PÉTITION
DE U. l'avocat JEAN-FRANÇOIS AVRSANl ▲ LA OOKGRBGATiON CENTRALE DES PROVINCES VÉNÈTES.
Présentée le W janvier IH48, à deux heures et detnie, n. 279.
Illistre Congkégation Centrale,
Moi aussi, je suis un habitant du royaume, t3i j'ai mes désirs à faire connaître à la Congrégation centrale que Sa Majesté a instituée pour les accueillir.
Quelques-uns intéressent la dignité même de la (congrégation centrale et celle de la commission qui a été nommée par suite de la résolution du 5 janvier courant.
On assure que le second mémoire de M. l'avocat Manin, contenant le détail des besoins et des désirs du pays, quoique enregistré, ne se trouve ni dans les mains de la Congrégation centrale, ni dans celles de sa commission ; mais qu'il a été remis par M. le comte Nani-Mocenigo, déi)uté, directeur de la chancellerie, au gou\erneur et retenu par celui-ci.
Li Congrégation centrale comprendra qu'il est de sa dignité de faire connaître que cette soustraction de ses actes n'a jamais existé ou qu'elle a cessé.
De plus on assure que la commission attend des informations et des rapports des autres députés centraux, sur les différents besoins et désirs qu'on recueille de divers côtés.
Cette position de la commission, s'il est vrai qu'elle lait choisie et acceptée, est anormale et condamnée par l'opinion publique.
Les commissions sont instituées pour s'enquérir et faire des rapports aux autres membres du corps entier, et non pour en recevoir d'eux.
L*opinion publique croit voir dans ce bouleversement des règles habituelles et journellement observées, une tendance à éluder la grande question générale (|ui agite les âmes, à la transformer en de minutieuses questions locales, et à susciter des conflits de votes municipaux , tandis que tous , nous nous confondons dans un seul et même vœu yéuéral ; entin , à pi-ovociuor ainsi , d'er»
haut, des concessions incomplètes et impuissaniesà nous satisfaire.
La commission doit s'occuper de ce désir général qu^elle ne peut ignorer, et remettre à un autre temps les choses secondaires, municipales et provinciales.
Et puisque le second mémoire de M. Tavocat Manin donne le détail de ces besoins et de ces désirs, la commission doit les examiner un à un et donner son vote motivé pour leur adoption ou leur rejet.
En attendant, et pour ce qui concerne la chose la plus importante, c'est-^-dire la plus grande autorité qu'on désire dans le Tice-roi, y compris tout ce qu'elle comporte, je suis d'avis que la Congrégation centrale doit représenter à Sa Majesté, que ce désir n'est point une idée libérale et radicale moderne (dénomination par laquelle les ministres rétrogrades repoussent toute innovation, en épouvantant leurs maîtres) ; mais que ce n'est que la reproduction des institutions qui ont été données à ces mêmes provinces par le souverain son prédécesseur, Napoléon, qui est regardé comme le plus grand despote du monde.
Dans le royaume d'Italie, l'autorité du vice-roi était entière, et, pour quelque affaire que ce fût, l'intervention de Paris n'était pas nécessaire.
11 n'existait aucun ministère à Paris qui s'occupât des affaires intérieures du royaume d'Italie. Seulement un ministre pour les affaires étrangères y siégeait auprès de l'empereur.
Au contraire, il existait auprès du vice-roi un ministère complet pour les affaires du royaume : ministère de l'intérieur, ministère de la justice, ministère du culte, ministère des finances, ministère du trésor, et tous Italiens,
Toute l'armée était italienne.
Le royaume payait à l'empire une somme annuelle conune tribut fixe, et tout le reste se dépensait dans le royaume et était administré séparément par le ministère des finances du royaume même. Chaque année, il publiait en un gros volume le compte rendu des dépenses. Ces comptes rendus passent dans toute l'Europe pour un chef-d'œuvre de comptabilité, d'administration publique, de finances et de statistique.
