où s'ouvriront les conférences, car il est indispensable que vous demeuriez à Paris, qui sera toujours le lieu le plus important pour nous.

Votre lettre nous apprend quelles seraient les bases probables de l'arrangement proposé par les puissances médiatrices.

Notre devoir est de refuser tout ce qui est contraire au but général de l'insurrection italienne, c'est-à-dire à Vindéperulance complète de tout le territoire. 11 faut, en outre, considérer que l'isolement de Venise serait sa ruine, tant sous le rapport politique, que sous le rapport économique. Cet isolement est repoussé par les Vénitiens^ et serait contraire aux vœux exprimés aujourd'hui par tous les habitants des provinces vénètes réfugiés à Venise ; il le serait également, à ce qu'il parait, aux désirs de l'émigration lombarde réfugiée à Lugano. [Suivent plusieurs documents et faits à f appui,)

Il sera bon de porter tous ces faits h la connaissance du ministère français, afin qu'il se persuade bien qu'une paix durable est impossible en Italie^ tant que son indépendance complète ne sera pas assurée ; qu'il y existe de grands éléments d'insurrection ; qu'une étincelle pourrait suffire pour faire éclater l'incendie ; que cette étincelle pourrait partir de Venise, où se trouvent réunis des représentants des autres populations italiennes, qui certes ne pourraient consentir à ce que les sacrifices faits par toutes les parties de l'Italie, quoique dans des proportions diverses, n'eussent d'autre résultat que de transformer Venise eu une ville hanséatique!

Ce n'est pas à Tommaseo qu'il est besoin d'expliquer les idées généreuses, ni de rappeler que dans ces moments les idées généreuses sont aussi les plus véritablement utiles, les plus véritablement pratiques.

Aimez-moi, et croyez-moi, etc.

M. CLINTOiN DAWKLNS A LORD PALMERSTON.

Venise, 22 septembre 1848.

MlLOBD,

[^ 13 au soir, mille deux cents hommes sont arrivés ; ici une partie d'entre eux servait sous les ordres du général Ehiraudo, quand cet officier capitula avec les Autrichiens à Vicence. Os troupes ont Tair martial et sont mieux équipées que ia phipart des corps volontaires qui sont venus ici. Venise renferme maintenant une garnison de seize mille hommes soldés par le gouvernement provisoire.

Les dépenses journalières du gouvernement provisoire, pour tous les services, montent à 100,000 livres italiennes, soit 3,330 livres sterling ; poury faire face il a eu recours a un autre emprunt forcé de cinq millions délivres, environ 163,000 li\Tes sterling, qui sera levé de la manière suivante :

Quarante des principales maisons de Venise garantiront trois millions de livres, s'engageant à payer celte somme entre le 1" juillet et le 31 décembre 1849, et sur leur garantie la nouvelle banque de Venise va émettre pour une somme égale de papier-monnaie. Les deux autres millions seront émis de la même manière, et la garantie sera acceptée par une grande quantité de maisons qui ne sont pas encore désignées.

Je suis convaincu qu'on se propose de proclamer bientôt de nouveau la République, pour se concilier la République française et mieux assurer les secours que les Vénitiens en espèrent toujours!

On a fait et on fera encore tous les eflbrts imaginables dans ce

but, etc ^.

Clinton Dawkins.

1 Ces efforts furent vains; mais si ie gouveraemrnt de la Republique françaife ie<ta impassible, il n'en était pas de même du peuple. Tne pièce ofUcielie, datêt> du même jour, déjà citée par M. H. Gastille dans son Histoire de ia deiuo'mt.' Re'jmfjiifjue frnmaise, le constate. La voirl :

RAPPORT Dr PRÉKKT DE POLICK. M.DlCOrX.

AU PRÉSIDENT DU CONSEIL ET AO MINISTRE !>£ l'INTI^RIEIR.

Paii*. 11 •cptembre 1949.

< Citoyens, • Le ;uirti bonapartiste esl sans contredit le plus nombreux et le plus fort ; il • ) aurait péril imminent pour la République, j'en suis convaincu, si ce parti était

MANLN A TOMMASEO, a paris.

Vbnisb, 23 septembre 1848.

Dès le 1 8 courant, le comité de la bourse de Trieste a notifié au commerce la reprise du blocus de Venise. Hier le bâtiment de guerre français le Jupiter et la frégate la Psyché ont jeté Fancre en dehors du port de Malampcco, et le jour même un bateau à vapeur autrichien, protégé par trois frégates, qui stationnaient à peu de distance, a saisi deux barques marchandes se dirigeant sur Venise. Ce matin une troisième barque a été saisie.

