AVANT-PROPOS. IX
les discours, etc., qui avaient eu lieu pendant la semaine, ainsi que les lettres, ri^cits, poésies, discussions, réclamations de tout genre que les citoyens voulaient y faire insérer. Il serait inutile d'insister sur la valeur historique d'une chronique écrite au fur et à mesure des événements. M. Flagg, ancien consul américain à Venise (aujourd'hui sous-secrétaire d'État à Washington), auteur d'une excellente histoire des événements auxquels il avait assisté, déplore la destruction de ce précieux recueil dans les termes d'une vive indignation : « Le gouvernement autrichien doit avoir eu des motifs bien particuliers, bien puisvsants, dit-il, pour se décider à un acte de.vandalisme digne seulement de ceux qui brûlèrent la bibliothèque d'Alexandrie. » 11 espère qu'un exemplaire au moins aura pu échapper aux recherches des Autrichiens, « celui de Martin oxilé, gagnant à la sueur de son front la vie de ses enfants, >» et qu ainsi la vengeance providentielle aura son cours. Son espérance était fondée.
Nous avons pensé pouvoir reproduire sans indiscrétion quelques-unes des nombreuses lettres privées adressées au président Manin par ses concitoyens; elles donneront ridée la plus vraie des relations qui existaient à Venise entre les citoyens et le (îouvernement. Quelques lettres écrites par un correspondant allemand à la Gazette dAugsbourg compléteront ce tableau.
C'est la vérité, toute la vérité que nous voulions faire connaître; pour les Vénitiens d'ailleurs, rien ne saurait être plus glorieux que le témoignage de leurs adversaires.