Les jugements, soit civils, soit criminels, avaient lieu publi-
quement et la procédure était orale. Tous les employés, grands ou petits, étaient Italiens,
Que Ferdinand concède donc ce que Napoléon concédait; ce n'est point une utopie, puisqu'elle a été mise en pratique ; ce n'est point une idée libérale ou radicale, puisqu'elle a été l'idée d'un grand despote. Ferdinand ne perdra rien pour cela de sa souyeraineté. comme Napoléon n'en perdait rien ; il ne fera que régner paisiblement et économiquement sur un peuple paisible, au lieu de régner avec inquiétude sur un peuple inquiet, tout en dépensant peut-être un million de francs de plus par jour pour s'armer contre l'opinion publique, comme s'il s'agissait d'une puissance, en même temps qu'on lui persuade, par une admirable contradiction, qu'il ne s'agit ni d'une puissance, ni de l'opinion publique, mais seulement de quelques malintentionnés.
Oue l'empereur accorde un grand pouvoir à un vice-roi, son oncle, en amoindrissant celui d'un autre oncle ; qu'il ne fasse |M)int dépendre son vice-roi de ses ministres à Vienne, cela ne diminuera en rien sa souveraineté. Sans doute l'autorité des personnes susdites, ses sujets, en sera diminuée; mais ces personnes elles-mêmes ne souffriraient pas qu'on les accusât d'une ambition poussée jusqu'à vouloir mettre cette ambition en balance avec l'intérêt du peuple et celui du souverain, et jusqu'à lui faire dépenser pour cela un million de francs par jour.
Celui-là est ami de son souverain qui l'engage à concéder ce qui ne coûte rien à sa souveraineté, et au contraire calme son peuple et rend son règne paisible, liais il n'est pas l'ami de sou souverain celui qui lui conseille de dilapider le trésor pour combattre la résistance de son peuple, et les troubles de son royaume, ou bien, s'il l'est, il se trompe lui-même et conséquemment trompe le souverain sans le vouloir.
C'est une erreur que de croire ou de faire croire qu'il ne faut rien concéder dans la crainte qu'on ne vous demande de nouvelles concessions. Quand les désirs honnêtes des modérés sont satisfaits, il ne reste que les immodérés qui sont et qu'on peut alors croire peu nombreux.
C'est encore une erreur de croire et de faire croire qu'il ne laut rien concéder à un {peuple agité, en donnant pour prétexte
^ PRKMIÉRE ÉPOQUE.
k dignité souveraine. D'ailleurs le peuple ici n'est pas armé ; i( est désarmé, et, malheureusement, une page sanglante de l'histoire de ces derniers jours vient de le démontrer. (1).
Peut-être conseiUera-t-on d'attendre que le peuple vienne soutenir ses demandes les armes à la main? Mais comment peut-on penser à lui défendre d'élever la voix de la prière jusqu'au trône comme elle s'élève à Dieu; jusqu'au trône, dis-je, auquel il est bien plus difficile de faire arriver les cris du peuple. Conseiller do comprimer même la voix du peuple, est-ce là uu bon conseil?
C4e peuple a attendu pendant trente-trois ans en silence et attendu inutilement. Si quelques âmes courageuses élèvent pour lui la voix, on les méprise parce que leur nombre est minime, et on les nomme fanatiques. Quand tout le peuple crie, alors au lieu de confesser sa propre erreur, on dit que ce cri universel ne doit pas être écouté, précisément parce qu'il est universel.
La dignité du souverain serait blessée par ce langage contradictoire, et non parce qu'il aurait prêté Toreille à la voix de son peuple. 11 est une vérité enseignée par Thistoire ancienne et malheureusement aussi par la moderne ; c'est qu'au contraire, en ne voulant pas concéder promptement (je ne dis pas le peu, mais l'honnête), on est forcé de trop concéder ensuite ; car le parti de& modérés aura déserté pour accroître celui des immodérés.
Qu'on prenne bien garde à la récente manifestation qui s'est produite non-seulement par la voix du peuple (qui ne peut point arriver jusqu'au trône, ou y arrive altérée), mais par un fait incontestable, la privation à laquelle le peuple s est condamné, privation qui, nécessairement liée à celle du trésor, ne saurait être cachée au souverain.
Si toute une population a cherché une manifestation de ce genre, en se condamnant à une privation, ibfaillait Vécouterei non pas la provoquer, et non pas faire naître une scène de sang qui a augmenté l'irritation au lieu de la calmer, comme, par une erreur inconcevable, on l'avait pensé.
