‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 49 sur 144 · MANIN A DEGLI ANTONI · texte numérisé non relu

MANIN A DEGLI ANTONI

De la maison, 2S man 184S.

Cher ami,

Je suis fâché que tu aies dit au club que je demande qu*ils aient confiance en moi. La confiance ne se demande pas, elle ^obtient en agissant de manière à la mériter.

En proclamant le gouvernement populaire, j'en ai accepté franchement toutes les conséquences. Non-seulement, je supporte, mais, je désire que l'opinion publique se manifeste avec la plus complète liberté. Parmi les divers moyens de la manifester. Je préfère celui de la presse.

Quant à mon inaccessibilité, je te prie d'observer et de faire observer que le gouvernement est surchargé de travaux très-ur* gents, très-importants, très-nombreux, que chaque heure, ou plutôt chaque minute a une importance capitale; que je travaille nuit et jour, qu'on ne me laisse libre ni la demi-heure destinée au repas, ni les quelques heures destinées au sommeil, que si par

conséquent il me fallait encore perdre une partie de mon temps à écouter les discours et les avis du nombre infini de gens qui yeulent me raconter ce que je sais déjà, me proposer de faire ce que j*ai déjà fait, rediscuter avec moi . ce que je viens de discuter avec mes collègues, les vingt-quatre heures du jour ne suffiraient pas à cette seule besogne, et il ne me resterait pas une minute pour m'occuper de la chose publique.

Voilà ce que je te prie de communiquer et de faire comprendre au club, en ajoutant que je me sens véritablement à bout de forces, et que si Ton ne veut pas m'accorder un seul instant de repos je n^y pourrai pas résister.

Je reconnais qu'il y a une chose très-urgente ; c'est une feuille ministérielle qui explique les idées du gouvernement, et qui discute celles de l'opposition. J'en ai parlé plusieurs fois à mes collègues, et j'espère pouvoir obtenir sous peu que cela soit lait. Je te prie de dire aussi à tes amis du club, en les assurant de ma loyauté habituelle qui t'est bien connue, que, s'ils croient que le poste qui m'a été confié par l'opinion publique est au-dessus de mes aptitudes, ils tâchent de pourvoir au choix de quel* que autre personne, et me laissent retourner à la tranquillité de ma vie privée.

Ton ami afiectueux,

Manik

166 DEUXIËME ÉPOQUE.

LETTRE DE NOTIFICATION

DU GOUVERlIElIfiNT PROTISOIRB DE YBNISB A PIB IX.

VirnsB, 38 mart 1848.

A qui le gouyernement de la République yenète adresserait-il ses premières paroles, si ce n*est à cette Rome d'où sont parties tant d'espérances pour l'Italie, tant de consolations pour les cœurs opprimés et croyants !

Nous nous adressons au pape libérateur comme feraient des fils confiants ; car nous a?ons conscience que nos nouyelles institutions procèdent du même esprit qui dicta ses actes : esprit de progrès rationnel et ordonné, non de violente destruction. Le nom de République, que nous préférâmes, est conforme à nos traditions, source de devoirs aussi bien que de droits ; choisir tout autre nom eût été renier Tbistoire et l'héritage de nos pères ; mais la nouvelle République, reposant sur des bases plus lai^, ne sortira jamais de ses limites de manière à troubler Tordre des états circonvoisins, ni à faire naître la discorde là où plus que jamais l'union nous est nécessaire.

Le gouvernement provisoire pourvoira avec le temps à créer entre les deux peuples (qui ne sont qu'une même nation] les relations de commerce et de civilisation requises par les besoins et la dignité mutuelles. Dès à présent, il déclare adhérer à la ligue douanière, à des conditions spéciales, faciles à préciser ultérieurement.

11 demande pour Venise la bénédiction de Pie IX ; certain de l'obtenir, il s'incline avec vénération et gratitude.

Le Présidait Manin.

TOMIUSEO.

LETTRE DE NOTIFICATION

DC GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE AUX iTATS DE LA SARDAIGNE, DE NAPLES, DE LA TOSCANE , ETC.

Vekisb, 28 mars 1848.

La nouvelle République de Venise proclame clairement sa raison d'être et ses intentions par le drapeau qu*elle élève, où Tantiquelion se trouve entouré, comme d'un arc-en-ciel de paix, des couleurs italiennes ^ et par les hommes qui composent son gouvernement et qui sont connus par la modération de leurs actes et de leurs sentiments. Cet éloge, ils peuvent, ils doivent même hardiment le reTcndiquer pour eux-mêmes. Leurs actes à venir ne démentiront pas ces principes; car le plus ardent désir du nouvel Etat, est au contraire, de prouver que la fermeté de la foi politiquepeuts'allier à des sentiments de bienveillance et de loyauté. Non-seulement la nouvelle République veut rester en paix avec tous les autres gouvernements, en respectant les droits de tous, mais encore elle désire former avec eux une alliance fraternelle, dont l'union douanière ne sera qu'un symptôme et une conséquence. La position et les souvenirs de Venise et de l'Etat ^enète doivent nécessairement donner à ce pays de l'importance ; mais ce ne sera pas pour nous un sujet d'orgueil, car nous sommes prêts à sacrifier au bien commun une partie des avantages qui nous sont propres; nous prions tous de croire que nous sentons ainsi, et que notre pensée sera toujours telle.

Signé : Le président^ Manin.

TOMMASBO.

I Décret du 36 nutrs. « Le drapeau de la République Ténltlenne se eompose de troto coulean, yert, blanc et rouge : le vert à la bampe, le blanc au milieu» le ronge en dehors, et au-dessous, en champ d'argent, entouré d'une bande des trois cooleurs, le Hon d'or. Les trois couleurs, communes aujourd'hui à toutes les bamif res de Tltalie, slgnlflent la communion de la patrie Italienne enUère ; le lioti est le signe dlsUnctif d'une des familles italiennes. »

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