La population est profondément indignée de ces actes de piraterie, mais surtout de ce qu'ils ont eu lieu en présence des bâtiments français, dont la venue, à ce qu'on croyait, devait du moins servir à protéger le commerce, quand même ils n'auraient pas pour mission d'empêcher des attaques contre nos forts ou un débarquement sur nos côtes.

Nous savons que l'Angleterre et la France ont enjoint à l'Autriche d'avoir à suspendre les hostilités pendant les négociations; nous savons aussi que l'Autriche a répondu à leur injonction par

« aax mains d'hommes de cœur et de résolution. L'armée elle peuple, résolument

• attaqués par un chef qui aurait l'audace de son rôle, passeraient sous la Inn- « nière de la famille Napoléon. Le peuple n'est pas diplomate et Juge les choses « par ses instincts. Eh bien ! le bombardement de Messine, le triomphe do Boor- « bon de Naples, le succès des Autridiiens, l'alliance anglaise, tous ces faits nip>

• proches et commentés dans les groupes, font comparer notre politique actuelle « a celle de M. Guizot. On croit voir le même esprit, la même tendance, et dès « lors on craint le même résultat, c'est-à-dire : Tavilissement du pays. La Répn- « blique française périra, on le craint, sous les coups des monarchistes, sans aToîr « porté secours à aucun peuple; elle sera déshonorée dans rhlstoire. Telle est la

• conclusion des obsenations échangées dans les groupes.

« A ceux qui objectent l'état de nos finances, on répond : que Tarmée coûterait « moins en Italie, qu'au pied des Alpes ; à ceux qui craignent que notre entrée « en Italie ne devienne la cause d'une conflagration générale, les masses répon- « dent : qu'aucun roi n'est maître chez lui , que les peuples sont partout en « ebullition, et que si la République craint d'échouer dans une guerre qui serait « une guerre de principes, c'est qu'elle n'est pas née viable, etc.

« Le représentant du peuple, Préfet de Police,

« Signé : Ddcocx. »

UD refus ; maïs nous ignorons si les puissances médiatrices se sont soumises à ce refus.

Des instructions quelconques devant arriver demain ou aprèsdemain pour le consul et le commandant des bâtiments français, nous croyons devoir attendre jusque-là avant de faire à ce sujet une demande directe ; mais nous vous chargeons de communiquer ces faits au ministre, et d'invoquer de promptes mesures en notre faveur; car s'il est vrai, et nous ne voulons pas en douter, que la France ait Tintention de venir au secours de l'Italie, et principalement de Venise dans son héroïque résistance, il faut que notre position, si excessivement grave déjà, ne soit pas encore aggravée pendant les négociations diplomatiques.

Nous avons dû respecter, et nous respectons l'intervention an* glo-française pour obtenir la cessation des hostilités pendant les négociations ; nous n'avons pas voulu ni ne voudrions fournir un prétexte de dire : que nos actes sont venus contrecarrer les démarches amicales des puissances médiatrices. Mais il est certain qu'en attendant nous nous trouvons exposés à des dangers et à des insultes que nous n'aurions pas endurés dans toute autre situation, préférant risquer au besoin le peu de bâtiments de guerre que nous possédons, et qui ont été rappelés dans le port, et faire des sorties offensives de nos forts, ce que jusqu'à présent, nous nous sommes interdit.

Vous voyez à quel point notre position est pénible et difficile ; combien il est urgent que nous soyons exactement informés des résolutions précises, arrêtées par les puissances au sujet de la cessation ou de la continuation des hostilités pendant leur médiation.

Je compte toujours sur votre patriotisme et sur votre amitié.

Saluez Pasini, etc.

Mamn.

43i QUATRIÈME ÉPOQUE.

LE CONSUL VASSEUR A M. BASTIDE

(extraits.)

Vexise, iZ sqiteiiibre i849.

Les vapeurs autrichiens capturent tous les bâtiments italiens qui veulent entrer dans le port ou qui en sortent. Nos bâtiments de

^erre le Jupiter^ FAsmodée^ et la Psyché sont devant le Lido.