Cette grave erreur a été réparée par la dernière proclamation de Son Altesse Impériale le sérénissime archiduc vice-roi, en date
(1) Des collisions sanglantes entre la troupe et le people avaient eu lieu à MHan, à Trévise, à Padoue,
flu 9 courant, adressée aux habiUints de Milan, proclamation qui garanti à cette population : « i"" sa haute protection contre toui abus de pouvoir ; 2"* sa résolution, déjà réalisée, d'appuyer aur près du trône ses vœux, et l'assurance où il est qu'ils seront exaucés par la grâce souveraine. »
La Congrégation centrale vénète ne doit pas cesser pour cela de faire connaître que les besoins et les désirs de ces provinces sont les mêmes que ceux des provinces lombardes, sans être ni moins vifs, ni moins urgents. Déjà même la Gazette piémon^ taisey ainsi que d'autres journaux italiens, publient les vœux de notre royaume, et les réponses du gouvernement.
Que la congrégation centrale vénète pense enfin qu'elle agit en face de l'Europe; qu'elle pense que le monarque, loin d'approuver un silence qu'on qualifierait mal de respectueux , ou une peureuse dissimulation, aurait au contraire le droit de rejeter sur elle tout reproche des conséquences qui en dériveraient ; car il a voulu que tous députés lui jurassent, et ils ont tous juré ainsi : « Que nos propositions et que nos opinions seront uniquement dirigées vers le bien général, sans aucune vue particulière, et dictées seulement par là vérité et le devoir. »
Je termine par un avertissement. C'est que je n'entends pas exclure les autres propositions de M. l'avocat Manin pour avoir démontré comment, il ne s'agirait, en grande partie, que de copier le despote, au lieu de recourir à des innovations que quelques personnes croient condamner en les appelant libérales. La condition des temps présents exige quelque chose de plus que ce que ce grand absolutiste avait concédé, il y a quarante-deux ans.
Dans le royaume d'Italie, il existait aussi un corps législatif, sans le vote délibératif duquel on ne pouvait décréter des impositions ni faire de nouvelles lois. H est vrai que Napoléon a ensuite dissous, et n'a plus convoc]ué, ainsi qu'il le devait aux termes des statuts, le Corps législatif; mais il est également vrai qu'on range cet acte despotique parmi les causes qui ont amené sa chute.
Que la Congrégation centrale, en pesant ces différentes propositions, se pénètre de cet enseignement de l'histoire, et qu'elle dise la vérité au monarque ainsi qu'elle a juré de le faire.
F. AvESAm.
4(r PREMIÈRE ÉPOCHHi^-
MCOLO TOMMASEO A M. I/ÉVÊQUE D'IJDINE.
ib janvier lS4<r.
Très-Iixustre et Révérend Monseigneur.
J'ai longtemps hésité, moi laïque et inconnu de votre Révérende Sainteté, à vous adresser la parole; mais des conseils influents et la voix de ma conscience me forcent à parler.
Monseigneur, on a presque violemment 6té la vie à un Italien,, un de vos enfants, un innocent; beaucoup d'autres ont été menacés. On a provoqué, insulté nos personnes et toute notre malheureuse nation. La voix de la ville entière qui en fut témoin et la .voix du sang répanda àXrévise, à Milan« à Pavie, crient devant votre-âme. Monseigneur, et devant Dieu. Vous, prêtre et Italien, qui avez parlé au peuple en lui recommandant la soumission, vous devez maintenant parler au prince en lui conseillant la justice ; vous devez lui certifier que le danger plane sur sa tête ; vous devez prier le vice-roi de ces provinces de ne point appeler les Milanais seuls, ses bien-aimes [diletti Milanesi), mais tous ceux qui souffrent, qui attendent et qui ont droit à ces améliorations qu'il a lui-même, dans sa probité, avouées nécessaires. Vous avez rendu à César beaucoup plus qu'il n'appartient à César; rendez à l'humanité et à l'honneur ce qui appartient à Thumanité et à l'honneur. Rappelez les promesses faites par l'Autriche en 1815, de donner à lltalie un gouvernement national, un Tic&-roi indépendant des dicastères auliques, des députés réprésentant, non d'une façon dérisoire, les droits et les besoins de Tltalie, des censeurs obligés de permettre que les défauts et les erreurs du gouvernement soient publiquement signalés; rappelez ces promesses, qui sont les bases de notre soumission et demnndez-ea l'accomplissement. Au droit opposez le devoir, à la force la raison, à la passion la charité ; démontrez que le véritable intérêt du prince n'est point ennemi de l'intérêt de ses sujets , mais qu'il en dépend aujourd'hui plus que jamais. Les Autrichiens écouteront votre voix et celle des autres prélats ; et ils apprendront à respecter l'épiscopat, dont ils se servent comme d'un
dicastère aulique. Le salaire que vous avez reçu ou que vous pouve/. recevoir de Sa Majesté, au souvenir de la parole de TApèlre, vous le regarderez comme de la boue si vous pensez à votre âme. Et, si vous pensez que ce salaire est souillé de sang, pour rien au monde vous ne recevrez le prix du sang.
