‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 20 sur 144 · TRIBUNAL CRIMINEL L R · texte numérisé non relu

TRIBUNAL CRIMINEL L R

INTBftftOGATOIRB DES TÉMOINS.

Procès-verbal du li février 1848.

Sont présents : le conseiller ZBi<mABi, etc. :

Detnandej etc.

Bépame .-.« Je suis et m'appelle Jacques Castelli, âgé de 57 ans, aTocat, né à Vérone, etc.

Demande : « Que savez-TOus. relativement à rafiaire Daniel Hanin ?

Réponse : « Comme, par système, je vis excessivement retiré, entièrement concentré dans mes affaires, que de plus j'étais menacé au mois de décembre dernier d'un grand malheur qui m'a effectivement frappé le 3 janvier, et après lequel j'ai quitté la ville pour n'y rentrer que le 13 du même mois ; par suite de toutes ces circonstances, je ne sais rien relativement à TafliBiire de Manin, si ce n'est ce quïl m*en a dit lui-même dans une visite d affectueuse condoléance qu'il me fit, et jiendant laquelle il pleura avec moi avec une effusion de cœur qu'il est bien rare de rencontrer, etc. *.

Demande : « Quelles étaient, d'après votre jugement, les opinions de Manin , ses sentiments et ses tendances par rapport au gouvernement et à son système politique?

Réponse : « Pendant les nombreuses relations d'affaires que j'ai eues avec lui, et lors même que nous nous combattions comme d'ardents adversaires, j'ai toujours trouvé en lui, non-seulement les dons les plus rares et les plus distingués de l'intelligence, mais encore un fonds de probité, de loyauté, de droiiure, de désintéressement qui, dans mon opinion, exclut l'accès dans son âme de tout sentiment pervers.

t CaslelU Tenait de perdre une flile.

« Je n'ai jamais eu d'intimité a\ec lui, parce que mes habitudes domestiques, et plus encore l'obligation d^un travail sans relàcbe, ne me laissent ni le temps ni l'occasion des intimités et des conversations ; mais, toutes les fois que, dans Texercice de ma profession, je me trouvais à côté de lui, et de même lorsque j'étais son adversaire, je puis dire que j'ai toujours eu lieu d'admirer son intelligence et la loyauté de ses intentions.

c( 11 y a eu entre nous, une lutte excessivement grave; on aurait dû croire qu'il nous en serait resté de l'inimitié l'un vis-à-vis de l'autre ; tout au contraire, à la première occasion, nous fûmes heureux. Tun et l'autre, d'oublier un dissentiment dont l'aigreur n'avait altéré en rien notre mutuelle estime, etc., etc. ^. »

Relu le protocole, trouvé conforme et signé.

J. CaSTELLI, (avocat.) ZennaRI, conseiller.

Sandri, greffier.

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