Les Autrichiens continuent aussi leurs travaux sur la terre ferme, et les Vénitiens n*osent les contrarier par des sorties, pour qu on ne puisse les accuser d'être les agresseurs. Le gouvernement vénitien est continuellement chez moi dans l'attente de$ nouvelles instructions que vous devez m'envoyer.

Les Autrichiens leur ont intercepté et saisi une forte quantité de pièces de drap; c'est une bien grande perte, car les troupes sont vêtues misérablement.

Les Vénitiens de la terre ferme se sont réunis pour demander à suivre le sort de Venise.

35 septembre.

L'apparition de nos navires a terrifié les Autrichiens. Les fonds ont de suite baissé à Vienne. Vous ne vous faites pas une idée de la pusilkinimité des Autrichiens quand ils voient leurs manœuvres découvertes, tandis que leur arrogance dépasse toutes les bornes quand ils veulent en imposer, a Nous viendrons bien à bout de la bonne foi de MM. Cavaignac et Bastide, » disait dans son salon le prince Schwarzenberg. Excusez-moi, monsieur le ministre; mais vous devez tout connaître, et mes renseignements sont positifs.

La flotte autrichienne devait anéantir Venise ; eh bien ! elle a paru et presque aussitôt disparu, en voyant sur le Heu le plus favorable à un débarquement nos bâtiments l'Asmodée et le Brasier. Les espions autrichiens à Venise avaient entendu dire : c( que s'ils attaquaient, nous les repousserions, d et s'étaient empressés de le leur faire savoir. C'est moi qui avais fait courir ce bruit pour gagner du temps ; on Ta cru d'autant mieux que M. de Ricaudy n a pas quitté YAsmodée^ que ses équipages s'exerçaient comme pour le combat, et que mes propres réponses étaient toujours évasivesi Le fort de l'O a eu à repousser une attaque de nuit!

Vàsselb

MEDIATION. 435

LE COMTE GHERARDO FRESCHi A MANIN.

Tdr», 25 septembre IS48.

Ami,

Nous sommes à la veille d'une grande crise, dont les résultats, si nous savons en tirer parti, doivent faire prendre une meilleure tournure aux affaires d*ltalie I 11 s'agit de former un nouveau ministère, mais tout à fait révolutionnaire ; car c'est Brofferio qni est chargé de le composer. Et sais-tu qui est le plus ardent pour cette idée? Le roi ! furieux contre ses ministres actuels, parce qu'il veut la guerre, et qu'eux ne la veulent pas, et parcequ'il est convaincu aujourd'hui que pour se la\er delà tache d'avoir transformé la guerre italienne en question dynastique, et pour cueillir le laurier qu'il ambitionne, d'être salué du titre de libérateur de l'Italie^ il faut qu'il s'appuie entièrement sur la nation, qu'il écarte de ses conseils toute cette aristocratie civile et militaire infectée d'austro-jésuitisme; qu'il déploie le drapeau d'une monarchie démocratique, qu'il combatte enfin pour l'indépendance italienne avec des principes nouveaux, des hommes nouveaux, et en répudiant tout à fait son système fusionnistc.

Est-il sincère? Veut-il nous compromettre? Je ne saurais garantir absolument ni l'un ni l'autre. Pourtant à le voir et à l'entendre en tête à tète, il a l'air d'être enthousiasmé de cette idée, je dirais même jusqu'à V exaltation I

La grande affaire, c'est de trouver les hommes qui devront composer ce nouveau ministère. Ton nom a été prononcé et le roi a souri d'un air de véritable satisfaction, lorsqu'à sa demande : si tu consentirais bien à accepter, on lui répondit : u que si la chose était sérieuse, s'il s'agissait réellement de changer le sort de l'Italie, il ne serait pas impossible que tu acceptasses le portefeuille des affaires étrangères, à condition toutefois que toute la combinaison ministérielle fût à ton entière satisfaction. »

Je fus alors invité à t'interroger le plus vite possible à ce sujet ; c'est pourquoi je t'écris en t'exposant l'affaire telle qu'elle est exactement, affaire du reste encore tout à fait stîcrète, puit^qu'elle ne se passe qu'entre le roi, Brollerio et moi.

Réponds immédiatement par exprès ; j'envoie cette lellre à Gar, qui te la fera parvenir également par exprès.