Ce n'est pas l'Empire qui vous a fait évêque, c'est l'Église. Ce n*estpas l'Autriche qui vous salarie, c'est le peuple; les bienfaits de l'Autriche, fussent-ils gratuits, ne seraient pas plus grands que les bienfaits de Dieu. Quelle honte pour l'Eglise du Christ de voir que des magistrats et des commissaires de police osent donner au gouvernement des conseils plus pieux que n'osent en donner les évéques ! Quelle honte que les ennemis de l'Église se fassent les défenseurs des droits des peuples, et que les hommes de religion n'aient de parole que pour commander le silence et la lâcheté ! comment conformer de telles paroles avec l'autorité de ces pages divines qui ont inspiré aux Ambroise et aux Chrysostome le généreux langage dont retentissent encore le temple du Seigneur et toute la terre ? Le pasteur muet et indolent qui laisse déchirer ses brebis, n'aura pas, au jour suprême, le nom de pasteur, mais celui de mercenaire. Le prêtre s'il n'a pas des entrailles de citoyen, est un blasphème vivant. Monseigneur, croyez-vous si désirable de n'être célèbre en Italie que par cette seule encyclique au bas de laquelle le dernier en rang de vos pré. très ne voudrait pas voir figurer son nom ?
Je sais bien que vous n'avez pas prévu tous les mauvais eflets qui devaient en rejaillir; et je ne doule point de la droiture de votre âme. Mais, c'est le cœur afûigé et humilié, que j'écris ces lignes, pourtant sans rancune et sans haine, avec une confiance secrète et invaincue ; Dieu connaît mes motifs.
Par charité, ne dédaignez pointma voix ; elle n'est point ennemie. Parlez, non pour exciter, mais pour prévenir des malheurs ; par pitié pour la nation et le prince, parlez, parlez, puisqu'il en est temps encore, pour n'avoir pas à vous écrier un jour : Mal* heur à moi qui me suis tu !
Excusez mon audace et crovcz-moi
Nicok) TOMMASKO.
42 premiers: époque.
Î.E CONSUL GÉMLRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON
Venise, 18 janvier 1848.
MiLORD,
J'ai rhonneur d'informer Votre Seigneurie que l'exemple dé la Congrégation centrale de Milan a été suivi par la Congrégation de Venise qui a demandé la nomination d'un comité pour examiner l'étal du pays, afin d'éloigner les causes du mécontentement exist^mt. Quoique les provinces vénètes , comme je l'ai déjà dit, aient été jusqu'ici beaucoup plus tranquilles que celles de la Lombardie, elles paraissent maintenant disposées à faire cause commune avec celles-ci, et il est surprenant d'observer le changement qui est survenu depuis peu. Quand j'ai quitté Venise au commencement de novembre dernier, tout était parfaitement tranquille, et malgré la légère émotion produite par les discours de quelques personnes pendant les séances du congrès scientifique^ la société était dans son étit habituel. Maintenant il en est tout autrement; les Vénitiens ont adopté le système des Milanais, et il y a à peine une maison vénitienne où Ton admette un Autrichien. Beaucoup de personnes ont pris involontairement cette détermination, maiselles agissent sous un système d'intimidation qui est porté à un degré incroyable. Les personnes que Ton suppose favorables au gouvernement sont signalées à l'exécration publique, et leurs nom» sont écrits sur les murailles comme traîtres à leur pays. Cependant, à part les investigations continuelles de la police, le gouvernement parait inactif, et il est réellement déplorable de voir avec quelle lenteur les affaires sont traitées. L'absence de tout contrôle se fait horriblement sentir, et surtout les autorités locales elles-mêmes la reconnaissent en se plaignant aigrement des retards du gouvernement de Vienne , dont elles ne peuvent obtenir de réponse à leurs représentations répétées. Ceci est surtout évident en ce moment à Milan, où des mesures décisives sont indispensables, mais où personne ne semble savoir qui est le chef du gouvernement. Le vice-roi, le
