‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 51 sur 144 · N. TOMMASEO A M. DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

N. TOMMASEO A M. DE LAMARTINE

Venise, 30 man 1848.

CrroYBN,

Je m'adresse à un homme qui aime Tltiilie comme elle le mérite ; qui appela Venise : le Roman du moyen âge ; qui ne peut pas ne pas sentir son cœur inondé de joie à la résurrection de ce peuple, et comme poète aux sentiments généreux, et comme citoyen-né de toute cité illustre.

Nous avons besoin d'armes, sur-le-champ. Pendant long-

i La minute de la lettre de Manin, écrite en italien, se trouve Intenrompoe en cet endroit (probablement par Vincident tumultueux rapporté plus loin). La dépêche fut expédiée dans la journée, mais ne reçut pas de réponse, pas plus que la lettre de notification, et douze où quinze dépêches du consul de France, M. Umpeiani. Le motif secret de ce silence sera expliqué par M. de Lamartine lui-même.

GOUVERiNEMENT RÉPUBLICAIN. 175

temps l'Italie a yainement attendu, espérant recevoir de Louis- Philippe les armes nécessaires; mais alors du moins pouvait-on attendre ; Venise ne le peut 1 Alphonse de Lamartine ne lui répondra certes pas : « Nous en manquons, d Ainsi que le frère trouve toujours un morceau de pain à partager avec un frère affamé, ainsi la grande et puissante République française trouvera quelques fusils, un bâtiment de guerre à cédera une République italienne désarmée et non par sa faute.

Nous n'ajouterons ni prière ni remerctments ; nous les gardons renfermés dans des cœurs pleins d'affection.

TomiASEO.

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