Brofferio m'a prié de faire tout au monde pour te persuader d'accepter, Rassurant que tu seras ici bien plus utile à Venise qu'à Venise même. Je le crois moi-même, et je t'engage fortement à répondre : Oui. Je sais bien que ce serait de ta part un immense sacrifice, et qu'il faudrait une complète abnégation de toi-même pour t'exposer aux quolibets et aux commentaires de la place Saint-Marc. Mais as-tu fait autre chose depuis sept mois que de te sacrifier entièrement à ta patrie ? Le tout est donc de peser comment tu pourras le mieux servir l'Italie : coomie Triumvir, à Venise, ou bien comme ministre à Turin, Turin transformé bien entendu, par une révolution.

Pour moi la question n'est pas douteuse ; toutefois, c*est à loi d'en être juge. Réfléchis donc et décide; mais promptemeot, car le roi est impatient et les événements pressent. Quelle que soit du reste ta résolution, n'attribue la démarche dont je me suis chargé auprès de toi, qu'à ma profonde et intime conviction que les affaires de l'Italie ne peuvent se relever qu'au moyen d'une nouvelle et radicale révolution, et que, par tes talents comme par ta loyauté, tu es vraiment l'honmie le mieux fait pour la diriger.

Adieu, crois au dévouement de ton ami ,

G. Frescbj ^.

1 Malgré no8 recherches, noiu n'avons pu retrouver jusqu'ici, dans les papiei^ de Manin, la minute de sa réponse au comte Freschi (aujourd'hui éloigné d'Europe ; nous le regrettons d'autant plus que, selon l'expression de personnes qui Font lue, cette réponse, à elle seule, serait « un monument à la gloire de Manln. • Eji attendant que cette lacune puisse être remplie , nous reproduirons la seule phrase que se rappelle littéralement, et qu'a bien voulu nous communiquer M. A. Broirerio ; elle suffira du moins pour faire connaître le sens de cette réponse :

« Senza crtdenni necessario à Venezia, penso tuUavia che per ora il mt» dovere mi vunl qui ; ringrazio il rè e il libero cittadino che a me pensarono : c quando la salute dell* Italia mi chiamasse a Turino sard dove mi fare appeli» la pa tria. »

« Sans me croire indispensable à Venise, je crois pourtant qu'aujourd'hui mon devoir m'ordonne dëtre ici. Je remercie le roi et le libre citoyen qui ont pensé à moi. Si jamais le salut de l'Italie me réclamait à Turin, je serai où m'appeUefi ma patrie. »

MANIN A PASINL

Venise, 30 septembre.

Nous recevons vos dépêches des 17, 18, 19 courant et tous en remercions.

r^ Malgré le blocus par lequel les navires autrichiens continuent à molester le commerce, il nous arrive toujours quelques chargements de vivres, tandis que nos petites barques côticrcs maintiennent nos communications avec Raveone à moins d'un vent par trop violent.

Venise continue à rester dans le calme. Le papier-monnaie qui représente presque toute cette partie du dernier emprunt de trois millions qui a été versée en traites, circule avec la plus grande facilité comme de Taisent monnayé; son nom de papier patriotique le fait même rechercher.

Ce n'est point sans surprise et sans attendrissement que nous

avons vu ce peuple, qui jamais n*a voulu admettre un pareil

moyen d'échange, Taccepler sans hésitation, et lui donner cours

sans la moindre préférence pour l'argent monnayé ^ !

Manin.

> Le peaple baisait avec une sorte de religion le papier patriotique ; toutes les fois queManln parlaltde ce fait.sses yeu\ devenaient humides ; il s'en enorgueillissait justement; car le même peuple avait toujours repoussé énergiquement le pai)i«*r> monnaie de TAutriche. 11 en fut de même après la réorrupation. Depuis 1K5*J seulement, les Vénitiens ont été forcés de par la loi de rerevoir toute espèce de paiement en papier-monnaie, et de payer les Impôts dont ils sont écrasés en aremt monnayé. Une seule année de ce régime a sufA pour faire disparaître tout le numéraire de cette malheureuse province.

43fi QUATRIÈME ÉPOQUE,

LE CONSUL VASSEUR A M. BASTIDE

Venise, 3 et & octobre 184S.

V Océan, bâtiment à yapeur du commerce, est entré dans le port de Venise apportant de Gènes 6,000 fusils, n y a quia» jours que l'amiral Albini a fait remettre au gouvernement provisoire 540,000 fr. On respire un peu. Le froid est vif, elles militaires reçoivent des vêlements de toutes les couleurs. Jusqu'aux tapis des billards sont transformés en vêtements ; les {lalais sont dévalisés pour le même objet.

5 tepteinlxre.