gouverneur comte Spaur, le commandant en chef maréchal Kadetzki, le comte Fiquelmont et le directeur général de la police exercent chacun Tautorité, sans que personne paraisse responsable des mesures qui sont adoptées. La seule chose qui aille toujours en progression, c'est l'augmentation de l'armée ; et malgré la mauvaise saison, des troupes arrivent journellement dans ces provinces. Je crains que les troupes qui arrivent n'aient, pour la plupart, des sentiments hostiles aux habitants, sentiments qui augmenteront par le contact des troupes déjà en garnison; entre le peuple et elles, il y a une grande irritation. A Milan, comme je l'ai déjà dit, ce sentiment existe tout spécialement; toutefois je ne pense pas que les Milanais méditent en ce moment rien qui ait le caractère d'une provocation ouverte. Ils paraissent, au contraire, préoccupés de maintenir aussi longtemps que possible leurs démonstrations dans des limites telles que le gouvernement ne puisse pas s'en mêler, mais en soit peut-être encore plus embiirrassé. Si cependant une collision avait lieu entre les troupes et la population (et il faudrait peu de chose pour l'amener), les consequence's, je le crains, en seraient très-sérieuses.
Je peux ici noter une démonstration faite par les Milanais, dont |M'rsonne ne se doutait avant qu*elle eût lieu. Les habitants ont la coutume de se réunir les dimanches et les jours de fête, sur une partie «les boulevards appelée Corso Francesco , qui est alors encombrée de voitures et de piétons. Le dimanche 9, premier jour de fête depuis les événements du 3, le Corso Francesco était désert, tandis que la partie du boulevard voisine de la porte de Home était remplie d'une foule compacte. Les Milanais ont maintenant choisi cet endroit comme promenade, l'ont baptisé du nom de Corso Pio \ono^ et ne fréquentent plus le Corso Francesco ainsi nommé du nom de l'empereur François. L'unanimité re- ^larquable qui s'est montrée dans les démonstrations faites jusqu'ici, a persuadé les autorités qu'il existait un comité directeur, et on n'a cessé de s'efforcer d'en découvrir les menibres. Cepen* dant, quoique connaissant |)arfaitenient les différentes personnes qui lui sont ouvertement hostiles, et qui certainement possèdent une grande influence, le gouvernement n'a pas réussi justju'à présent, je crois, à trouver les membres d'une société régulière-
ment organisée, et je ne pense pas qu'il en existe de semblable, au moins pas autant que les autorités l'imaginent.
Il y a quelques jours, des troubles ont eu lieu à Trévise, troubles dans lesquels je crois savoir que des militaires ont été les agresseurs. Des enquêtes sévères ont été faites par les autorités militaires qui ne sauraient être trop rigoureuses pour le maintien de la discipline, depuis ce qui s'est passé à Milan. A Padoue aussi, des troubles qui ont commencé parmi les étudiants, ont eu lieu. Quelques-uns de ceux-ci ont par suite été enlevés pour servir dans les régiments de Tintérieur, auxquels on m'a dit qu'ils appartenaient nominalement par la conscription, quoiqu'on ne les eut jamais fait rejoindre, s'ils avaient continué tranquillement leurs études.
J'ai, etc.
Clinton G. Dawkins.
Utns l«s États absolut, et même daas les Ktats despotiques, e*est le Muverwu qui fait la loi leloo loa bon plaisir ; maii une fois que la loi est faite, elle est respectée par tout le monde, y compris le souverain. Quand la loi est violée par le souveraio, ce u*eit plus une monarchie absolue ni despotique, c'est uue tyrannie. ( SUffiji, sur le téqufstre autrichien^ 1853«)
Il y a cela de partieulier dans les maui de l'Italie qu*on ne doit pas les attribuer i la perver* site des hommeK. mais à la force invincible deh situations. L'Autriche, le pape et le roi de Naples sont dans Pimpossibilite de bien gnuvemer quand même ils le voudraient, ce qui, du reste, n'est pas la cas. (Marin, Lettre à un journaliste^ i8M.)