M. Astruc, associé de la maison Rothschild pour la saline de Venise, a été chargé par M. Rothschild de dire officieusement au gouvernement provisoire que : s'il voulait entrer directement en pourparlers avec le cabinet autrichien , et lui écrire à Vienne, on serait reconnaissant de cette démarche, et par cela même trèsaccommodant; une constitution serait donnée, des privilèges accordés, etc., etc.

M. Astruc étant venu chez moi, je l'ai conduit chez M. Manin dont voici la réponse : « Comme nous n'avons aucune espèce de « confiance dans la bonne foi du cabinet autrichien, nous nous « garderons bien d'entrer en pourparlers avec lui. ProbableraeDl « ce qu'il voudrait c'est de pouvoir écrire aux puissances médiace trices : Ne vous occupez plus de la Vénétie, car elle demande c( à traiter directement avec moi. » Si l'Autriche est devenue si tt compatissante pour nous, qu'elle fasse une demande d'ar- « gent après avoir retiré ses troupes, et que notre indépendance tt soit garantie par la France et l'Angleterre. x>

Presque tous les petits bateaux qui approvisionnaient Venist* ont été capturés ; aussi les denrées sont-elles d'une rareté incroyable. Même les personnes riches ne peuvent avoir de h viande. L'Autriche sait toute cette misère et compte là-dessus; il faut donc absolument (ju'une prompte mesure soit prise^ etc.

Vasseur.

MANIN A V. PASINI, a paris.

Venise, 5 octobre 1848.

iNous sommes toujours attristés par l'incertitude ou plutôt par la plus complète ignorance au sujet des négociations diplomatiques. En même temps l'apparition fréquente dans nos eaux de bâtiments autrichiens dans le but d'y maintenir le blocus (que nous tâchons pourtant d'éluder de notre mieux) et l'inaction persistante des navires de guerre français, tout cela affecte très-douloureusement le gouvernement, et jette en même temps des ferments d'irritation et de méfiance dans le peuple, bien qu'il conserve une attitude parfaitement calme.

L'état de défense de nos forts nous donne une suffisante sécurité ; les ressources financières que nous avons créées, nous permettent de faire face aux besoins du mois courant et d'une partie du mois prochain ; la ville est bien approvisionnée en vivres de première nécessité, quoique la viande, dont l'arrivage est devenu difficile, ait subi un grand enchérissement. Nous espérons toutefois que notre excellente commission annonaire saura trouver quelque nouvelle mesure pour retarder au moins la )k^ nurie complète.

Tout ce qu'il a été possible de faire, nous l'avons fait; tout ce qu'il sera possible de faire encore, nous le ferons ; mais nous ne voudrions pas que les ambages de la diplomatie i*endissent inutiles tant de nobles sacrifices ; et que, renvoyant artificieusemeut k long terme les conférences, on nous réduisit à succomber faute d'argent et faute de vivres !

Pénétrez- vous bien de l'extrême gravité de notre position, rt ne cessez d'élever la voix, si ce n'est au nom de la politique, du moins au nom de l'honneur des puissances médiatrices, et plus encore au nom de l'humanité.

Manin*

M. PASINI A LORD PALMERSTON.

Paus,< octobre 184a.

MlLORD,

Le GouTernement provisoire, nommé à Venise par F Assemblée (les députés, le 13 août, a cru avoir le droit, et en même temps le devoir, de faire représenter les droits et les intérêts de la Vénétie, dans les conférences diplomatiques qui vont avoir lieu pour la pacification et la réoi^anisation politique de Tltalie; et cela par un envoyé qui interviendrait auprès des délégués des liantes puissances médiatrices, muni de pleins pouvoirs au nom dudit Gouvernement.

Le Gouvernement vénitien a cru avoir ce droit, parce qu'il est dans la pleine possession de son autonomie, dans le plein exercice de ses pouvoirs souverains; et il a cru en avoir le devoir, parce que son élection par l'Assemblée avait explicitement pour but la défense des intérêts politiques du pays.

Le Gouvernement vénitien est parfaitement convaincu d'ailleurs qu'en agissant de la sorte, il a l'entière approbation et la protection efficace de l'Angleterre. De même que le Cabinet anglais reconnaît une haute importance à ce que Venise conserve sa liberté et ne soit ni attaquée ni bloquée pendant les négociations, de même il trouvera bon et juste que les vœux de Venise soient entendus par conférence. L'Angleterre reconnaît certainement que le gouvernement vénitien est l'oigne le plus sincère et le plus légitime des intérêts de son pays.

Votre Excellence voudra donc me pardonner si, nommé par le gouvernement vénitien à cette difficile mission, et entièrement convaincu des sentiments bienveillants de V. E. envers nous, je prends la liberté d'en solliciter l'application. La responsabilité qui pèse sur moi, dans cette solennelle occasion, est trop grave pour que le dévouement de Votre Seigneurie aux vrais

progrès des nations ne me concilie pas son intérôt tout entier.

Ne craignez pas. Milord, que le gouvernement vénitien, en se présentant aux puissances médiatrices, se propose de soutenir des prétentions exagérées. Son attitude, dans cette dernière phase de notre révolution, doit vous assurer du contraire. Aucune forme de gouvernement, aucune agrégation déterminée de territoire n*d été adoptée d'avance. Loin de là, le Gouvernement nouveau ainsi que TAssemblée qui Ta nommé ont voulu réserver la plus grande liberté, soit aux plus mûres délibérations de la nation, soit aux plus prudents conseils des puissances amies.

La seule chose qui, dans celte dernière phase de notre révolution, ait acquis une confirmation plus grande encore, s*il est possible, c'est la résolution très-arrétce du pays de vouloir son indépendance.

Evidemment ce n'est que pour écarter les dangers d'une occultation, même tem))orairc de la part des Autrichiens, que Venise, se voyant abandonnée par le Piémont, est revenue avec un élan si vigoureux et si unanime à sa première indépendance. Ce sera <lonc seulement à l'égard de cette indépendance que je me |)ermettrai. Milord, de vous présenter quelques recommandations préliminaires. Je dois à la loyauté dont notre situation nous fait un devoir strict envers une puissance qui peut et veut nous prêter une assistance efficace, de lui faire connaître nos pensées les plus intimes.

Il parait que, sans la crainte de la guerre ou Tinfluence de la médiation, l'Autriche eut voulu que la Lombardie et la Vénétie, tout en formant un royaume séparé, eussent toujours pour sou- \crain l'empereur d'Autriche, et que pour les aflaires diplomatiques, militaires et de flnanccs, le centre fût toujours en dernier ressort à Vienne. Mais il est évident que les aflaires diplomatiques, militiiires et financières dominent toutes les autres branches de l'administration, évident que les maîtres de l'armée et de la finance le sont aussi de toutes les autres opérations gouvernementales, qui réellement dé])endent de cet argent qui doit les payer et de cette force qui doit les soutenir, évident enfin que, maîtresse du royaume Lombard-Vénitien dans les aflaires diplo-

maiiques, militaires et financières, rAutriche mainliendrait sa fatale influence sur les autres parties de l'Italie.

Nous sommes certains, par conséquent, que la médiation, ayant pour but principal Taffranchissement de l'Italie, écarte par son principe même cette combinaison que TAutricbc, de son propre gré, voudrait accorder au royaume Lombard-Vénitien. En agissant ainsi, la médiation ne fait pas seulement respecter le principe des nationalités , mais elle pourvoit aussi à cette tranquillité qui ne peut s'établir et se maintenir en Italie .sans Tindépendance complète de tout son territoire.

Mais il existe une autre combinaison sur laquelle nous devons attirer la bienveillante attention de V. S. ; c'est celle d'un royaume Lombard-Vénitien « séparé de l'empire autrichien, mais qui aurait pour roi un prince de la maison de Lorraine. Ce projet présente encore les plus grands dangers pour notre indépendance et pour la tranquillité de l'Italie. Qu*il me soit permis. Milord, de vous exposer avec franchise la pensée de mon gouvernement à cet égard.

Mon Gouvernement est intimement convaincu que, dans l'état actuel des esprits à Vienne, ni ministère, ni diète ne pourraient soutenir un arrangement dans lequel on se proposerait de poursuivre un intérêt purement dynastique au détriment des intérêts plus réels de la nation ; or, dans la combinaison dont je viens de parler, Tintérêt dynastique seul serait favorisé, si une véritable indépendance au dehors et une sincère constitution au dedans étaient accordées , tandis que l'intérêt national de l'Autriche y serait au contraire négligé, attendu que nos sacrifices pécuniaires ne pourraient être que beaucoup moins considérables dans rhypothèse où un prince autrichien nous serait imposé: par conséquent, ni le ministère, ni la diète de Vienne ne donneraient leur consentement à la nomination d'un prince autrichien, si ce n'est en prenant avec lui des arrangements au moins secret^ qui léseraient notre indépendance.

Mais, même en admettant que le cabinet autrichien adopterait ce projet de bonne foi sans stipulations secrètes et contraires, il serait impossible de persuader cela ni à la Lombardie ni à la Vénétie, ni aux autres parties de l'Italie. D'un côté la défiance

des Lombards et des Vénitiens serait permanente, la tendance des autres parties de l'Italie à se débarrasser de cette dépendance nu moins apparente de TAutriche serait aussi permanente : par conséquent, des mouvements dangereux éclateraient dans le ix>yaume Lombard-Vénitien toutes les fois que Vienne s'agiterait, ou que d'autres parties de l'Italie se croiraient en mesure de recommencer la lutte. D'un autre côté, les arrangements entre ce royaume Lombard-Vénitien et les autres parties de l'Italie en éprouveraient la plus grande difficulté, et il serait impossible |>our ce royaume de trouver dans l'assistance directe ou indirecte du reste de l'Italie, le moyen de pouvoir se charger d'une quotité considérable de la dette publique de l'Autriche.

En résumé : sans l'adoption loyale et l'application complète du principe de la natioîialité, on n'arrivera pas à la paciGcatiou entière et durable de l'Italie, tandis qu'en laissant la nation italienne se reconstituer , l'Autriche obtiendra des avantages que toute participation même indirecte à nos affaires lui enlèverait.

Mon gouvernement est vivement préoccupé aussi d'une autre pensée, tout à fait conforme aux vues sages et prévoyantes de l'Angleterre.

11 est très-imporUint pour la pacification entière et durable de l'Italie que le principe libéral modéré, le principe du vrai et raisonnable progrès, soit sans délai affermi dans les éléments qu'il possède actuellement. Kn Italie, ce principe sera sans avenir si on ne l'aide à faire dès à présent une alliance sincère avec la complète indépendance du pays. Sans engager en ce moment une formelle discussion sur la réorganisation politique la plus convenable à l'Italie septentrionale, j'affirme que si le principe libéral modéré ne saisit pas cette occasion pour faire cause commune avec le principe de l'indépendance, il sera exposé peut-être à périr. L'Italie où jusqu'ici n'ont pas pris racine ces principes exagérés qui se manifestent dans d'autres pays de l'Europe, les verrait sans doute gagner beaucoup de terrain du moment qu'on les croirait nécessaires pour reconquérir cette indépendance que le principe modéré aurait été insuffisant à obtenir. Je n'ai pas besoin de signaler à Votre Excellence les symplA-

mes qui révèlent ce danger. Il me suffit d'affirmer à Votre Excdlence que quant à nous, dans la modération de nos idées politiques, nous remercierions hautement .FAngleterre comme d'un grand bienfait, si eUe nous aidait, dans ses vues favorables au vrai progrès, à réaliser cette alliance immédiate du principe libéral modéré avec le principe de Y indépendance^ laquelle doit avoir lieu immédiateinent pour pouvoir épargner à nous et à l'Europe entière, les convulsions politiques les plus affreuses.

Voilà, Excellence, les sentiments avec lesquels nous tous recommandons la cause italienne.

Fermement persuadés que les puissances qui veulent soutenir par leur médiation le principe des nationalités (seul fondement réel delà paix européenne dans l'avenir), voudront écouter ceuK en faveur desquels s'opère cette médiation ,

Intimement convaincus qu'à moins d'exclure de l'Italie Télément autrichien direct ou indirect, on ne peut y établir ni vraie indépendance, ni pacification pleine et durable ,

Loyalement disposés d'autre part à tous les sacrifices compatibles avec les ressources du pays, et qui sans nul doute pourront être beaucoup plus considérables si une complète indépendance et une pacification durable nous mettent à même d'obtenir le concours direct ou indirect des autres Etats italiens ,

Profondément convaincus aussi que, sans l'immédiate alliance du principe libéral modéré Ksec le principe de t indépendance^ l'occasion de nous reconstituer d'une manière favorable à la paix de l'Italie et à celle de TEurope, serait perdue.

Nous avons pleine confiance que V. S. voudra nous aider à faire cesser les maux qui affiigent notre chère patrie. Je serais heureux si V. S., cédant à sa sympathie pour l'Italie, voulait avoir la bonté de me donner quelques conseils pour mieux atteindre notre but. Et si je pouvais me flatter que ce ne serait pas trop abuser de sa bonté, je m'empresserais d'aller moimême lui porter mes hommages.

Je mets sous vos yeux, Milord, le contenu de la lettre qui m'accrédite auprès des puissances médiatrices.

Agréez, Excellence, l'assurance du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, etc. ^. Pasini.

< Le 29 septembre, lord Palmerston, pressé par les instances réunies de la France et de l'Autriche (que cette dernière puissance accompagnait des promesses' lea plus libérales), avait consenti à se joindre de nouveau à la France dans une médiation pour la pacification de lltalie, bien que cette médiation fût désormais sans base ; mais en même temps le ministre anglais exprimait chaque jour son intention dene paa se départir tout au moins des conditions présentées en commun, que déjà il considérait comme peu satisfaisantes pour X^mtionalité italienne et, partant, pour la pai\ de l'Europe, puisque même ces conditions admettaient le sacrifice de rindéi)endance de la Vénétie.

La lettre de l'envoyé vénitien parvint à lord Palmerston le 8 octobre, nous reproduisons plus loin ses réponses ostensibles à Manin et à Pasini ; mais la pensée réelle de l'homme d'État anglais se trouve dans la dépêche suivante qu'il adressa le lendemain 9, à lord Ponsonby à Vienne.

Foreign- Office, 9 octobre.

« MiLoan,

« J'envoie ci-joint à V. E. copie d'une dépêche que je viens de recevoir du viceconsul de S. M. Britannique à Milan, relatant l'état des choses en Lombardie. Je charge V. E. de donner lecture de cette dépêche à 31. le baron de Wessenberg eu lui disant : que le gouvernement de S. M. la reine le prie de considérer sérieusement et sans passion, si 1 existence d'un pareil état de choses, lorsque la haute Italie est occupée par riO,000 hommes de troupe, et que toute résistance matérielle contre la domination autrichienne est impossiliie, si, dis-je un pareil état de choses peut être considéré comme donnant lieu de croire qu'il y ait aucune chance pour TAutriche, alors que l'armée sera réduite au pied de paix (ainsi qu'elie doit l'être nécessairement dans un temps donné), de pouvoir coiisener d'une manière utile et permanente ce pays dont les habitants sont uni\er8eilementet profondementiiiibus d'une haine invincible contre la domination autrichienne?

« 11 serait certainement plus sage de la part du gouvernement autrichien, et plus utile à la force réelle et propre de cet Kiiipîre, d'alfraïK-hir ces populations d'une domination qu'elles considéreront éteruelleuient comme un joug ; et de saisir l'occasion favorable qui se présente pour leur faiie pa\er la separation d'avec la couronne impériale par un juste et équitable arraniienient pécuniaire.

« Il n'y a ancun motif raisoimable de .supposer que, si la domination autrichienne eat aujourd'hui rétablie dans ce pa)s, le mécontentement ne saiMra pas la première occa^iion pour éclater de nou>eau en insurrections, tn grand déploiement de forces au prix d'une grande dépense d'uruent deviendra de nouveau nécessaire pour dompter ces révoltes ; le secdurs étranger sera de nouveau imploré pour empêcher ces provmces de retomlier snus le jou^, et, après cette nouvelle expérience de rimpo»stbillté de réconcilier cette nation avec la domination autridiienne, on ne peut guère douter que ce secours lui soit accordé.

« Le résultat serait une guerre entre l Autriche et un adversaire plus redoutable que les provinces lomliardes, et lors même que cette guerre deMendrait européenne par la participation d'autres puissances qui s'y trouveraient entramees, encore n'y a-l-ii guère motif de croire que le résultat linai luKvsit I Autriche en pOMesision d'aucun territoire au delà des Alpes. Mais il y a plus, et l'Autriche devrait y rélléchir mûrement ; c'est que : toutes disposées que pourraient être ies puissances alliées et amies de l'Autridie à lui porter secours, si elle était meiuicée ffnns von existence propre *'t iéyitime en Ai/ematjw, il exvtte au xujft de >rt preteniwHS h impf)ser sonjuuf/ aux llaliew* un sentunfnt si général de leur mju^ttrf, que ce sentiment pourrait a\oir pourelfet de lai.v«r l'.^utriche avec bien peu d'aide dana le cai d'une semblable guerre. •,— PALiica2»T0N. (Correxp.^ t. lU, p. 472.)

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